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1er hebdomadaire du net indépendant 

Acturevue 6 sans fond

" La culture, c'est ce qui demeure dans l'homme, lorsqu'il a tout oublié."      

 Proverbe japonais

 " Féru d'histoire, je sais aussi la dette que la civilisation doit à l'Islam. (...) C'est de l'innovation au sein des communautés musulmanes que nous viennent l'algèbre, le compas et les outils de navigation, notre maîtrise de l'écriture et de l'imprimerie, notre compréhension des mécanismes de propagation des maladies et des moyens de les guérir. La culture islamique nous a donné la majesté des arcs et l'élan des flèches de pierre vers le ciel, l'immortalité de la poésie et l'inspiration de la musique, l'élégance de la calligraphie et la sérénité des lieux de contemplation. Et, tout au long de l'histoire, l'islam a donné la preuve, en mots et actes, des possibilités de la tolérance religieuse et de l'égalité raciale. (...)"

Obama by Steven Voss

Discours du Caire de B. Obama 

Demineurs fr

Démineurs : Une explosion d'indécence 


L’histoire… simple à résumer ! Une compagnie américaine en mission de déminage en Irak, face à diverses situations à risques.

Admettons… Mais lorsque le film est tourné de façon à poser en victime l’armée américaine face aux populations arabes, à les ériger au rang de héros lorsqu’ils parviennent à réparer les dégâts qu’ils ont eux-mêmes provoqués, on doute de l’originalité du scénario.

 

Un film  encensé par l’ensemble de la critique : « Explosif »,  « On aurait tort de faire la fine bouche (...) devant ce très bon Démineurs, qui envisage cette guerre du strict point de vue concret de trois hommes englués dans un quotidien aussi répétitif qu'extraordinaire. » Charlie Hebdo,


 « Chronique formidablement dense et détonante du quotidien d'une petite équipe de démineurs pendant la dernière guerre d'Irak. » Le monde,


 Mais qu’il y a –t-il de si fascinant ? Est-ce la morale américaine vue et revue maintes fois ? 


Une bien belle morale : les gentils américains débarquant dans les pays arabes pour les sauver de leur misère, les sauver d’eux-mêmes puisqu’ils sont tous perçus comme des ennemis, femmes, enfants… Certes ! Mais c’est une vision bien manichéenne de la situation, l’armée américaine au centre, les « gentils », face aux « méchants » civils, quels qu’ils soient, tous assimilés à des terroristes potentiels.

 

Mais que cherche le cinéma américain ?

Montrer son héroïsme ? Louable en soi, mais pas lorsque l’on connaît les motifs de cette guerres. Ou réaffirmer son  désir impérialiste ?

Pour un public peu critique, l’armée américaine, avec toute sa bravoure, tente de répandre la paix sur terre.

 

On en a assez de cette morale, simple prolongement d’une idéologie destructrice !

Staline y avait déjà pensé avec son contrôle de la culture et la production de films pour vanter les bienfaits du communisme.

On ne peut utiliser ce genre de sujet, sources de nombreuses divergences politiques au niveau international pour divertir des populations qui n’en connaissent pas la portée.

Certes, c’est un bon film d’action, de suspense, plein d’émotions mais quel est le besoin de montrer l’horreur qu’ils provoquent à travers leur héroïsme ? Même si ce qui est montré n’est qu’un euphémisme de la réalité.


Sur quoi se fonde donc la critique ? Si c’est sur la qualité de la superproduction américaine, c’est recevable, mais autant aller voir un bon film d’action surréaliste.

Il est évident que « Démineurs » ne présente pas grand intérêt. Ce qui est tout de même frappant c’est de faire un film reposant sur un sujet aussi discutable que la guerre en Irak. Et surtout d’avoir le talent qu’ont eut les réalisateurs, de nier les grandes vérités de la guerre en Irak que sont : la destruction des populations civiles, la torture de l’armée…

 

Le film aura au moins mis en lumière la volonté de mettre au grand jour cette « addiction » à la guerre de certains, avec pour introduction « la guerre est une drogue. » Oui une drogue qui fait des ravages.


 


C.Lagorce

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David Perrotin


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C.Lagorce

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A.Tarascon

...

 

 

 

 

Affiche cine du film commis d office

 

Une  profession malmenée


 

Commis d’office, petit film sans trop d’ambition, met en lumière le côté obscur de la justice française.

 

 Roshdy Zem , jeune avocat sans argent , défend les plus pauvres, les plus démunis, malgré le temps et l'effort considérable que cela suppose. Alors, par appât du gain et entraîné par un avocat réputé mais corrompu, il se lance dans une entreprise douteuse censée lui rapporter de l’argent.

 

Malgré un scénario parfois tiré par les cheveux, le spectateur se laisse entraîner dans les rouages sombres et parfois repoussants de la justice française. 

 

En effet, le film révèle le manque de moyens et la complexité de ce 3ème pouvoir. 

On y voit toute l’absurdité d’un système, qui, se voulant égalitaire, défend pourtant les plus pauvres par les plus pauvres. 

 

On ne peut qu’admirer ces avocats (et la prestation de Roshdy Zem avec) qui, pour à peine le SMIC, enchaînent les plaidoiries, explorent les dossiers et rassurent les familles. 

 

En contrepartie de presque rien, sinon de la certitude qu’ils incarnent encore les valeurs qu’on leur a apprises : celles d’une même justice pour tous. 

 

 Bien que le film mette à mal tous les idéaux d’une justice que l’on croyait vertueuse, en présentant des juges usés par leur travail et des avocats véreux capables des pires escroqueries, il n’en reste pas moins que l’on croit encore à l’idée qu’avec plus de  moyens, et une réelle prise de conscience des problèmes dans ce domaine, il ne serait pas illusoire que ce principe d’égalité triomphe.

 


D.Perrotin 

 

 

 

 

Commis d'office, réalisé par H.Cayre, BAC film production, 1h30 , sortie 6 mai 2009

 

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L'Amérique des années 30 par un enfant

 

 

 

Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur est un livre culte aux Etats-Unis, au point d'être réputé « livre le plus lu après la Bible ». Grâce à cet ouvrage, Harper Lee, son auteur, a obtenu le prix Pulitzer en 1961. 


La particularité du livre est qu'il est conté à la première personne par une très jeune fille. Son père, Atticus Finch doit défendre un noir qui risque d'être condamné à la peine de mort  pour viol sur une femme blanche. L'action prend place en Alabama des années 30. A l'instar d'une grande partie des Etats-Unis, cet Etat est touché par le racisme anti-noir et la pauvreté.


Le regard de l'enfant sur cette période de lutte contre les droits civiques mais aussi de souffrance économique et sociale est doux, tendre, voire magique. 

 

Ce livre présente certains aspects du conte, mais aussi du roman initiatique avec le passage de la jeune narratrice et de son frère du monde de l'enfance au monde de la jeunesse. Ce passage est quelque peu forcé par les faits, par la défense de cet homme noir accusé à tort par une famille de blancs.

Sous les mots de cette enfant, c'est une critique profonde du système scolaire et du système juridique de l'époque. Finalement, tout le mérite d'Harper Lee est d'offrir plusieurs degrés de lecture. Un enfant pourra lire très tôt ce livre sans qu'il apparaisse rébarbatif à ses yeux. Un adulte pourra le lire avec un intérêt certain.


C'est pourquoi ce livre mériterait d'être étudié au collège, voire au lycée. Il présente des avantages historiques indéniables, mais aussi civiques et culturels. Peut-être serait-il efficace de l'intégrer dans l'étude du racisme à travers les périodes. 

A un moment où l'on sent un racisme latent de plus en plus important en France (que ce soit à l'encontre des immigrés, des juifs, des musulmans, des africains ou même des français eux-mêmes), l'étude d'œuvres comme Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur serait d'intérêt général.

Arthur-Léo.P

 

9782714445360R2

La Chine et ses petites mains d'espoir 

 

   Dans « La fabrique des femmes », Leslie Chang, journaliste pour le wall street journal livre le témoignage de deux jeunes migrantes chinoises.


Condamnées au départ à travailler à la campagne, Min et Chunming décident de partir affronter la ville: ses usines, son chômage et sa souffrance.

Ce livre met en relief la réalité de la mondialisation et ses travers. Il ne décrit pas «  ces chinois qui  volent nos emplois »  mais des jeunes qui essayent de survivre malgré l'exigence de  productivité à outrance des firmes  qui cherchent une  main-d'oeuvre toujours moins chère. 


Ce récit  dépeint cruellement l'exploitation et la discrimination dont sont victimes les migrantes. Qui loin de se laisser mourir au travail, veulent vivre pleinement leur jeunesse, se battre et étudier pour essayer de vivre plutôt que de survivre.


Sur fond de  misère et de pauvreté, l'auteur mêle témoignage, récit historique sur la Chine, histoire amoureuse et description des conditions de vies malheureuses de ces millions de petites mains prêtes à tout pour habiller les riches. 

D.Perrotin

 

La fabrique des femmes, de Leslie Chang, Belfond, 467p, 25€

 

9782742777679FS

La pauvreté par les pauvres



William T. Vollmann tente de mettre en lumière le problème de la pauvreté dans le monde. Ce livre se différencie d'autres sur le même sujet de par sa méthode. Vollmann a énormément voyagé et a directement rencontré les personnes pauvres dont il parle. Le livre regorge d'interviews. 


Dès l'introduction, l'auteur évite les travers démagogiques trop souvent entendus, lus et vus. Il ne se leurre pas sur ses objectifs : « [...] qu'ai-je à prouver ? Comment pourrais je avoir la vanité d'espérer , de changer des choses  ? (...) Je n'ai rien d'honorable à tenter, et ne peux que montrer et comparer dans la mesure de mes capacités ».

C'est ainsi qu'il nous offre des interviews touchantes sans trop en faire et des réflexions profondes sur ce problème. Le livre est également composé de plus 120 photographies des personnes rencontrées par l'auteur. Ces photographies sont de parfaits compléments aux propos de celui-cl. On peut d'autant mieux imaginer les situations des personnes quand on les voit. 

 

      

L'auteur y propose diverses définitions de la pauvreté, notamment certaines émises par les pauvres eux-mêmes (les plus intéressantes à mon humble avis). On observe des différences de points de vue en fonction des lieux de vie, mais aussi en fonction des richesses de ces personnes. Il ne se trompe pas en affirmant que tous les pauvres ne le sont pas de la même manière ou au même degré. 

Vollmann délimite huit phénomènes qui découlent de la pauvreté : l'invisibilité, la difformité, le rejet, la dépendance, la vulnérabilité, la douleur, l'indifférence et l'aliénation. Ces phénomènes se cumulent et s'aggravent mutuellement.

Il traite également de l'espoir et des choix de ces personnes. Ainsi, nous comprenons bien plus leur(s) façon(s) de vivre et de croire en un futur plus ou moins paisible. Certains songent encore à un avenir meilleur alors que la plupart n'espère plus. C'est ce qui est le plus inquiétant. Comme le disait Blaise Pascal : "Il n'y a de bien dans cette vie que l'espérance d'une autre vie".


Vous pourriez vous demander pourquoi je présente ce livre un an après sa sortie.  D'après moi, cet ouvrage est plus actuel que jamais. En ces temps économiquement difficiles, le chômage s'accroît partout dans le monde. Il va y avoir de plus en plus de personnes pauvres. Les situations décrites vont se multiplier. C'est en cela que le livre inquiète et laisse à réfléchir. Quid du futur ? 


Je me permettrais tout de même une petite critique. Je trouve dommageable que l'auteur n'ait pas travaillé en Europe occidentale. Je pense que les pauvres européens ont eux aussi certaines spécificités. Il aurait été intéressant de voir leurs points de vue sur leur pauvreté et sur la pauvreté dans le monde. 


Ce récit peut à sa mesure faire évoluer les pensées occidentales sur le problème de la pauvreté dans le monde. Cette « critique » ne rentre pas volontairement dans les détails de l'ouvrage. Chacun pourra ainsi le vivre à sa façon. 



Arthur-léo P.

Pourquoi êtes-vous pauvres ?, de William T. Vollmann, Actes Sud, 428 p, 25€



L'autisme, cette réalité ignorée

 

  Dans « Je vais passer une bonne journée cette nuit », Brigitte Lavau  brosse le tableau d'une institution pour adolescents autistes.


            C'est  un regard à la fois tendre, et humaniste, sur des jeunes souvent ignorés par la société, qui ne les comprend pas ou ne cherche pas à les comprendre. À travers des activités aussi variées que le théâtre, la mosaïque, la peinture ou la musique ... l'adolescent autiste s'exprime, partage, crée, dans un environnement qui lui permet de cultiver pleinement ses richesses.

 

     Brigitte Lavau, éducatrice à l'hôpital des Jonquilles, à Antony (Haut-de-seine), dépeint dans ce livre le travail difficile et même ingrat des éducateurs, qui aident quotidiennement les enfants à mieux appréhender le monde extérieur, et répondent à leurs questions existentielles. Qui les considèrent tout simplement. Brigitte Lavau s'interroge également sur l'avenir compromis de ces jeunes autistes qui se retrouvent très souvent, une fois adultes, dans des structures inadaptées.

      Ce récit, non sans humour, rend parfaitement compte de la réalité de l'autisme, cette maladie méconnue. Il propose aussi une réflexion intéressante sur la nécessité d'avoir des moyens, des structures adaptées et surtout du temps pour aider ces enfants. Un temps qui se fait de plus en plus rare, dans un monde où la productivité et la rentabilité prédominent, et où les souffrances n'ont pas leur place . 

 

On pourrait reprocher à l'auteur, de ne pas avoir présenté les différentes formes d'autisme et de les rattacher à d'autres handicaps. Il n'en reste pas moins précieux ne serait-ce que pour l'angle choisi  qui montre la réalité de ces enfants autistes, loin du discours psychologique (entre innée et acquis), et loin des préjugés.

    Une réalité nuancée d'espoir, de rire et de souffrance qui donne envie de s'attacher à ces enfants  plutôt que de les fuir. 


D.Perrotin


 Je vais passer une bonne journée cette nuit , Brigitte Lavau, Le Seuil, 267p, 17,50€

 

"Our body": Censuré


      « La décision du TGI de paris, par une ordonnance de référé rendue le 21 avril 2009 a demandé la fermeture de l'exposition our body / à corps ouvert », voilà ce qu'énonce la première page du site officiel de l'exposition. 

Cette exposition présente de vrais corps humains conservés et mis en scène dans diverses positions pour que chacun découvre ce que seuls jusque-là les médecins et les scientifiques pouvaient voir.


L'organisateur d'un tel projet, la société Encore Events, met en avant l'aspect pédagogique d'une telle présentation puisqu'il s'agit de nous montrer et nous faire comprendre le fonctionnement du corps humain. 

Sont utilisés des corps et des organes disséqués, mis en scène dans un but purement scientifique. La portée n'est qu'explicative et permet de mieux appréhender l'anatomie humaine. 


Malgré tout effet morbide supprimé, malgré des moyens de conservation enlevant tout caractère réaliste des organes et des sujets, en France, la pédagogie a très vite fait place à la polémique. Les critiques sont elles aussi nombreuses. 


De nombreuses questions sont soulevées :d'où viennent ces corps ? Qu'en est-il du respect du corps humain? Que diriez-vous si ces êtres exposés étaient de nationalité française ?  (les personnes exposées étaient toutes de nationalité chinoise). Peut-on vraiment se fonder sur un aspect pédagogique? Etc.. en bref, les questions fusent ! Les réponses sont en effet d'autant plus nombreuses puisque les avis sont variés.

Mais la question essentielle est ici : qu'est-ce qui a poussé la législation française à faire interdire cette exposition ? Pourquoi une décision en référé, synonyme de situation d'urgence a-t-elle été nécessaire alors que cette même exposition, dans de nombreux pays, ne pose aucun problème ? 


Le problème vient du fait que deux associations, « Ensemble contre la peine de mort » et « Solidarité Chine », affirment que les cadavres exposés sont ceux de condamnés à mort chinois. 

Évidemment chacun peut décider de donner son corps à la science mais qu'en est-il de ces condamnés à mort chinois ? S'il s'avère véridique qu'il s'agit de condamnés à mort, ont-ils vraiment donné leur accord ? On peut supposer que non, c'est d'ailleurs la qu'interviennent les associations. 

Pourtant, la société Encore Events prétend avoir récupéré ces cadavres auprès d'une institution de recherche chinoise: la fondation Anatomical Sciences and Technologie de Hong Kong. Cette dernière avance que les cadavres fournis ont émis un accord avant leur mort mais le problème de la preuve de cet accord se pose, le créateur disposant d'un simple papier certifiant l'origine de ces cadavres. Et lorsque l'on cherche un peu plus loin, le prétendu nom de cet institut de recherches semble peu connu... de quoi entretenir les doutes ! 


Le juge des référés, Louis-Marie Raingeard  déclare que « l'espace assigné par la loi aux cadavres est le cimetière ».Le ministère public rappelle que « le corps humain a droit au repos et à la tranquillité ».


Encore Events a signé une convention avec cette fondation chinoise pour organiser l'exposition en France. « Une convention qui ne rapporte en rien la preuve du consentement des personnes décédées » selon M.Richard Sedillot, l'avocat des deux associations ayant obtenu l'interdiction de l'exposition.

En effet, sauf disposition particulière relevant de la volonté du défunt, un corps doit être inhumé ou incinéré. Les organisateurs n'obtiennent donc pas gain de cause puisqu'ils se voient contraints, par la décision rendue le 21 avril par le tribunal de grande instance de Paris, de retirer les pièces dans les 24H suivant le verdict, sous peine d'une astreinte à payer 20 000 euros d'amende par jour de retard. Le juge a d'ailleurs exigé que les corps soient placés sous séquestre , « aux fins de chercher, avec les autorités publiques françaises compétentes, une solution conforme aux droits de l'inhumation ».

La raison invoquée : une exposition contraire à la décence.

Le tribunal de grande instance considère qu'il s'agit ici de la « présentation des cadavres et organes, par des mises en scène déréalisantes ». 

En plus de cette décision, la critique appuie l'aspect immoral et morbide d'une telle exposition. 


Les organisateurs tentent alors un recours en appel, la décision est rendue le jeudi 30 avril: l'exposition  « Our Body // à corps ouvert » est bel et bien interdite, mais cette fois-ci, ce n'est pas la question de la dignité qui s'est posée mais plutôt celle de l'origine des corps.


La décision en appel énonce : "La société Encore Events ne rapporte pas la preuve, qui lui incombe, de l'origine licite et non frauduleuse des corps litigieux et de l'existence de consentements autorisés". L'hypothèse des corps de condamnés à mort chinois domine. 


Ce cas d'interdiction en France est un des plus rares, d'autant plus que de nombreux avis étaient favorables à une telle exposition. 


Si la question de la décence est le cœur du problème, cela irait jusqu'à remettre en cause de nombreuses expositions au musée de l'homme. On craint alors une atteinte aux libertés de ces expositions, d'autant plus qu'on avait reproché au juge des référés de se baser sur des convictions personnelles. Il est vrai que cette exposition a suscité la critique, mais si l'on tient compte des témoignages de personnes ayant assisté à cette exposition, la plupart d'entre elles ne semble pas indignée, bien au contraire ! 


Nombreux sont ceux qui ont employé le terme de « voyeurisme » pour qualifier l'intérêt de certains, mais le fait de toucher à l'anatomie humaine relève-t-il vraiment du voyeurisme? 

De plus, la décision de la cour d'appel de paris a bien montré que ce n'était pas le fond du problème, le problème vient d'une situation floue, apparemment irrégulière. 

En effet, le code civil énonce que « le respect du corps humain ne cesse pas avec la mort » mais que « cette protection n'exclut pas l'utilisation des cadavres à des fins scientifiques ou pédagogiques ». En définitive, les expositions impliquant des cadavres humains restent encore possibles en France, qu'adviendrait-il sinon, des fameuses momies humaines au musée du Louvre par exemple? Qu'adviendrait-il au final de l'accès au savoir dans ce domaine ? 


On peut alors se demander si cette polémique ne révèle pas le fait que certains tabous ne sont pas encore vraiment levés en France. 


C.Lagorce