1er hebdomadaire du net indépendant
L'équation gouvernementale
Il fallait trouver d'autres équations...
Si un gouvernement est capable depuis le 6 mai 2007 d'utiliser ce calcul:
un fait divers choquant = une loi sur le champs
Alors il est certain que cette algèbre gouvernementale cache d'autres mystères.
Vous vous souvenez certainement de cette famille dont l'enfant avait été victime d'un pédophile et dont le père avait été reçu à l'Élysée.
Suivait quelques jours plus tard un projet de loi pour condamner la récidive des délits sexuels.
Pourquoi s'empêcher d'appliquer les mêmes méthodes pour les bandes violentes?
Fait divers choquant = loi sur le champs qui condamne les bandes à 3 ans de prison (alors qu'il existait déjà une loi pour association de malfaiteurs qui condamnait les auteurs d'actes violents à 5 ans de prison) et impose la création d'un fichier réservé uniquement aux bandes violentes.
Mais, ce n'est pas tout !
En effet une autre équation existe :
Election = Loi anti-immigration
Et oui avec du recul, je remarque que l'immigration est un problème français considérable seulement en période d'élection. C'est mathématique! Aborder l'immigration en France est un moyen de monter dans les sondages.
D'abord, lors de l'élection présidentielle de 2007. La baisse dans les sondages de Sarkozy et la hausse concomitante de Ségolène Royal eurent sur Sarkozy l'effet d'un puissant stimulant. Selon l'institut C.S.A, Sarkozy chutait de 33 à 26% d'intentions de vote entre le 15 février et le 7 mars. C'est à ce moment là qu'il a proposé la création d'un ministère de l'immigration et de l'identité nationale, alors que toutes les enquêtes d'opinion montraient que, depuis de longues années, l'immigration n'était plus aux yeux des français qu'un problème secondaire, loin derrière les difficultés économiques. Le 22 mars, d'après un sondage CSA, Nicolas avait rattrapé Ségolène, ils étaient alors à égalité. Le thème identitaire montait en puissance. La gauche incapable de lutter sur ce terrain là se sentit obligée de proposer des solutions telle que le drapeau ou la Marseillaise remis en avant , pour répondre à la dérive de la droite.
Plus tard entre les législatives et les municipales, la droite recommence, et propose une nouvelle mesure. Celle-ci visait à contraindre les migrants à effectuer un test ADN pour attester de leur filiation biologique avec leurs enfants dans le cadre du regroupement familial.
Cette loi vide de sens, ne concerne qu'une minorité, mais fit polémique et confirma le clivage bien français entre ceux qui ont les moyens d'y voir une violation des libertés fondamentales, une violation des droits sur la bioéthique,et une incitation à soupçonner tout étranger; et les autres qui demandent seulement à avoir un emploi , de l'argent et qui ne voient ni l'absurdité ni l'inutilité de cette loi.
Alors, en scientifique appliqué et consciencieux je poursuis mon raisonnement et constate qu'une élection européenne approche à grand pas .
Sans attendre, le petit Besson, en bon élève qu'il est, applique cette petite loi mathématique et décide d'utiliser des méthodes qui se sont hélas déjà montrées efficaces: La délation des passeurs, en échange d'une carte de séjour.
Et là mon travail terminé, je n'ai plus qu'à attendre les élections régionales pour recenser une nouvelle loi contre l'immigration.
Le thème de l'identité nationale n'intéresse pas les français, les sondages le confirment et la France historiquement n'est pas celle que le F.N voudrait tant. Le problème est que les politiques arrivent à le faire croire et ainsi à masquer l'absence de propositions économiques.
Le plus grave n'est pas de tirer une campagne vers l'anti-immigration, mais de le faire quand ce n'est pas la préoccupation majeure des français, car le gouvernement peut tout se permettre quand le désintérêt entraîne une absence d'opposition citoyenne.
Comment trouver admissible que des enfants soient arrêtés par la police en classe de maternelle, qu'un enfant de 3 semaines soit enfermé dans un centre de rétention avec ses parents, et que l'on envoie des policiers traquer les immigrés jusque dans les camps Emmaüs ou dans les restos du coeur. Mais, je sais bien que lorsque cela concerne les immigrés, beaucoup de gens ne s'offusquent pas car ils ne s'identifient pas. Et, que dire de l'affaire de cette française mise sur écoute et contrainte de faire 10h de garde à vue pour avoir chargé des portables d'immigrés , ou de celle de cette bénévole qui après avoir accompagné 2 immigrés à l'hôpital, s'est retrouvée 3 heures en garde à vue ?
Pourquoi l'émotion fonctionne-t-elle dans un sens (celui du gouvernement) et pas dans l'autre?
Le film "Welcome"de Lioret suscite une polémique mais qui, hélas, va vite se substituer à l'éternel: laissons faire....
D.Perrotin
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...
Quand la frayeur se fait interprète
Une vidéo montrant une altercation entre « des jeunes » et « un autre jeune » dans un bus en décembre 2008 a fait polémique. Pourquoi?
D'abord parce que c'est la première fois qu'une vidéo du système de vidéosurveillance de la RATP se retrouve sur internet.
Ensuite, parce que c'est un policier qui l'a fait circuler sur facebook, avec à la clef, un commentaire très judicieux: " Chaque matin, je la regarde plusieurs fois et je sais pourquoi je suis devenu policier "
Enfin parce que la vidéo a été reprise avec fierté par des sites d'extrême droite, qui dénoncent la violence de jeunes noirs et arabes contre un « blanc ».
Outre le fait que cela démontre que la présence de caméras n'influe pas forcément sur la délinquance, cette vidéo a donné des arguments à beaucoup de monde.
Vidéo donc, utile à tous.
À ceux convaincus qu'il y a un racisme ambiant en France et qu'il provient des jeunes issus de l'immigration (Les Français pas très français) envers les français, (bien français).
Et les autres qui pensent que cette vidéo du jeune tabassé, n'est que la traduction d'une politique d'intégration qui a échoué, et du malaise social persistant en banlieue.
Ce qui est frappant, c'est de déduire de cette vidéo tant de conclusions hâtives.
Tous les jours, il y a des agressions dans des transports en communs, aux abords d'écoles ou encore devant des boîtes de nuit lorsque l'alcool remplace le contrôle de soi.
Mais non, cette vidéo, on veut le penser, révèle le choc éternel entre les noirs et arabes de banlieue et les « bobos » blancs de Paris.
Pourtant, ce que je constate, c'est un groupe déviant, qui vole le portefeuille d'un jeune dans un bus. Celui-ci voulant le récupérer se fait tabasser. Bien-sûr, que voir cette vidéo, laisse le spectateur submergé par l'émotion, la peur et le désir de vengeance. Mais ce ne sont pas ces sentiments qui doivent laisser dire n'importe quoi, ni émettre telle ou telle interprétation reposant sur la frayeur.
La même situation mais avec seulement des « jeunes issus des banlieues » ou uniquement des « français de quartiers plus aisés » seraient tout aussi condamnable, mais serait-elle aussi violente pour le téléspectateur?
Non je ne crois pas. À force de vouloir trouver des boucs émissaires, des responsables, les gens ont intériorisé l'idée de la victime parfaite et surtout des méchants parfaits.
Il est beaucoup plus facile de légitimer les politiques des banlieues inexistantes, les politiques d'immigration de plus en plus répressives en voyant des images comme celles-là.
Dans un autre contexte, on parlerait d'un vol à la tir qui a mal tourné, mais là, non, ce sont les jeunes issus de l'immigration que l'on condamne.
Pourquoi ne pas voir la réalité des choses?
Ce n'est pas leur origine qui fait défaut, mais leur situation. Le seul facteur commun qui conduit des gens à ne pas être intégré ou à être violent, c'est d'abord la pauvreté et l'exclusion. Bien sûr rien n'excuse leur comportement, mais leur couleur de peau, leur pays d'origine ne doit surtout pas aggraver leur cas ou intervenir pour généraliser leurs actes.
Enfin, ce genre de violence n'arrivant pas tous les jours, je me garderais bien de parler de racisme ou d'impossibilité d'intégration pour ces jeunes.
Encore une fois, l'émotion à fait son travail.
Les gens après avoir vu cette vidéo, ont peur, et préfèrent étendre un comportement violent de quatre individus à tous les jeunes issus de la « mauvaise immigration », celle qui vient du sud.
Cela est plus simple que de reconnaître qu'on laisse croupir des gens aux abords des grandes villes et que cela convient à tous tant que la violence reste invisible.
Mais la découvrir à Paris, cela terrifie!
D. Perrotin
Où est l'opposition ?
Le 22 novembre 2008, un nouveau leader au PS était élu. Martine Aubry prenait en effet ses fonctions de Première Secrétaire. Beaucoup de promesses ont été faites pour relancer le Parti Socialiste. Nous avons maintes fois entendu des termes tels que « rénovation » « retour aux sources »... Mais qu'en est-il aujourd'hui, quatre mois après l'élection interne ?
« Déception ». Voilà le mot que l'on entend depuis pour définir le PS. Les premières semaines après l'élection de la chef de file de la motion D ont été secouées par de vives altercations entre ses lieutenants et ceux de Mme Royal, première signataire de la motion E. Puis le Bureau National du PS fut désigné, aucun représentant de Royal n'est donc dans la direction du parti. Aujourd'hui, la réconciliation entre les deux camps semble s'opérer. C'est en tout cas l'image que semblent vouloir donner leurs dirigeants.
On a pu croire à un moment que le parti principal de l'opposition revenait sincèrement auprès des français. Un plan de relance sérieux a été présenté, les socialistes étaient par ailleurs en nombre dans les cortèges du 29 janvier. Depuis, plus rien. On entend ici et là quelques voix s'élever contre telle ou telle réforme. Le PS semble depuis 1 mois se recroqueviller sur lui-même à propos des stratégies à adopter pour les élections européennes des 6 et 7 juin 2009.
Est-ce cela que les français attendent de lui ? Peu probable. Le PS semble être coincé dans sa recherche d'identité. Lui qui moquait Royal de son Zénith va en tenir un aussi le 22 mars; c'est « Le Printemps des Libertés ». Où est la cohérence ? Il y a pourtant tellement de choses à dire sur l'actualité. Qui s'est levé contre les propos du Pape Benoît XVI ? Qui essaie de s'investir pour proposer des choses intéressantes pour l'événement majeur de cette année 2009, le G20 du 2 avril ? La réflexion sur le capitalisme semble peu intéresser les socialistes... Ils l'ont pourtant combattu ces derniers mois; n'y a-t-il rien à proposer après les critiques ?
Quelqu'un s'est-il levé contre les propos du Pape Benoît XVI ? Quelqu'un essaye-t-il de s'investir dans l'événement majeur de cette année 2009, le G20 du 2 avril afin de proposer une alternative au capitalisme ? Non, personne. Le PS est totalement décrédibilisé et à juste titre. Le premier parti de France en terme d'élus ne semble pas capable de s'interroger sur le monde actuel et de se définir une propre politique économique... Le PS perd de plus en plus sa soif de progrès et de réforme. Incapables d'être justes et de reconnaître un semblant de progrès (même s'il reste tout à faire) dans la loi de la secrétaire d'Etat chargée à la famille Nadine Morano, qui reconnaît (bien que tacitement) les couples homoparentaux, les socialistes restent muets.
Leur faut-il un échec patent aux élections européennes pour qu'ils se remettent quelque peu en question et reviennent enfin auprès des français en leur proposant une vraie alternative (car il y en a) à la politique actuelle ? Cela ne leur ferait pas de mal. Dans le sondage Ipsos du 16 mars paru dans Le Point, le PS est crédité de 24% d'intentions de vote derrière la liste commune UMP-NC (27%). Ils devancent le MoDem qui est à 10% des intentions de vote, puis le NPA et Europe-Ecologie, tous deux à 9%. Il serait bon pour le Parti Socialiste de comprendre que rien n'est acquis, que tout est constamment à refaire et que leur place n'est pas à Solférino mais sur le terrain ou dans leurs circonscriptions.
Ils devraient réfléchir à des solutions sur la crise, à une vraie politique économique, se réimprégner des valeurs de gauche et sortir de cette politique politicienne qui commence à exaspérer les français et les adhérents.
C.Merlaud
Bienvenue dans cet empire!
D'abord, une réforme sur l'audiovisuel, et le tour est joué, petit Sarkozy, les patrons tu choisis!
Beaucoup pensent que cela n'est pas très important, que cela mettrait même fin à une hypocrisie, qui était celle du C.S.A (Conseil Supérieur de l’Audiovisuel), puisque c'est eux qui choisissaient le patron de France télévision, alors même que le directeur du C.S.A était nommé par le gouvernement.
Moi, je me pose beaucoup de questions, et n'arrive toujours pas à y répondre.
Est-ce parce que le président avait un pouvoir de contrôle du Service Public habilement masqué, qu'il faut aujourd'hui qu'il soit illimité?
Est-ce normal qu'il y ait une régression de la démocratie et une explosion des pouvoirs du président?
Ô sacrilège, j'ai osé dire que la démocratie régressait.
Eh bien oui, si l'on se réfère à la définition même de ce mot, c'est le pouvoir du peuple par le peuple et pour le peuple.
Et lorsque je constate qu'une loi favorise la télévision privée que le gouvernement a déjà sous contrôle, que par la réforme elle met sous tutelle économique le service public et qu'en plus j'entends chaque jour des personnes du pouvoir se prononcer sur des programmes (comme l'émission de Julien Courbet), non je n'ai pas confiance, et je crains pour la démocratie.
Pire encore, lorsque c'est un conseiller personnel du président qui prend le contrôle, avec la volonté de « Sa Majesté », de la deuxième banque de France !
Je suis frappé par ces pouvoirs qu'il s'octroie avec autant de facilité. Et je répondrai à ceux qui réfutent en disant: "oui, mais sous Mitterrand ou Giscard, ces choses là étaient monnaie courante".
Je le concède, cela était fréquent, mais est-ce une raison de justifier ce type d'agissements.
Si l'on excuse cela, peut-on alors tout excuser?
Dirons-nous la même chose, quand il y aura une nouvelle affaire du Rainbowarrier ou les mille et une histoires qui ont assombri la Ve république?
Encore une fois je pense que se référer au passé signifie très clairement que l'on revient à une façon de gouverner moins démocratique.
Ce n'est pas à Sarkozy de tout décider.
Quand je l’entends dire qu'il faudrait se satisfaire de cette décision parce qu'il y a la crise, et qu'il faut choisir le meilleur des meilleurs, je me demande pourquoi je ferais confiance à un seul homme, pourquoi lui ne pourrait-il pas se servir de la crise pour faire croire à l'importance d'un contrôle élyséen sur La Banque Populaire - Caisse d'épargne.
Et que cela signifie-t-il de ne pas avoir consulté la commission de déontologie? Avait-il peur qu’on lui refuse son préféré à ce poste?
Il y aurait tant d'exemples, comme la fois où Monsieur le Président a relevé de ses fonctions un préfet, et prétend que c'est parce qu'il n'avait pas su empêcher les policiers de matraquer la foule.
Je veux bien croire que cet homme est si bon, que tous ses actes servent uniquement les Français, mais comme Montesquieu a dit:
"C'est une expérience éternelle que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser. Il va jusqu'à ce qu'il trouve des limites. Qui le dirait? La vertu même a besoin de limites."
Je vous laisse avec une nouvelle interrogation du président sur son manque de pouvoir: Par qui remplacer le P.D.G de Radio France, si la télévision ne lui suffit plus ?
D.Perrotin
http://www.mediapart.fr/journal/france/190309/affaire-perol-l-edito-video-de-mediapart
Les dessous de la loi sur la Scientologie
Où est passé le rédacteur de l'article 124 ?
Le 12 mai dernier, les députés ont voté en faveur d'une loi « de simplification et de clarification du droit » comme ils en ont l'habitude 2 fois par an après les propositions de la commission des lois de l'Assemblée Nationale dans le but de rendre le droit plus cohérent et d'aider les magistrats à mener au mieux leur tâche.
Quatre mois après le vote de cette loi, une polémique éclate
En effet, l'article 124 de cette loi supprime la disposition numéro 1 de l'article 131-39.
Il devient dès lors impossible de dissoudre une personne morale condamnée pour escroquerie. Ce qui fait polémique est que personne n'a relevé les conséquences qu'une telle disposition pouvait engendrer.
En effet, une quinzaine de jours après le vote, un procès contre la Scientologie s'ouvrait et menaçait sérieusement l'Eglise de disparaître en France. Mais « grâce » à cette loi de simplification et de clarification du droit, l'Eglise de Scientologie n'a rien à craindre.
La loi a pourtant été relue par le ministère de la Justice qui a même envoyé des propositions de modification le 1er octobre 2008 au président de la commission des lois de l'Assemblée Nationale Jean-Luc Warsmann (UMP) mais sur d'autres articles que celui-ci. L'article 124 de la loi du 12 mai n'a donc jamais dérangé personne auparavant.
Un nouveau problème se pose
Personne n'est capable de dire qui a écrit cet article 124. Ni les députés, ni les magistrats ne savent qui a magnifiquement bien réussi à sauver l'Eglise de Scientologie de l'expulsion du territoire français.
Cela pose la question du manque de sérieux de certains députés qui aujourd'hui se disent choqués par cet article alors qu'ils ont voté la loi sans jamais broncher puisque rappelons-le, de nombreux articles de la loi ont été modifiés mais jamais celui-ci, il n'a tout simplement jamais été abordé pour un éventuel amendement.
Cela met par ailleurs la lumière sur l'absence d'anticipation des conséquences que peuvent engendrer tout texte présenté au vote. On peut donc hélas dire que l'Eglise de Scientologie a été sauvée par le manque d'inattention des députés envers un texte.
Enfin, une dernière question légitime peut se poser :
Y-a-t-il une connivence entre l'Eglise de Scientologie et le pouvoir en place ? Rappelons-nous que peu après son élection à la présidence de la République, Nicolas Sarkozy s'était entretenu longuement en privé avec Tom Cruise, l'un des plus célèbres « porte-paroles » de l'Eglise de Scientologie.
De plus, nous savons que plusieurs membres du gouvernement tel que Xavier Bertrand appartiennent à d'autres Eglises comme celle du Grand-Orient chez les Franc-maçons pour ce dernier.
Il ne serait donc pas vraiment étonnant que des personnes du gouvernement ou du pouvoir en général puissent appartenir de près ou de loin à celle de la Scientologie.
S'il y en a, il serait alors d'autant moins surprenant qu'elles aient demandé à un ami député de modifier la loi pour protéger leur Eglise.
C.Merlaud
Huit ans... Et après?
11/09/09
... En plein anniversaire du 11 septembre des questions se posent. Avons-nous eu raison, sous couvert d'une progression de la démocratie, de partir en guerre contre l'Irak et l'Afghanistan? Quand l'on admet que l'Irak est un échec cuisant, doit-t-on s'obstiner à croire que l'Afghanisatan peut être un succès?
Il y a huit ans jour pour jour le monde basculait dans une nouvelle ère géopolitique.
Souvenons-nous, le 11 septembre 2001, quatre avions furent détournés dans l'espace aérien américain pour s'écraser sur le pentagone et le World Trade Center bien que le Vol 93 n'atteignit pas sa cible.
Depuis cette date, sous l'émotion de ces attentats et dans un esprit de vengeance, les Etats-Unis, avec l'aide de leurs alliés occidentaux se sont engagés dans une guerre contre le terrorisme. En partant d'abord à la recherche d'Ousama Ben Laden dans les montagnes afghanes, les forces armées occidentales s'enlisent aujourd'hui dans leur échec militaire patent.
L'on assiste hélas au creusement d'un fossé de plus en plus profond entre les mondes arabe et occidental.
Les tensions entre ces deux communautés dues aux incompréhensions mutuelles ne semblent pas sur le point de s'apaiser. Et il est même devenu très difficile aujourd'hui de soutenir l'intervention en Afghanistan pour trois raisons principales.
D'abord, parce que la sécurité n'est tout simplement pas rétablie en Occident; les attentats de Londres et Madrid en témoignent.
Ensuite, car aucune politique d'aide au développement en Afghanistan n'est menée.
Pour combattre le terrorisme, il semblerait en effet logique d'aider ces pays dits « instables » à se développer en instruisant les enfants, en y implantant des entreprises pour créer de l'emploi, en modernisant les villes et les infrastructures... Pourtant, rien de tout cela n'est fait.
Si l'Occident est présent sur ce territoire, ce n'est qu'avec les armes, les soldats et la force.
En soit, il n'y a rien de mieux que cela pour cultiver la haine occidentale, ni rien de mieux pour encourager les personnes qui ne croient plus en l'avenir à s'engager dans des organisations terroristes pour se défendre de l'invasion américaine et européenne.
Enfin, une autre raison rendant le soutien à l'intervention difficile est que les américains se sont servis de leur quête en Afghanistan pour expliquer en partie leur intervention en Irak, qui est également un échec total et qui attise d'autant plus l'incompréhension légitime du monde arabe envers les occidentaux.
L'administration Obama a quand même promis de retirer progressivement ses troupes américaines d'Irak pour la quitter définitivement fin 2011.
Pour autant, leur stratégie d'occupation militaire en Afghanistan n'est pas du tout sur le point de se terminer puisque le président américain a annoncé l'envoi de nouvelles troupes; de même que la France a confirmé son envie d'y rester.
La présence au Moyen-Orient des armées occidentales pouvait certes au début se comprendre quand le seul but était de rechercher le leader d'Al-Qaïda. Mais huit ans après le début de l'intervention, le bilan est pour le moins déplorable et le monde ne s'est pas apaisé, bien au contraire ( le cas de l'Iran confirme la montée de la haine occidentale).
Quand est-ce-que l'Homme comprendra-t-il que ce n'est pas en soumettant les autres par la force qu'il parviendra à ses fins ?
Quand est ce que le monde Occidental (Etats-Unis, Union Européenne, Israël) comprendra-t-il que ce n'est pas en utilisant la force qu'il pourra oeuvrer pour la paix ?
L'urgence géopolitique actuelle devrait pousser les différents gouvernements à revoir leurs stratégies néocolonialistes biaisées. Et à réfléchir à de vraies politiques structurelles d'aide au développement. Ce n'est qu'à partir de là que nous vivrons dans un monde apaisé.
C.Merlaud
Joyeux Anniversaire!
Deux ans ! Le temps de faire un petit bilan.
L'an dernier: Le président avait l'excuse que trop peu de temps s'était écoulé. Mais maintenant ?
Le bilan de ces deux années est à la fois mince et considérable.
On retiendra surtout pour la minceur de sa politique, une destruction des services publics, un retranchement de toutes les oppositions quelles qu'elles soient et une diminution des libertés.
Côté avancées : On peut retenir une concentration beaucoup plus importante des pouvoirs de l'exécutif, un virement sécuritaire non négligeable et une séparation des pouvoirs toujours plus illusoire.
Alors pour l'aspect positif, que j'aurai du mal à développer, il y a évidemment les résolutions des crises internationales et... Et c'est tout. Quelques discours symboliques, quelques promesses, mais rien qui puisse véritablement retenir l'attention, et faire l'unanimité sur une éventuelle amélioration de la situation des Français.
Recenser l'action du gouvernement est à la fois logique et laborieux.
Logique parce que la politique n'est pas incohérente, elle reste sur le cap libéral, répressif et inégalitaire que l'homme de campagne avait promis d'appliquer. Laborieux, parce que faire le bilan d'un hyperactif, c'est prendre le risque de confondre réforme, loi et communication. Mélanger le verbe et l'action, le paraître et le réel.
D'abord, sur l'aspect libéral, on retiendra l'allongement de la durée du travail, l'alignement des régimes spéciaux sur les régimes normaux et la destruction des 35h.
Certains diront que la défiscalisation des heures supplémentaires est un progrès. Certes, progrès tout à fait relatif en tant de crise, et lorsque tous les économistes sont d'accords pour dire que « travailler plus pour gagner plus » n'a plus aucun sens.
Pourtant, le président s'était porté en principal chevalier blanc, déterminé à refonder le capitalisme.
Mais pour le moment, 2 ans après, on ne peut rien juger. Si ce n'est qu'il n'est toujours pas refondé sinon moralisé dans son propre pays.
La preuve en est lorsque l'on attribue un paquet fiscal aux plus riches alors que dans le même temps on ne cesse de diminuer le plan banlieues, qui, à mesure que le temps passe, ne cesse d'être un espoir vain.
Sur la destruction des services publics le bilan en est, pour le moins, conséquent.
En effet, la réforme Pecresse vise à autonomiser les universités en les assimilant à de véritables entreprises. Cette logique managériale, nous la retrouvons également dans les hôpitaux avec la loi « hôpital patient santé territoire » qui veut que le directeur d'établissement soit le seul à décider du projet médical et du budget. Association qui remplace, de toute évidence, besoin par rentabilité.
Mais cette destruction ne pouvait être renforcée sans la suppression de milliers de postes dans le secteur public et de la gratuité jusqu'alors garantie par l'Etat.
Si tu es dans le besoin, tu payes !
Tel serait l'adage élyséen. La création des jardins d'éveil tend à faire payer les familles qui voudraient scolariser leur enfant de 2 ans. La suppression de 1500 postes des RASED vise à recourir aux instituts médico-pédagogiques privés pour les enfants en difficulté... La mise en place des franchises médicales a pour finalité de faire des économies sur le dos des plus démunis... La liste n'étant évidemment pas complète.
S'ajoute à cela une politique décomplexée concernant les valeurs "umpésiennes".
Que l'on chasse les immigrés jusqu'aux abords des écoles, que l'on prévoit une identification A.D.N pour qu'ils prouvent leur filiation, que l'on laisse croupir en prison un soi-disant terroriste sans aucune preuves matérielles comme Julien Coupat. Le gouvernement est fier de sa politique, fier de ses résultats que l'on ne voit pourtant pas.
Parallèlement, Sarkozy n'hésite pas à décider de tout. Décider de la présidence de France télévision ou de Radio France en faisant croire aux plus naïfs que les parlementaires ont leur mot à dire. Mais il créé aussi, par de petits jeu sémantiques, un juge non plus d'instruction mais de l'instruction. Ce qui permet de contrôler encore plus la justice.
Pour nuancer ce bilan désastreux, les français préfèrent se plaire à voir la France grandir sur la scène internationale.
Mr Sarkozy, dès lors qu'il s'agit de pavaner devant les grands, répond présent. Il règle la crise géorgienne, espère peser sur le conflit de Gaza, initie la conférence du G20, fait triompher l'Europe pour 6 mois...
Mais ne sommes nous pas trompé d'élection.?
Ne devrait-il pas plutôt être à la tête de cette ONU de moins en moins visible, ou de cette commission européenne de plus en plus libérale ?
Plutôt que d'être à la tête d'un pays dont il ne semble pas être capable d'assumer la présidence.
Alors, je voudrais, en ce temps de célébration, fêter également l'anniversaire de l'Union Européenne.
Et ce n'est pas contradictoire de fêter cette Europe et de blâmer la présidence de Sarkozy.
En effet, l'Europe est aussi à l'origine de beaucoup de problèmes. Que ce soit sur la libéralisation du marché, toujours plus insistante, allant des quotas de pêche, à la privatisation de la poste, en passant par la politique de la B.C.E très souvent critiquable.
Il n'en reste pas moins que cette Europe est la seule organisation dotée d'une cours de justice la plus efficace (relativement aux autres) qui fasse progresser nos droits et qui permette tout simplement d'espérer. Espérer qu'une Europe bien dirigée soit une Europe capable de protéger ses citoyens, de protéger ses acquis sociaux, mais aussi d'unifier les peuples à travers leurs différences et non pas les réunir contre les différences.
Accepter une Europe unie et diversifiée, qui ne soit pas qu'un bloc économique pour rivaliser contre les chinois, ou un bloc politique pour rivaliser contre les musulmans. Mais un simple bloc pacifiste.
C'est pourquoi, il est important de décider du sort de l'Europe que l'on veut, être acteur et peser d'un poids que l'on ne pourra plus négliger.*
D.Perrotin