Créer un site
Loading site

1er hebdomadaire du net indépendant 

INDICATEURS

 

CHÔMAGE   

 9,1 %


INFLATION    

0,9 %


CROISSANCE

  -0,3 %

 

 
Acturevue 6 sans fond
Jacobson 1 JPG

Enquête d'Acturevue

Enquête sur l'Affaire Jacobson dont personne ne parle. Acturevue a interrogé une victime du milliardaire Suisse et s'est procuré des relevés de comptes qui mettent en lumière l'escroquerie. 

Acturevue rappelle que Jacobson bénéficie de la présomption d'innocence puisqu'il n'a pas été jugé.

Seymore JACOBSON

Interview d'une victime de Jacobson


Acturevue:Que reprochez-vous à Jacobson ?

 

Rene S: Mon préjudice est fort important. Les Jacobson ont spolié des milliers de clients qui ne sont pas défendus normalement dans une escroquerie d'une telle ampleur, à travers leurs sociétés offshores, en se déplaçant et se délocalisant d'un paradis fiscal à un autre. On met un voleur de bicyclette en prison mais une magouille qui porte sur des milliards reste pratiquement impunie en laissant derrière elle des tas de victimes dont les vies sont partiellement foutues.


Qui sont les victimes ?

 

RS: Parmi les victimes, on  compte de nombreuses personnalités comme la famille horlogère Piaget , Monsieur SULITZER (célèbre écrivain marié à Delphine JACOBSON, fille de Seymour Jacobson, maintenant séparés depuis environ 10ans) , ainsi que des anonymes ( retraités , familles de déportés , trisomiques etc.)


Sur quoi repose l’escroquerie de Jacobson ?

 

RS: Il achète un immeuble un million de dollars puis le revend cinq millions à un fond d'investissement offshore qui lui appartient et, in fine, il le revend aux clients six millions de dollars.


Tout le cocktail étant fabriqué en interne entre les Jacobson, tous les bénéfices reviennent au final à la famille Jacobson qui sévit aussi bien dans les pierres précieuses-art-whisky-fonds d'investissement etc. en procédant de manière identique sur évaluation des actifs grâce à une multitude de sociétés- clients offshores pour aboutir aux « pigeons » (investisseurs). Ces derniers achètent les parts de ces fonds au prix fort et payent même des travaux et des frais de maintenance qui enrichissaient toujours plus les Jacobson.


Les fonds d'investissement proposés aux clients sont de A à Z établis par les mêmes personnes sans que jamais les produits n'aillent sur le marché libre ou ne soient contrôlés par une instance supérieure.


Les vendeurs étant soigneusement tenus à l'écart de la tambouille qu'ils vendaient, secret même de la réussite de l'escroquerie finale qui profitait toujours aux mêmes, à savoir: les Jacobson.


Ce sont des criminels en col blanc à la façade de notables parfaits, amis de juge(s) au Canada, ce qui leur permet de continuer leur escroquerie. 


Pourquoi la procédure est-elle difficile à mettre en œuvre ?

 

RS: Ils ont établi une menace fiscale envers les victimes particulièrement bien choisies ; ce qui permet à cette famille d'officier dans de nombreux pays et de toujours s'en tirer, laissant derrière elle un flot de malheurs, d’handicapés floués, de gens ayant perdu toute leur fortune. Certains de leurs créanciers se sont même suicidés.

Il s'agit donc bien d'un gang spécialisé dans l'escroquerie de haute voltige et de complot, à la façade parfaitement légitime et dont l'intérieur est totalement pourri.


Que comptez-vous faire ?

RS:Il s'agit pour nous de faire en sorte devant les instances administratives que cette criminalité cesse, et qu’elle soit prise au sérieux.


Où en est-on au niveau juridique aujourd’hui ?

RS: Il apparaît malheureusement que les sociétés, notamment offshores et gérées par des prêtes noms aux caïmans, au Bahamas, au Liechtenstein, au Belize,

en équateur, en Uruguay, à Hongkong  sont toutes reliées à la même tentacule d’une pieuvre plutôt mafieuse qu’institutionnelle, et relève d’avantage de la politique familiale des Jacobson.


Les clients ou plutôt les victimes n’osent souvent pas porter plainte car elles ont placé leurs bas de laine non déclarés et ont peur du fisc. D’autres n’ont pas le courage d’affronter des procédures longues et coûteuses et qui ont peu de chance d’aboutir. Les clients ne se connaissant pas entre eux et le reste du monde ignorant le problème, les escrocs continuent eux aussi avec de nouvelles sociétés , mais ajoutant à leurs chapelets de nombreuses résidences de luxe à Deauville, à Monte-Carlo, dans le sud de la France, en Amérique du nord dans une total impunité, ignorant la crise économique.


Il faudrait peut-être regarder vers le gouvernement canadien qui ne veut pas enquêter pour le moment.


Nous avons toujours pensé que les escrocs sont comme les vampires: ils n'aiment pas la lumière de la médiatisation, et en dénonçant leurs méthodes,  nous essayons que cette information soit reprise en boucle dans la presse écrite, audiovisuelle, et télévisuelle, cela nous paraît plus opportun et efficace que nos avocats confrontés à des obstacles juridiques et certainement politiques nous donnant l'impression de ne plus avancer.


Nous pensons aussi que faire appel aux médias, c'est leur permettre de  s’attaquer au vrai problème et au cancer que représentent la cyber-escroquerie et la criminalité financière qui n’a rien à voir avec un monde moderne et plein de  progrès.

 

Propos recueillis par D.Perrotin


 


 


 

 

L'équipe de rédaction

 

Directeur de publication 

 

D.Perrotin

 

Rédacteurs en chef 

C.Merlaud

Arthur-Léo.P

J.B.R

 Rédacteurs 

A. Rozès

C.Lagorce

E.Malafa

M.Lagarde

A.Perrotin

V.Moreau

...

 

 

 

 

Après Madoff, l’affaire Jacobson

 

 

 

Plus de 2 milliards d’euros partis en fumée depuis 10 ans. Des milliers de clients victimes à travers le monde. Un scandale qui éclabousse la Suisse. C’est l’affaire Jacobson.

 

 


Ce financier canadien de 72 ans et surnommé par ses victimes le « bébé Madoff » est depuis 1990 dans le collimateur de la justice américaine pour escroquerie. Mais c’est par la société financière, la Compagnie d’escompte financier (CEF) créée à Bâle (Suisse) qu’il est aujourd’hui poursuivi.

 

La supercherie qui lui est reprochée est simple :

Organiser une structure opaque dans le but de soustraire les capitaux aux investisseurs de façon frauduleuse, afin de s'approprier les actifs des plaignants.

 

Jacobson aurait reçu de l’argent qu’il était censé investir en promettant des rendements de 10% ou plus dans des actions qui en réalité lui appartiendrait et qui ne valent pas du tout le montant initialement espéré.

 

 Jacobson et des dizaines d’employés démarchaient par téléphone et vendaient de tout : whisky, art, immobilier, dette polonaise.


La supercherie fonctionne parfaitement, et pendant 10 ans, tous les clients perçoivent les intérêts sur leur compte tous les mois.


Mais en 2001, Jacobson ferme son bureau et est suspecté d'avoir déplacé l’argent de ses clients au Belize, paradis fiscal d’Amérique centrale. Tous les investisseurs qui lui avaient prêté l’argent, se retrouvent aujourd’hui sans rien. (Voir interview ci-contre)

 

Aujourd’hui alors que la justice lui reproche pas moins de quatre infractions : abus de confiance, escroquerie, formation d’entreprise criminelle, blanchiment d’argent, la procédure patine et ce financier vit toujours tranquillement pendant que 3000 plaintes ont été posées contre lui.


Malgré cela, et alors que la société CEF de Jacobson est dissoute, il  continue à voyager librement.


La justice bâloise qui s’occupe d’instruire l’affaire essaye de faire pression sur les  autorités canadiennes pour enquêter auprès de Jacobson, qui vit là-bas, ceci restant sans succès.

Une des victimes pense que les réticences du gouvernement canadien tiennent du fait que l'avocat de Jacobson est un député du gouvernement et défend également le Premier ministre canadien, ce qui peut expliquer pourquoi ils ont intérêt à faire taire l'affaire.

 

D.Perrotin

Pour plus d'info, émission Suisse ICI

Images

Rejoignez nous sur Facebook ou Twitter et soyez averti de tous les nouveaux articles

2009 02 18 03 04 43 facebook
Twitter

Newsletter pour être averti de nos  nouveaux articles par mail

(entrez votre adresse)

Relevez de compte

Cliquez pour agrandir

899083 1063574

Le RSA pour les jeunes déçoit...


C’est assez rare pour le préciser, Nicolas Sarkozy ne fait pas l’unanimité dans son camp.

Les membres de l’UMP ne sont pas convaincus de la proposition du président. Et ce ne sont pas les seuls.

 

Retour sur un plan mitigé.

Ce revenu de solidarité active ne sera pas vraiment disponible pour tous les jeunes. En effet, il faudra avoir travaillé deux ans sur les trois dernières années pour en bénéficier. Cette condition réduit considérablement le nombre possible d’allocataires. 160000 jeunes devraient pouvoir en profiter pour un coût de 250 millions d’euros.


D’un côté, on peut trouver dommage de se concentrer sur les conséquences du manque de travail chez les jeunes, plutôt que les causes.

Le véritable problème est celui du marché du travail.

Les entreprises sont frileuses et n’embauchent que très peu de jeunes. Les jeunes dans des situations difficiles se voient dans l’obligation d’accepter des petits boulots où les possibilités de carrière sont faibles.


A cela s’ajoute le fait que les jeunes qui ne trouvent pas du tout de travail ne pourront bénéficier de cette aide. Ainsi on peut se demander si ce n’est pas une manière indirecte de forcer les jeunes à accepter les emplois proposés par le pôle emploi.


A l’instar de Benoit Hamon, porte-parole du parti socialiste, on peut aussi se demander si cette proposition n’est pas qu’un plan de communication. Est ce encore une tentative d’acheter la paix sociale ?

Quoi qu’il en soit, Nicolas Sarkozy étonne en faisant évoluer les lignes traditionnelles de la droite. Au Nouveau Centre, on critique particulièrement le financement que l’on estime excessif par rapport à la population visée.

A Gauche, le Parti Socialiste, tout en reconnaissant que certaines « idées sont intéressantes », regrette que tous les jeunes ne soient pas concernés (alors que le parti demandait dès l’instauration du RSA que tous les jeunes de plus de 18 ans soient admis à en bénéficier). Au MJS, on promet des manifestations dignes de celles du CIP et de celles du CPE.


 Arthur-Léo.P


 


 

L’hypocrisie du RSA jeune


Bel effet médiatique pour le RSA jeune qui n’aura d’efficace que son retentissement médiatique.


En effet, cette mesure est  en réalité une belle mascarade gouvernementale qui n’a d’autre but que de répondre à la HALDE qui reprochait à Martin Hirsh d’avoir créé le RSA pour les seuls plus de 25 ans en faisant ainsi une mesure discriminatoire pour les  plus jeunes.


Avec cette mesure, il prétend lutter contre la pauvreté chez les jeunes.


Pourtant, seuls les moins de 25 ans ayant travaillé à temps plein plus de deux ans sur les trois dernières années auront droit au RSA. La quasi totalité des étudiants est donc exclue (seul 2% sont concernés).


Que penser d’un gouvernement qui décide d’ignorer ces 1/5e de jeunes qui vivent sous le seuil de pauvreté?


 Et que fait le gouvernement, après qu’un rapport de Magali Beffy et Denis Fougère du centre de recherche économie et statistique a démontré que la conciliation d’un emploi et des études est néfaste pour les jeunes.


Le président n’a pas l’air de s’en préoccuper.

 

Mais il  pourrait au moins avouer qu’il se fiche éperdument  de l’avenir d’une jeunesse qui vit dans la misère ; d’allocations, d’emplois minables et de mendicité au détriment d’études ou de formation.

 

D.Perrotin 

F7bfd612 a9fd 11de 98be 42a400a9fc7f

G20 2009 : Une belle désillusion ?


 La réunion des 24 et 25 septembre à Pittsburg est dans la continuité de celle qui avait eu lieu en avril dernier à Londres, toujours dans l’idée de faire face à la crise financière au niveau mondial.

 

La réunion d’avril dernier visait principalement les paradis fiscaux et leur suppression. Monaco et la Suisse, en acceptant de signer 12 traités, sont sortis de la liste grise qui avait été établie, mais ce n’est évidemment pas le résultat optimal attendu puisque l’opacité des paradis fiscaux reste d’actualité.

 

De plus, la question d’un projet de relance mondial n’est pas encore résolue, incluant les nombreuses polémiques autour de la rémunération des traders, des bonus ou encore de la taxe Tobin sur les transactions financières.

 

Qu’en est-il aujourd’hui ? Quelles étaient les attentes de cette nouvelle réunion et qu’en est-il ressorti ?

Les dirigeants politiques du G20 avaient la volonté de « changer le capitalisme ». 

Nous constatons pourtant que personne n’a véritablement plaidé pour l’interdiction des fonds spéculatifs ni pour la suppression des stock-options  ou des bonus, excepté certains comme Sarkozy qui voulait des compromis.

B. Obama a d’ailleurs prévu de poursuivre son plan de relance à coups de milliards de dollars de fonds publics.

 

La volonté de « changer le capitalisme » semble donc utopique et bien contradictoire avec les décisions prises !

La question de la taxe Tobin qui avait été soulevée en avril dernier n’était d’ailleurs pas à l’ordre du jour. Il n’est pas non plus prévu de revenir sur les bonus payés aux traders ni sur le paiement différé de la prime de spéculation de façon radicale.


Que peut-on alors encore attendre de ce nouveau sommet qui oppose américains et chinois d’un coté, européens de l’autre?

On le sait, la France et les européens avait pour objectif de ressortir de cette réunion avec un compromis sur les rémunérations des traders, il est donc clair pour eux que c’est un sujet à aborder, mais ce n’est pas l’avis du président américain, ni de la Chine d’ailleurs, qui bien que très préoccupée par la croissance verte, l’est beaucoup moins par la limitation des bonus. Les Etats-Unis insistent sur la réduction des excédents commerciaux et la chine revendique avant tout une réforme du FMI.


Etats-Unis et Chine semblent bien décider à conserver leur intérêt dans la sortie de crise qui se profile. Les compromis s’annoncent difficiles et l’optique d’une relance au niveau mondial à reconsidérer.

 

Quels sont alors les accords que les vingt pays sont parvenus à élaborer ?

Tout d’abord, premier point essentiel pour pouvoir espérer un éventuel impact d’une politique de régulation mondiale : plus de places aux nouvelles puissances émergentes dans les organes de régulation de l’économie mondiale. Désormais ce ne sera plus le G8 mais le G20, incluant les pays émergents donc, qui sera l’organe principal de prise de décision économique au niveau international.

 

Concernant la régulation financière, les divergences entre européens et américains, alliés à la chine, sont trop importantes pour espérer un quelconque résultat, malgré d’éventuels compromis, concernant les rémunérations des traders notamment.

 

Un consensus se dégage cependant sur la question. Le G20 préconise une limitation du montant des bonus en fonction des résultats de la banque à long terme.

Les dirigeants s’engagent à maintenir les mesures de relance mises en place auparavant pour lutter contre la crise.


 


Une réforme des institutions internationales a aussi été décidée, notamment le FMI et la Banque Mondiale. La représentativité des pays émergents a été modifiée, c’est pour la Chine, « une décision très importante », et la France admet que les européens feront des « sacrifices » pour coopérer avec des pays qui ne peuvent plus aujourd’hui être écartés de la régulation financière au niveau mondial.

 

Malgré ces décisions pleines de compromis, pouvons-nous réellement espérer des résultats susceptibles de répondre aux diverses attentes des pays du G20, surtout lorsque l’on constate que, six mois après, les décisions du G20 d’avril dernier n’ont pas encore eu l’impact souhaité, l’opacité financière des paradis fiscaux est loin d’être écartée.

 

Il n’en reste pas moins que le sommet a abouti à peu d’avancées pour les pays pauvres et le climat. Les conditions de la reprises ont bien sûr été évoquées, la régulation du système financier aussi, mais beaucoup plus de principes que de politique concrète.


Si, la réforme de la Banque mondiale peut espérer voir le jour avec une augmentation d’au moins 3% des droits de vote attribués aux pays en développement et en transition, qui sont sous représentés. Rien d’autre ne permet de dire que les dirigeants ont viré de cap pour un capitalisme vraiment moralisé.

 

La crise perdure et même si elle est, dit-on, en train de faiblir, rien ne laisse penser qu’un redémarrage est à venir et surtout que tous ces ouvriers seront épargnés.


 


C.Lagorce 


 

Finance islamique

La Finance Islamique : Qu’est ce que c’est ?

"Nous adapterons notre environnement juridique pour que la stabilité et l'innovation de notre place financière puissent bénéficier à la finance islamique."

 

Voilà ce qu’a annoncé Mme Lagarde, le ministre de l’économie en novembre dernier. Ces propos qui ont dû faire frémir les Le Pen, de Villier où autres combattants anti-Islam ne sont que le prolongement d’un paradigme économique en pleine expansion.

 

En effet, ce modèle économique qui repose sur la «Charia» (texte de loi islamique) est en plein essor, notamment depuis que la crise a mis en lumière les failles du système bancaire et des crédits.

 

Pourquoi une finance Islamique différente de la finance conventionnelle?

Cette finance née du Coran repose sur deux principes:

-L’interdiction de l’intérêt (riba) et de l’usure

-La responsabilité sociale de l’investissement et la notion d’intérêt général

 

La première interdiction découle du verset 27s de la 2e sourate du Coran: «Dieu a rendu licite le commerce et illicite l’intérêt».

L’intérêt est donc prohibé et conséquemment, l’usure l’est aussi, car, fixé ex-ante, il est établi sans référence à ladite performance. Les textes islamiques s’attachent à ce que toutes transactions financières se fondent sur une activité économique réelle. C’est pourquoi la Charia autorise la prise de risque, mais interdit l’incertitude dans les termes d’une relation contractuelle ainsi que la spéculation.

 

Ainsi, le profit doit être encouragé, car, déterminé ex post, il exprime la performance réelle de l’entreprise.

 

Comment fonctionne le mécanisme économique?

 

Les banques islamiques ont développé des mécanismes juridico-financiers qui reposent sur des concepts particuliers. Ceux-ci permettent à un promoteur de mener un projet grâce à des fonds avancés par des apporteurs de capitaux dont la clé de répartition des gains et des parties est fixée dans le contrat. Ces apporteurs de capitaux supportent entièrement les pertes, les promoteurs ne perdant que le fruit de leur travail.

Voici ci-dessous quelques mécanismes économiques islamiques:

Les instruments financiers principaux

 

Moudaraba:Un contrat entre le propriétaire du capital et l’entrepreneur. La banque confie une somme d’argent à l’entrepreneur pour l’investir, en contrepartie d’une part dans le bénéfice éventuel de l’affaire.

 

Moucharaka:Les deux parties signataires du contrat participent et au capital et à la gestion de l’affaire.

Les bénéfices sont répartis selon des ratios déterminés, tandis que les pertes sont supportées à hauteur de la participation de chacun

 

Mourabaha:Le client ordonne à la banque d’acquérir un bien particulier; celle-ci lui revend le bien en question(devenu propriété de la banque), moyennant une marge bénéficiaire. Le paiement se fait comptant ou sur plusieurs échéances.

 

Ijara:Un contrat portant sur la mise à la disposition du client d’un bien ou d’un service en contrepartie d’une rémunération prédéfinie. Le client peut s’engager à acquérir le bien en question à terme.

 

Salam:Un contrat de vente avec livraison différée de la marchandise. La banque intervient comme acquéreur avec paiement comptant d’une marchandise qui lui sera délivrée à terme par le partenaire.

 

 

La Charia interdit en principe les transactions portant sur des biens inexistants au moment de la conclusion du contrat, mais l’exception a été faite pour le salam par nécessité, à condition que le prix, la date de livraison

et les caractéristiques exactes de la marchandise soient connus d’avance.

 

Tels sont les principaux instruments utilisés en finance islamique. Concernant les frais que peut prélever la banque, ils ne sont valables en Islam que s’ils sont fixes, quel que soit le montant de la transaction, dans le

but de couvrir les frais administratifs et autres.

 

D’autres formules de financement sont créées, mais sont normalement avalisées par un ensemble de savants.

Il est cependant clair que certaines banques collent l’étiquette «Halal» à des offres sans fondement islamique réel…

 

 

 

 

Cette interdiction d’intérêt n’est pas seulement réservée à la religion musulmane. On retrouve la même idée dans le christianisme à travers la théologie de Saint Thomas d’Aquin qui prolongeait l’enseignement d’Aristote selon lequel l’argent ne peut pas produire d’enfant. Le prélèvement d’intérêt étant caractérisé comme le moyen injuste d’accaparer le bien d’autrui. 

 

Même si l’interdiction est très ancienne, la finance islamique est une construction contemporaine. qui voit véritablement le jour en 1963, en Egypte.

 

En Europe, c’est au Royaume-Uni que s’est développée la 1ère industrie de cette finance. En 2004, « L’Islamic Bank  of Britain » a été agrée par les autorités britanniques. Certaines banques occidentales n’ont pas hésité à ouvrir dans le monde musulman des succursales où coexistent à la fois un guichet conventionnel et un autre islamique. En France, malgré le discours du ministre de l’économie, il n’y en a pas, mais seulement quelques opérations sur le marché des entreprises. 

 

 

 

Quatre raisons peuvent expliquer l’expansion de cette finance depuis le milieu du XXème siècle :

 

-Le regain de vitalité de la religion musulmane

 

-La possibilité que donne aux musulmans, la finance islamique, de se démarquer de l’époque coloniale et d’utiliser leur propre système bancaire

 

-Le choc pétrolier de 1970 qui a touché ces pays

 

-La possibilité pour les banques de contrer certaines politiques économiques contraignantes

 

Le financement islamique est donc une redéfinition de la rationalité économique qui prend en compte dans le calcul économique non seulement l’intérêt individuel mais aussi une notion d’intérêt général. Contrairement aux présupposés, la philosophie de l’islam, tout comme la philosophie libérale, encourage l’esprit entrepreunarial, autorise la prise de risque et cautionne le profit. 

 

 

 

Et face à notre crise économique actuelle ?

Certains économistes islamiques avancent l’idée qu’un système financier basé sur les principes de l’Islam, et notamment sur la prohibition de la riba (intérêt), aurait pu éviter certains des plus grands désastres financiers des 50 dernières années.

 

Dans la crise de "la dette" des pays émergents, ou dans l’explosion de l’endettement des ménages dans les pays anglo-saxons qui a mis plus d’une fois en difficulté leur système bancaire, une partie au moins de la responsabilité revient aux banques qui ont attribué des crédits facilement et sans beaucoup de discernement.  

 

Dans un système financier basé sur le partage des profits et des risques, une telle situation ne pourrait se produire, car les investisseurs (en l’occurrence les banques) ont une forte incitation à mieux contrôler le développement de projet d’investissement.

 

Aujourd’hui la finance islamique représente 1000 milliards de dollars sur le marché mondial.

Il est incontestable qu’elle peut représenter une alternative au système conventionnelle, qui est pour beaucoup responsable de la crise actuelle, et ainsi se développer dans beaucoup plus de pays. 

 

Pas étonnant alors que l’université Paris Dauphine lance en novembre, un master 2 d’économie «Charia-compatible» pour développer ce secteur encore trop peu méconnu, mais très prometteur.

 

D.Perrotin 

 

 


Madoff 5

Affaire Madoff : L'escroquerie du siècle

 Qui est Bernard  Madoff ?

Bernard Madoff, célèbre courtier à Wall street, incarne le rêve américain par excellence. En effet, d'abord maître nageur à Long Island, il crée un fond d'investissement à 22 ans, avec seulement 5000 $. Réputé intuitif, et très « éthique », cela lui permet de s'imposer au sein de la communauté financière. Au point même de devenir, en 1990-1991, président de la Nasdaq (prestigieuse bourse des valeurs technologiques).

C'est une figure importante de la communauté juive new-yorkaise, très présent dans les activités caritatives et culturelles. Son succès était garanti par le fait qu'il offrait à ses clients des gains croissants et très peu volatiles.


En quoi consiste le travail de Madoff ?

Madoff recevait par le biais de son fond (Bernard Madoff investment Securities) des capitaux à gérer, qu'il investissait dans les hedge funds (fond d'investissement à risque), dont la performance était réputée supérieure à la moyenne (de 10 à 15%, quand le marché n'en offrait que 5% maximum). Il prétendait ainsi rendre 115€ à ses clients qui lui en donnait 100. Mais, au lieu de placer l'argent en bourse pour le faire fructifier, Madoff utilisait l'argent de ses nouveaux clients pour le donner aux anciens investisseurs. En d'autres termes, 15€ de gains des 115€ était simplement issu des sommes prêtées par les nouveaux investisseurs.


Où réside donc la supercherie ?

Lorsque le rendement n'était pas au rendez-vous, au lieu de diminuer les rendements de ses clients, Madoff utilisait donc l'argent des uns pour les reverser aux autres. Un système pyramidal qui ne pouvait fonctionner qu'à  condition que tout le monde ne souhaite pas récupérer son investissement au même moment. Ainsi, ceux qui récupéraient leurs investissements étaient satisfaits des rendements exceptionnels quand les autres espéraient une satisfaction future d'après la réputation de l'escroc en chef.

Ignorant évidemment que Madoff, en vérité, dilapidait le capital de ses clients. Il faut également savoir que Madoff ne recevait pas directement l'argent de ses clients. Les nouvelles arrivées d'argent passaient par des intermédiaires « rabatteurs » (ou feeder funds) chargés de trouver des investisseurs pour Madoff. Ce système permettait de ne pas avoir à justifier directement ses agissements. Les intermédiaires, eux-mêmes clients, ignoraient l'arnaque et faisaient même de la publicité pour Madoff. 


Comment a-t-il été découvert ?

Quand la crise boursière a éclaté (avec la crise des subprimes), les investisseurs se trouvèrent face à un marché en grande difficulté. Ayant besoin d'argent, et moins confiants qu'auparavant, ils décidèrent en masse de récupérer l'argent déposé auprès de Madoff. Trop à la fois. Madoff n'a plus assez d'argent pour rémunérer tous ses clients. Puisqu'il s'est servi de leur argent pour rendre les soi-disants bénéfices (inexistants) de 15%. Dans l'incapacité de satisfaire ses clients, il prévient son fils, qui lui même prévient le F.B.I. Le 11 décembre 2009, B. Madoff est arrêté. 



Qui s'est fait avoir?

Ce sont des riches particuliers, de grandes institutions financières (au Japon, en Espagne, en France...), mais aussi le cinéaste S. Spielberg. La banque espagnole Santander est la plus exposée à la fraude, avec une perte évaluée à 3 milliards de $. Côté français, Natixis evalue à 450 millions d'€ sa perte potentielle quand BNP l'estime à 350 millions d'€. Ajoutons à cela 40 millions d'€ de pertes des petits épargnants français. 


 Comment Madoff a-t-il pu échapper au contrôle ?

La Sécurities Excahange Commission (SEC: gendarme de la bourse) est pointée du doigt pour ses nombreuses défaillances. En effet, Madoff a été contrôlé à 3 reprises sans être jamais inquiété par d'éventuelles enquêtes. Pire encore, depuis 2006, sa société n'était même plus enregistré auprès de la SEC, alors que ceci est parfaitement illégal. Pourtant personne n'a dénoncé quoi que ce soit. 

Les promesse de rendements exceptionnels que Madoff garantissait auraient également dû alerter les autorités lors de la crise de la bulle internet de 2001 ou de l'après 11 septembre, lorsque le marché s'effondrait.



Quel est le montant de l'escroquerie ?

Madoff estime avoir perdu 50 milliards de $. Pour autant, il assure n'avoir gagné son argent (personnel) qu'avec les commissions perçues pour gérer les actifs de ses clients. Mais il n'a apparemment pas, d'après les débuts de l'enquête, détourné des sommes supplémentaires. Il les utilisait seulement pour garantir des rendements très importants. 

Aujourd'hui Bernard Madoff doit effectuer la peine de 150 années de prison. Ce chiffre, aussi absurde soit-il, est à la hauteur de la supercherie dont cet homme a été l'auteur. Mais il ne faut pas oublier que Madoff n'est qu'un pion parmi tant d'autres. Et qu'il serait naïf de croire que la révélation de ce scandale marquerait la fin de ces folies financières. A défaut d'avoir remis en cause un système tout entier, on préfère en révéler sa corruption. 


Mais n'est-il pas maintenant venu le temps de dire que c'est ce système dans son intégralité qui est à revoir ? Plutôt que de laisser croire que quelques personnes tout à fait marginale, puissent corrompre un monde tout entier. 



 

D.Perrotin