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Pour 2009, le TIME retient la finance et son sauveur (?)

Ben Bernanke, Personnalité de l'Année 2009

 

L'histoire de cette année fut celle d'une économie fonctionnant au ralenti, une économie qui aurait pu être bien plus faible qu'elle ne l'est déjà.

Comment celui qui dirige la Réserve Fédérale (Américaine) a empêché la catastrophe économique ? ' Les institutions "too big to fail" (Trop grandes pour sombrer) sont l'un des problèmes majeurs auquel est confronté ce pays. (Le président de la Fed s'assoie avec le rédacteur en chef de TIME magazine Richard Stengel, le rédacteur en chef de Time Inc. John Huey, le rédacteur en chef adjoint Michael Duffy et notre correspondant principal à Washington Michael Grunwald le 8 décembre pour une interview portant autant sur l'état de l'économie que les composantes de son porte-monnaie.)

Quelques extraits :

 

TIME :Expliquer à nos lecteurs en quoi ce que vous avez fait cette année a affecté leur vie, pour le meilleur ou pour le pire.


Ben Bernanke : Pratiquement toutes les grandes sociétés financières étaient sur le point de faire faillite. On a su - et j'ai su - en se basant sur mon expérience en tant que preneur de décisions, j'ai su que si le système bancaire mondial s'écroulait, au sens où les plus grandes entreprises étaient en train de sombrer et que le secteur financier avait cessé de fonctionner, j'ai su que cela nous conduisait à la catastrophe. Nous serions peut-être en train d'endurer une autre dépression aussi sévère et aussi longue que celle des années 30. Ceci n'était en aucune manière un cas hypothétique.

 

TIME : Ironique, n'est-ce pas ? Voici un homme qui a passé sa vie en se distinguant des autres en étudiant l'histoire de l'économie, et puis un jour vous vous réveillez et vous réalisez que vous êtes au centre de l'histoire économique dans un chapitre des plus inhabituels.

 

Bernanke : Et bien, je n'ai vraiment pas anticipé ces événements quand je suis arrivé à Washington en 2002. Il n'y a aucun doute là-dessus. Et quand je suis devenu président de la Fed en 2006, je pensais que mes objectifs principaux consisteraient à en améliorer la gestion, la communication et le système de surveillance. Nous avions décelé les risques d'une crise financière. Mais une de cette étendue et aussi dangereuse que celle-là, je n'ai pas pu l'anticiper. J'aurais voulu, mais ce ne fut pas le cas.

 

TIME : Cette année, vous vous êtes un peu plus exposé que vos prédécesseurs. Etes-vous toujours convaincu que communiquer davantage sur la Fed et sur ce qu'elle fait est la meilleure approche ?

 

Bernanke : Oui, je le suis. Dans le passé, mes prédécesseurs ne se montraient pas directement au public. Mais j'ai senti que non seulement le problème était de savoir ce que faisait la Fed, mais j'ai aussi cru que la peur et l'incertitude qui ressortaient des sondages d'opinion étaient le résultat de l'ignorance pour grande partie. Les gens ne comprenaient pas ce qui se passait dans l'économie et dans notre système financier. J'ai pensé qu'il serait utile, en tant que président de la Réserve Fédérale, de parler directement au public afin d'essayer d'expliquer ce que nous faisions, pourquoi nous le faisions et ce qu'il était susceptible de se produire à l'avenir. Et je pense que cela a pu aidé certaines personnes. Il est vrai que la Réserve Fédérale subit énormément de pressions politiques et est impopulaire dans beaucoup de cercles. Le job de la Fed est de faire ce qui est juste, de prendre les intérêts de l'économie sur le long terme à coeur, ce qui implique d'être impopulaire parfois. Mais nous devons faire ce qui est juste.

 

TIME : L'argent que le Gouvernement fédéral prend et ce que nous dépensons en bons du trésor  - fondamentalement, c'est la même chose. Pour le reste, nous devons emprunter. Beaucoup de gens pensent que ce système n'est pas durable et que l'une des seules solutions serait d'instaurer d'autres formes d'impôts - une taxe sur les ventes, une taxe sur la valeur ajoutée. Seriez-vous favorable à une de ces alternatives ?

 

Bernanke : La loi que j'ai préconisée devant le Congrès, c'est celle de l'arithmétique. La loi de l'arithmétique prévoit que si vous êtes favorable à un faible assujettissement à l'impôt, dans ce cas... vous devez trouver de nouvelles méthodes pour économiser sur les dépenses, de sorte que la balance entre les revenus et les dépenses ne soit pas trop déséquilibrée. Et par la même loi de l'arithmétique, si vous pensez que le Gouvernement devrait dépenser davantage, cela vous incombe de déterminer d'où proviennent les revenues qui vont financer ces nouvelles dépenses. Là encore, je pense qu'il s'agit de la responsabilité du Congrès. J'ai parlé des déficits et je pense que les déficits sont importants car pour y remédier, cela nécessite une grande stabilité économique et financière. Nous devons en discuter. Mais pour savoir comment peut-on arriver à l'équilibre fiscal, il en advient de la responsabilité des élus.

 

TIME : Vous avez déclaré que les banques étaient encore en convalescence. Est-ce que vous pouvez nous éclairé davantage sur ce que cela signifie ?

 

Bernanke : Les banques ont été stabilisées. Elles ont réussi à lever beaucoup de capitaux, donc elles sont dans un bien meilleur état désormais. Elles prêtent, mais pas encore assez pour une reprise durable. Une des raisons majeures est qu'étant donné les pertes qu'elles ont subit et tout ce qui s'en est suivi, elles sont devenues très conservatrices à l'égard de ce qui reste une économie fragile. En tant que contrôleurs bancaires, la tâche nous est difficile. Nous avons clairement précisé aux banques que nous voulions qu'elles prêtent à des agents solvables. C'est dans l'intérêt des banques, dans l'intérêt de l'économie et les emprunteurs ont eux-mêmes intérêt à ce que les banques leur accordent des crédits. C'est parce que les banques ont accordé des crédits qui ne pouvaient pas être repayés que nous nous sommes retrouvés dans cette situation. Nous ne voulons plus que les banques fassent de mauvais prêts. Par conséquent, nous essayons de travailler avec les banques pour être certains qu'elles fassent le plus de prêts sains possible, qu'elles aient suffisamment de capitaux, qu'elles aient suffisamment de financements sur le court terme et que les régulateurs qui travaillent concurremment avec les banques ne les contraignent pas dans cet exercice de manière excessive. (...)

 

TIME : Est-ce que les banquiers gagnent trop d'argent ?

 

Bernanke : Je pense que les banquiers doivent reconnaître que le Gouvernement et les contribuables ont sauvé le système financier de l'effondrement absolu l'an dernier. En reconnaissant cela, ils devraient se regarder dans un miroir et décider qu'il serait peut-être préférable d'abaisser le niveau de leur rémunération, en considérant ce que le Gouvernement et les contribuables ont fait pour sauver le système.

 

TIME : Goldman Sachs and Morgan Stanley ont remboursé l'Etat, mais elles sont devenues des banques-portefeuilles, dirigées par la Fed d'une certaine manière. N'est-ce pas ?

 

Bernanke : Oui. Donc sur le long terme je pense que, si nous disposons des outils adéquats, nous pourrions nous débarrasser des institutions 'trop grandes pour sombrer' qui, je le pense, sont un énorme problème. Je veux être très clair sur ce point : les institutions 'too big to fail' sont un des problèmes majeurs auquel est confronté le pays et nous devons donc prendre des mesures pour supprimer ces institutions. (cf. La loi "too big to fail" approuvée par la Chambre des représentants le mercredi 2 décembre 2009 qui établit "une procédure méthodique pour démanteler toute institution financière importante en cas de faillite, de façon à éviter le recours à l'argent public.")

 

 TIME : Y'a t-il eu des jours où vous vous êtes réveillé et où vous avez pensé, A quoi n'ai-je pas encore pensé et que nous pourrions faire ?

 

Bernanke : Je crois que l'une des leçons à retenir de la Grande Dépression - ce qu'a démontré Franklin Roosevelt - lorsque l'orthodoxie échoue, il faut alors essayer de nouvelles choses. Et il était très entrain à essayer des mesures peu orthodoxes quand l'approche orthodoxe avait montré son inefficacité.

 

TIME, décembre 2009

Traduction: E.Malafa

Qui est Ben Bernanke

Ben Bernanke a été de nouveau nommé pour un second mandat à la tête de la Réserve Fédérale par le Président Obama cet été. Aux Etats-Unis, les nominations présidentielles aux postes fédéraux sont soumises à l'approbation du Sénat. Ici, c'est la Commission bancaire du Sénat qui est chargée de valider (ou non) la nomination de Bernanke. Elle a commencé ses audiences le 3 décembre 2009.

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...

 

 

 

 

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The Economist revient sur la liberté de la presse 


« L’Italie et la presse : Le musellement des messagers »


 L’hebdomadaire anglais revient sur la manifestation de journalistes et de citoyens du 3 octobre à Rome qui protestaient contre les méthodes oppressives  de Berlusconi sur la presse italienne.

 

Selon The Economist, ces manifestants « ont de bonnes raisons de s’inquiéter ».


En effet, l’on apprend que l’Italie est 73e sur 195 parmi les pays qui ont le plus de liberté concernant  la presse et des médias. Le journaliste relève avec étonnement que L’Italie est dépassé par un pays de l’Europe de l’est : La Bulgarie.


Ces manifestations et ces polémiques surviennent après que Berlusconi a installé un climat de petite « dictature ».

Ce dernier a ainsi demandé 1 million d’euros de dommages et intérêts au journal La republica qui avait publié un article sur la vie privée du président du conseil et notamment sur ses déboires politico-sexuels.


Le plus puissant d’Italie, rappelle le journal, exige même 2 millions d’euros au journal L’unita à cause de 5 articles sur le président, dont un qui abordait le contrôle excessif de Berlusconi sur les médias italiens.


Si jamais le président gagne le procès, ce serait une première, puisque L’unita serait obligé de mettre la clef sur la porte.


The Economist rappelle aussi la mainmise des médias par le  président du conseil :

Celui-ci détient 3 des 7 chaînes de télévision principales en plus de trois autres qui appartiennent à l’Etat et qui sont soumises à un parlement dominé par une majorité berlusconienne. Mais le journaliste précise, comme si cela n’était pas assez, que le président ou sa famille détient également le quotidien Il Giornale.


On y apprend également que des journalistes proches de Berlusconi ont été nommés pour réformer la nouvelle radio de la Rai, selon les principes gouvernementaux.


Enfin des journaux proches du premier ministre ont appelé leurs lecteurs à boycotter les autres médias estimés opposés à Berlusconi.


 Cela révèle une situation d’oppression journalistique au sein même d’un pays d’Europe de l’ouest. 

 The Economist conclut en soulignant que « jamais depuis le dictateur Mussolini, on avait vu un gouvernement Italien interférer de telle façon dans les médias.

Les journalistes ont toutes les raisons de protester pour une valeur fondamentale : La liberté de la presse. »


 


Traduction de The Economist, semaine du 6 octobre par D.Perrotin


 


 

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Condamner un enfant à la prison à perpétuité

Mineur et justiciable comme un adulte


 Les Etats-Unis pourraient être la seule nation au monde dans laquelle un enfant âgé de 13 ans peut être condamné à perpétuité sans possibilité de mise en liberté conditionnelle, même lorsque celui-ci n'a pas commis de meurtre.


Cette sombre distinction devrait perturber plus d'un Américain, à l'instar de toutes ces politiques répressives à l'égard des enfants qui existent dans ce pays alors que la plupart du reste du monde les a abandonnées.

En ce lundi 9 novembre, la Cour Suprême doit se référer aux normes internationales quand elle écoutera les prétentions des parties dans les affaires Graham v. Florida et Sullivan v. Florida.

Dans ces deux affaires, les requérants estiment que le fait de condamner un enfant à perpétuité, sans possibilité de mise en liberté conditionnelle pour un crime autre qu'un homicide, viole le Huitième Amendement de la Constitution qui interdit les châtiments cruels ou exceptionnels.

En matière de droit des enfants, la Cour Suprême a statué dans la bonne direction en 2005 (décision Roper v. Simmons) quand elle a décidé qu'un enfant qui avait commis un meurtre avant l'âge de 18 ans ne pouvait être condamné à mort.

La décision avait souligné le fait que les mineurs sont considérés moins coupables parce que ce sont des personnes vulnérables à la pression qui manquent de maturité et dont les personnalités sont encore en construction. En s'exprimant pour la majorité de la Cour (les juges de la CS qui se sont exprimés en faveur de cette décision), le juge Anthony Kennedy expliqua que l'exécution d'adolescents de 16 et 17 ans violait le Huitième Amendement en invoquant une "évolution dans l'appréciation de la décence".

En effet, une telle pratique isolerait les Etats-Unis du reste du monde.

La décision Roper de 2005 a éloigné les mineurs du couloir de la mort. Elle a également mis en lumière la pratique croissante à travers les Etats-Unis qui consiste à ce que davantage de mineurs soient jugés dans des cours criminelles pour adultes puis condamnés à servir leurs peines dans des prisons pour adultes, bien souvent pour des crimes non-violents.

Cette pratique est d'autant plus perturbante qu'il s'agit d'une pratique arbitraire. Des enfants qui commettent des crimes non-violents comme des vols ou des cambriolages peuvent être envoyés dans des cours réservées aux adultes, au même titre qu'un enfant qui auraient commis des crimes particulièrement violents.

Ce procédé est encore plus discutable quand on s'aperçoit que les enfants noirs ou hispaniques sont davantage susceptibles d'être jugés devant les cours pour adultes que des enfants blancs qui ont commis des crimes comparables.

Faire juger de plus en plus de mineurs comme des adultes est une pratique qui a commencé dans les années 80 quand le pays fut envahi par la peur quasi-hystérique d'une vague de crimes juvéniles qui ne s'est, en réalité, jamais matérialisée.

Joe Sullivan, le requérant dans l'affaire Sullivan v. Florida, a été condamné à perpétuité sans possibilité de mise en liberté conditionnelle en 1989 - alors âgé de 13 ans - après avoir été reconnu coupable de viol et autres sévices sexuelles.

Ses deux complices, plus âgés, ont témoigné contre lui, le plus jeune, un garçon déficient mentalement. Ils ont écopés de sanctions moins lourdes, l'un d'entre eux ayant été jugé en tant que mineur.

Le cas de Terrance Graham est assez similaire.

Enfant aux difficultés scolaires - né de parents toxicomanes - Mr. Graham était placé en liberté surveillée (pour avoir commis un cambriolage quand il avait 16 ans) quand il a réitéré son crime, cette fois-ci, il était armé. Ses complices étaient également plus âgés que lui. Il n'a jamais été jugé pour son deuxième crime. Toutefois, il a été condamné à l'emprisonnement à vie sans possibilité de mise en liberté conditionnelle pour avoir violé les conditions de sa liberté surveillée.

Ces deux enfants, en très grande difficulté, avaient besoin de la supervision d'adultes responsables et peut-être même avaient-ils besoin de passer du temps derrière les barreaux. Il est tout de même insupportable d'aboutir à la conclusion, à laquelle sont parvenus les juges, qu'un enfant ne peut pas être réhabilité quand il a commis des crimes alors qu'il était si jeune.

Les lois au nom desquelles M. Sullivan et M. Graham ont été condamnés enfreignent les Droits de l'Homme et la Constitution. 


Editorial non signé, 9 novembre 2009, New York Times

Traduction: E.Malafa

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Montée de l'extrême droite en Angleterre

Pourquoi les électeurs britanniques désabusés deviennent sectaires ? Par Catherine Mayer à Londres.


Jeudi dernier, en deuxième partie de soirée, 7,9 millions de britanniques étaient devant leurs postes pour suivre l'émission politique hebdomadaire de la BBC, soit le triple des audiences habituelles et près de 50% de part de marché pour le créneau de 22h35.

Ils ont été attirés comme des papillons de nuit par une polémique suscitée par la décision de la BBC d'inviter Nick Griffin, le leader du parti extrémiste British National Party. "Je ne suis pas un partisan du BNP", me disait un chauffeur de taxi en se retournant vers moi pour être sûr que je lui accordais toute mon attention. "


Mais au moins, le BNP parle de ce qui ne va pas dans le pays: les dispenses spéciales accordées aux minorités. Personne ne parle pour les personnes comme moi." Rencontrer des chauffeurs de taxi désabusés par la situation politique n'a rien d'inhabituel à Londres.


Ce sentiment d'injustice est largement propagé au Royaume-Uni, surtout parmi la classe ouvrière blanche, qui croit être en compétition avec les immigrés et/ou les minorités sur un marché du travail limité par la conjoncture économique mais aussi en matière d'aides sociales.

Ils estiment que la classe politique accorde des différences de traitement en faveur de ces groupes. Lors des élections au Parlement européen en juin dernier, la colère de ces électeurs a permis au BNP de réaliser son meilleur score, toute élection confondue.


Le parti raciste a récolté près d'un million de voix et a gagné deux sièges au Parlement.

Compte tenu de ces résultats significatifs, la BBC invita Griffin pour 'Question Time'. "Question Time est une occasion pour le public de mettre à l'épreuve les responsables politiques. C'est pour cela qu'il est important qu'il puisse parfois être en mesure d'écouter et d'interroger les responsables politiques, qu'ils soient issus d'une formation marginale ou des grands partis," a écrit Mark Thompson, le directeur général de la BBC, dans une exégèse sur la politique de la BBC publiée dans le Guardian, la veille de la diffusion du programme.


Le secrétaire à l'intérieur britannique (ministre de l'intérieur), Alan Johnson, désapprouve fortement cette décision. Une semaine avant l'intervention de Griffin sur Question Time, Johnson, alors invité sur le plateau, avait estimé que l'invitation "accorde une légitimité (au BNP) qu'ils ne méritent pas". Il est encore trop tôt pour vérifier les dires de Johnson.

En 1984, lorsque Jean-Marie Le Pen avait fait sa première apparition dans une émission grand public en France, son parti, le Front National, en a bénéficié puisqu'il réalisa un score important lors des scrutins qui suivirent. L'intervention de Griffin ne semble pas lui avoir apporté de nouveaux sympathisants, au contraire, elle lui a même fait peut-être perdre des voix. Certains téléspectateurs ont pu être interloqués quand Griffin révéla qu'il avait partagé une tribune avec le leader du Ku Klux Klan, David Duke et, ils furent encore moins rassurés quand Griffin affirma, de manière assez risible, que le KKK était "presque totalement non-violent."


Griffin s'est ensuite engagé dans une diatribe contre les homosexuels en exprimant sa répugnance lorsqu'il voit deux hommes s'embrasser dans la rue.

Dans le public, une intervenante lesbienne lui a rétorqué que "le sentiment de répulsion était partagé." Elle a parlé au nom d'une grande partie de la population britannique qui n'aurait jamais voté pour le BNP de toute manière.


Toutefois, pour certains britanniques, ceux vivant dans des zones plus démunies, une partie du message envoyé par le BNP leur parle: le fait qu' "ils soient exclus dans leur propre pays", comme a pu le dire Griffin.


En perte de repères, ces téléspectateurs peuvent avoir retenu une leçon bien différente ce jeudi. Ils ont vu Griffin s'accrocher à ses idées pendant que la classe politique dirigeante l'attaque et le dénigre à l'unisson.


Cependant, la classe politique britannique a vu son autorité ébranlée par des querelles qui exaspèrent l'opinion et une réputation ternie par le scandale des notes de frais à Westminster. Dans ce contexte, leurs attaques communes, adressées à l'encontre de Griffin, peuvent apparaître aux yeux de certains comme une conspiration de l'establishment, en vue de garder ses intérêts propres, contre l'outsider.


 Question Time s'est renfermée dans un débat autour de Question Time.

Le vrai débat n'est pas de savoir si Griffin et associés ont le droit de participer à une émission grand public sur une chaîne financée par l'Etat.


Le problème fondamental est de savoir comment les grands partis peuvent se réconcilier avec l'électorat et calmer leurs exaspérations. En vue des élections parlementaires qui devraient se tenir avant le mois de juin 2010, les stratèges des partis seraient peut-être tentés d'emprunter au BNP quelques formules rhétoriques en matière d'immigration et d'intégration, notamment.


 Dénoncer l'immigration et le modèle d'intégration britannique assure souvent le ralliement des électeurs de l'extrême droite.

Mais exploiter le mécontentement des électeurs peut aussi l'accroître. En attendant que les grands partis réussissent à retrouver la confiance et le respect des électeurs, les courants marginaux continueront de gagner du terrain. En somme, cela peut être de bon augure pour les audiences de la BBC, mais de tristes nouvelles pour la démocratie britannique.



TIME, 23 octobre 2009 traduit par E.Malafa

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La Fin du massacre des Tamouls ?

19/05/09


Il semble bien que la longue guerre qui oppose l’armée sri lankaise aux Tigres de Libération de l’Elam Tamoul (L.T.T.E) tire à sa fin.

Notamment parce que le 18/05 le gouvernement annonçait la mort du chef incontesté des Tigres tamouls, Velupillaï Prabhakara. 


Mais pour comprendre ce conflit, il faut remonter loin dans le passé. 


En effet, depuis la décolonisation du Sri Lanka, en février 1948, des tensions sociales et ethniques opposent régulièrement les Cinghalais bouddhistes (74% de la population et au pouvoir) aux Tamouls hindous (12,5%). 


La L.T.T.E  réclame depuis 1976 pour le peuple Tamoul, l’autonomie d’une région littorale du nord-est du pays, qu’a toujours refusé d’accorder le gouvernement sri lankais. 

C’est en 1983, que la guerre civile explose. Le gouvernement est accusé de pogroms et de répression sanglante envers le peuple Tamouls qui fuit le pays massivement. 

Le 21 mai 1991, les rebelles Tamouls (LTTE) assassinent le Premier ministre indien. Et c’est le 1 mai 1993 qu’ils tueront le président sri lankais Ransinghe Premadasa.

On assiste donc à un affrontement terrible entre deux pouvoirs prêts à tout pour défendre leurs intérêts, et qui n’hésitent pas à prendre en otage les civils.

D’un côté, les rebelles Tamouls, que l’on surnomme "les tigres", revendiquent l’autonomie du nord-est du pays. Mais les crimes qui leur sont reprochés sont nombreux : enrôlement d’enfants soldats, utilisation de civils comme boucliers humains et attentats suicide.

Il ne faut cependant pas ignorer qu’une partie de la population Tamouls renie la tactique des Tigres. 

Et de l’autre côté, il y a le gouvernement sri lankais, qui n’hésite pas à employer des méthodes de guerre (utilisation de bombes à phosphore blanc interdites par la convention de Genève) pour mettre fin aux exactions « terroristes », mais aussi à tuer des milliers de civils Tamouls. 


Depuis 2005 et l’élection au pouvoir du cinghalais M. Rajapakse, partisan de la guerre à outrance, l’affrontement se fait plus dur. En 2007, l’armée a fait reculer petit à petit les Tigres rebelles, mais en tuant ou en faisant fuir dans le même temps, des millions de civils.


C’est pourquoi, le 29 janvier 2009, la communauté internationale a sommé l’armée et les Tigres d’épargner les quelques 200 000 civils tamouls pris au piège des combats dans le nord-est, où des centaines d’habitants ont été tués en un mois. 


Nous pouvons donc nous réjouir de la fin annoncée du conflit. Mais il ne faut cependant pas oublier les 70 000 morts que le pays déplore depuis ces 37 années de conflits. Ainsi que les 6500 tamouls tués principalement par l’armée sri lankaise depuis qu’elle a décidé l’assaut final en 2009 contre les rebelles. 

Les critiques ne se sont d’ailleurs pas fait attendre contre le gouvernement sri lankais qui est responsable pour certains d’un massacre contre les civils Tamouls. Alors qu’ils prétextaient vouloir éradiquer la mouvance rebelle.

 L’union européenne parle de sanction commerciale, tandis que la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, parle de retarder l’octroi au Sri lanka, d’un prêt de 1,9 milliard du F.M.I. 


Bien que le conflit semble s’achever, le pays mettra certainement très longtemps à résoudre les tensions qui perdurent entre ces deux peuples. Surtout si le gouvernement persiste à nier le massacre Tamoul. 


D.Perrotin


 

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"Traité de Lisbonne: un acte anti-démocratique"

Critique sur la nomination du nouveau Président du Conseil européen

Un président de l'Europe ? Quand l'a-t-on demandé ? Qui sera-t-il ?

Qui émergera en tant que Président de l'Europe, le plus grand de tous les fromages, l'homme qui claquera des doigts et balancera "Yo, Obama" ? Une chose certaine à propos du nouveau président de l'Union Européenne, qui sera nommé lors d'un dîner privé à Bruxelles : nous n'aurons aucun mot à dire.

Barack Obama a été élu à la présidence de 300 millions d'Américains après une campagne électorale marquée, tout au long de l'année dernière, par une série de primaires et de caucus exhaustive et fatigante. A l'issue de cette campagne, les Américains savaient exactement ce qu'il allait en advenir.

L'homme qui sera le président de quelques 500 millions d'européens, lui, sera sélectionné, ce soir (jeudi 19 novembre 2009), lors d'un dîner privé à Bruxelles. Dans un style bien typique de l'UE, le dîner sera accompagné de négociations et de compromis informels. D'autres postes sont également en jeu, notamment celui de ministre des affaires étrangères de l'Union européenne.

L'équilibre doit être strictement respecté : si un poste revient à un grand pays, un autre ira à un plus petit.

Si l'Europe de l'Ouest récolte un prix, l'Europe de l'Est en réclamera un, à son tour. Si un Démocrate chrétien gagne un bonbon, un Socialiste peut s'attendre à en recevoir un également.

Et en effet, il y a des bonbons en jeu : à part le fait que leur salaire de près d'un quart de million de livres sera exonéré d'impôts, ils disposeront d'un staff de vingt personnes, une indemnité de résidence, une autre pour les loisirs, un chauffeur et une pension à vie. Pas étonnant que ce vieux freebiemeister (un leader qui ne l'est pas réellement) de Tony Blair était si intéressé par le poste, même s'il est désormais hors de course.

Dans un sens, celui qui sera le titulaire du poste importe moins que l'existence même d'une telle fonction.

Quand est-ce que vous avez voté pour créer un Président de l'Europe ? Quand est-ce que vous avez voté pour que l'Union se dote d'un ministre des affaires étrangères, d'ambassades à l'étranger, d'un corps diplomatique ? Quand est-ce que vous avez voté pour mettre en oeuvre un système pénal pan-européen accompagné de la création d'un procureur européen ?

Toutes ces dispositions figurent dans le Traité de Lisbone qui entrera en vigueur dans dix jours. Cependant, malgré le fait que les trois grands partis britanniques aient promis la tenue d'un référendum sur le traité, nous n'en avons jamais eu un.

Tout cela est bien approprié : une nomination antidémocratique à une fonction antidémocratique créée par un traité antidémocratique.

  The telegraph, Daniel Hannan, jeudi 19 novembre 2009

 

NDLR : Daniel Hannan est un député européen conservateur représentant la région du Sud-est de l'Angleterre et qui tient un blog sur le site du Telegraph. http://blogs.telegraph.co.uk/news/author/danielhannan/ Depuis la publication de cet article, Herman Van Rompuy, Premier Ministre belge jusque là relativement inconnu en dehors des frontières belges, a été nommé Président du Conseil européen dont le mandat est de deux ans et demi, renouvelable une fois. Tandis que Lady Ashton, paire travailliste à la Chambre des Lords (qui n'a jamais été une élue) et commissaire européenne intérimaire représentant le Royaume-Uni, sera désormais la haute Représentante de l'Union pendant cinq ans.

 

Traduction par E.Malafa