1er hebdomadaire du net indépendant
L'espionnage social
Facebook, ce nouveau moyen de communication et surtout de socialisation est considéré comme une véritable révolution dans le domaine du fameux web 2.0.
En effet, Il n'y a, à priori, rien de très alarmant dans l'idée que l'on puisse regrouper ses amis sur internet, discuter avec eux, échanger des photos, des idées, divulguer des informations... Pour la plupart, le fond de la chose n'est pas plus innovant qu'un blog. Mais la concentration des services proposés et l'évolution permanente des applications fait de Facebook un des premiers sites sociaux au monde.
Cependant, tant sur l'aspect du site que sur le fond de la structure, Facebook est une innovation du web à la fois malsaine et dangereuse.
D'abord sur la forme, le site propose aux gens de réunir leurs propres amis, et surtout de rechercher n'importe qui, du petit copain de CP, au camarade de colonie de vacances avec une facilité déconcertante.
Certes, cela est tentant et apparaît comme étant tout à fait réjouissant. Mais le site n'est pourtant pas destiné à ces personnes. Il y a un décalage entre la relation que l'on peut nouer avec des anciennes connaissances qui est, de facto, tout à fait artificielle et le site qui propose une vitrine de sa personne destinée à de réels amis. Que ce soit son opinion politique, ses préférences sexuelles, ses photos, ses ressentis... De simples connaissances ne sont pas censées les savoir.
Ensuite, tous les utilisateurs de Facebook peuvent voir combien d'amis ont leurs propres amis.
Exemple: Sur ma page d'accueil il y a marqué que j'ai accepté X nombre d'amis. N'importe qui de mes "amis" peut donc savoir combien j'en ai accepté et inversement.
Cette application paraît futile. Mais c'est pourtant une logique concurrentielle qui pousse tout le monde, et notamment les plus jeunes à vouloir accepter n'importe qui sur sa page, pour rivaliser avec ses autres amis. Je paraîtrais ridicule d'avoir seulement 50 amis alors que mon meilleur ami en a 300.
De fait, si l'on accepte n'importe qui pour faire du chiffre, alors n'importe qui a accès à des informations très personnelles. Et ce n'est ni la naïveté de certains jeunes, ni la compétition qui existe entre les adolescents, qui va empêcher l'idée qu'il faille avoir toujours plus d'amis.
Cette application, qui montre le nombre d'amis que l'on a, consacre en quelque sorte l'existence du jeune. J'ai tant d'amis, cela signifie que j'ai beaucoup de gens qui m'aiment, qui tiennent à moi, et donc que j'existe à travers les autres. Tout comme le blog, avec le nombre de commentaires que l'on voulait toujours plus importants, l'individu croit exister à travers un nombre.
Les utilisateurs de Facebook ne réalisent pas non plus l'importance des informations sur les autres qui leur sont proposées et du côté malsain que cela constitue.
Evidemment, le fait de pouvoir divulguer des photos à tous ses amis participe également à cette logique compétitive qui incite tout le monde à mettre toujours plus de photos. Mais cela est aussi créateur de tensions qui n'aurait pas eu lieu sans cet "outil révolutionnaire".
En effet, désormais, l'on peut tout savoir sur n'importe qui de ses soi-disant amis sans qu'ils sachent que l'on sait.
En clair, je peux exercer mes pulsions voyeuristes en toute impunité, sans que l'on me découvre.
Outre le côté voyeur que cela suppose, l'utilisateur a accès à une information qui auparavant ne lui était pas permise.
Exemple: Si j'entretiens une relation amoureuse avec une amie depuis 5 jours, je vais sur Facebook et je regarde l'ensemble de son album photo. Pas de chance pour moi, toute sa vie avant moi m'est accessible. Je découvre son ex-petit ami, sa famille, ses amis... Cela est évidemment créateur de tensions: une jalousie s'empare de moi. Pourtant, je ne vais pas lui reprocher d'avoir eu une vie avant moi. Mais le site m'impose de découvrir la vie de ma petite amie qui me précède, ses soirées avec son ancien copain... alors que sans cela je n'aurais jamais rien su.
Plus grave encore, la frontière entre vie privée et vie publique est totalement balayée.
Facebook donne la possibilité d'étaler sa vie privée à ses "amis Facebook", autant dire au public. Depuis quand exhibe-t-on sa préférence sexuelle, religieuse, politique, ses photos où l'on est saoul à une soirée? Celle ou l'on fume un joint avec ses amis? Les frontières de l'intimité sont totalement repoussées. Je peux voir le questionnaire des positions sexuelles préférées de "mes amis", ils peuvent calculer leur compatibilité sexuelle avec moi. Des informations sont donc proposées à des gens qui ne devraient pas la savoir. La part de mystère individuel est repoussée, la logique est de dire toujours plus aux plus de gens possible.
Mais Facebook est tout récent, et l'on découvre seulement maintenant, quelques personnes qui subissent le fait de "se montrer". Certaines sont licenciées pour avoir publié une photo déguisée avec un verre d'alcool, alors qu'elles étaient censées être malades. D'autres sont tout simplement refusé à un poste d'embauche, pour avoir assumé leur opinion politique.
L'intimité n'a plus sa place, le but étant de se dévoiler, d'attirer, de séduire à tout prix. Et cela, fait naître incontestablement des rivalités entre couple, entre amis, entre employé-employeur. Ce moyen de communication est aussi un moyen efficace de répression, de surveillance et de traçabilité.
En effet, c'est un véritable espace d'espionnage social. Tant pour les personnes entre elles, que pour les employeurs qui recrutent, ou les sociétés. Les gens dévoilent sans limites leur vie privée, alors que l'on sait aujourd'hui que les administrateurs conservent la totalité des informations dans leur base de données, et qu'ils peuvent les revendre.
Mais comment résister à l'envie de plaire et de divulguer pour pouvoir recevoir encore plus d'informations sur les autres? L'exemple marquant est l'enquête de la revue Tiger qui révèle la dangerosité des informations laissées sur ces plateformes.
Enfin, les gens sont infantilisés de toutes parts. La facilité d'y créer un compte, les jeux et applications que l'on y propose et enfin l'impossibilité de quitter réellement le site sans de multiples sollicitations pour y rester, font de ces utilisateurs de véritables enfants. Ils deviennent addicts et contraints de vouloir savoir toujours plus de choses sur leur entourage.
Exhibition, voyeurisme, et infantilisation: voilà ce que propose Facebook.
Bien sûr, il est du ressort de chaque personne de ne pas s'inscrire sur ces réseaux, mais encore faut-il pouvoir reconnaître les travers de l'outil pour pouvoir les refuser.
D.Perrotin
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...
La Burka : Un phénomène minoritaire ?
4/08/09
En Juin 2009, une soixantaine de députés emmenés par le député PCF André Gérin réclamaient la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire sur le port de la burka en France.
Il n’en fallait pas plus pour relancer l’émotion que l’on venait tout juste de quitter après que la loi sur le voile ait été votée en 2004.
Acturevue aurait pu immédiatement, comme des dizaines de journalistes, de blogueurs, d’hommes politiques, se prononcer sur cette commission et sur l’éventuelle loi qui allait en sortir.
Mais que cela aurait-il signifié ?
Il était franchement risible de voir certains journalistes comme Christophe Barbier (rédacteur en chef de l'Express) ou bien d’autres encore, commenter les faits, donner leur point de vue sur une question de société dont les informations sont encore aujourd’hui tout à fait parcellaires.
En effet, ni moi, ni personne, ne savions l’ampleur du phénomène.
Combien de porteuses de burka existe-t-il en France ? Quelles seraient les modalités des textes pouvant émaner de cette commission ? Quel serait le sujet qu’elle allait aborder, alors même que l’on venait tout juste de voter une loi interdisant, entre autres, le port du voile à l’école ?
Mais au-delà du ridicule emballement médiatique que cette commission suscite, on redécouvre aujourd’hui l’éternelle ambiguité des relations entre la France et le monde musulman. Certains ne se privent pas de mêler à la burka, les noms "d’islamistes", d’"al-quaïda", d’"Iran" (oubliant aussi de rappeler que le port de la burka concerne une minorité afghanne et non musulmane). Et ont ainsi créé l’amalgame le plus propice à convaincre les moins informés sur le sujet.
Pourtant les chiffres sont tombés...
Selon la Direction Centrale du Renseignement Intérieur, 367 femmes porteraient la burka en France, ou une autre forme de voile intégral. Elles auraient toutes moins de 30 ans et la porteraient pour la plupart, volontairement.
La surprise de ce chiffre devrait, à elle seule faire réfléchir tous ces députés qui voulaient faire de ce phénomène minoritaire, un problème général de société.
Cela n’a pas empêché André Gérin de contester la véracité des chiffres de la police. Tout comme Christophe Barbier qui, argument de « taille » à l’appui, prétend qu’ils sont faux car selon lui… « Il suffit de descendre dans les rues de certains quartiers pour se rendre compte que beaucoup plus de femmes musulmanes portent un voile intégral ».
Ce dernier poursuit en déclarant qu’il n’y a pas « de port innocent de la burka ». Ah bon ? Alors que faut-il penser du voile des religieuses catholiques ?
Enfin, C. Barbier s’interroge : « Est-on sûr que la plupart d’entre-elles ne le portent pas contre leur gré ? »
Mais, Monsieur Barbier, est-on sûr qu’aucune d’entre elles n’aient pas choisi de porter le voile, comme d’autres choisiraient de porter le voile catholique ?
Pourquoi la soumission à Dieu de certains musulmans est immédiatement assimilable au fanatisme?
Quand cela ne l’est pas pour ceux qui intègrent des monastères, ou jurent de ne jamais avoir de relations sexuelles … La soumission à Dieu paraît logique et peu critiquable concernant certains (catholiques de préférence), mais répugnante pour d’autres.
Il est évident que pour certaines femmes, le port du voile intégral n’est pas volontaire et est imposé par un parent ou un membre de la famille. Mais il est aussi évident qu’une loi interdisant le port de ce voile ne règlera sûrement pas ce phénomène « ultra-minoritaire ».
L’histoire nous a trop enseigné qu’imposer ses valeurs par des lois ou pire encore n’a pas toujours eu la portée espérée.
Interdire le port de la burka…
C’est stigmatiser encore une fois de plus les musulmans.
C’est prendre le risque que celles qui portent ce voile intégral par contrainte se voient tout simplement obligées de rester cloîtrées chez elles.
Si la burka est véritablement le symbole d’un fanatisme, c’est autrement qu’il faut poser le problème et apporter des solutions.
L’interdire, c’est donner le moyen à une minorité radicale d’aller plus loin encore pour opprimer la femme, et d’associer véritablement au voile, le symbole d’une résistance à l’occidentalisme.
Il est surprenant de constater qu’il faille encore et toujours légiférer alors que la question aurait dû être réglée par la loi sur le voile. Aujourd’hui, aucune petite fille n’est censée mettre le voile sous contrainte.
Si tel est le cas, cela se passe dans l’indiscrétion de tous. Une loi est donc inutile, et ne saurait qu’être une provocation de plus envers la communauté musulmane.
Légiférer sur la tenue vestimentaire des adultes musulmanes (bien qu’il ne soit pas inscrit dans le coran qu’il faille porter une burka) paraît totalement absurde. Prétendre, parce que l’on vit en France, qu'il faut respecter les codes vestimentaires et culturels de ce pays l’est tout autant.
Quel est la tenue du parfait petit français ? Est-ce dire qu’il est plus légitime de se soumettre à la loi du jean-string-bikini ?
Une loi de ce genre n’aurait donc pas forcément de sens, et pourrait avoir un résultat dont personne ne souhaite déplorer les effets.
Protéger ces femmes victimes des fondamentalistes paraît primordial. Mais n’allons pas croire que les signataires du texte d’André Gérin se soucient véritablement du sort de ces « musulmanes ».
Le travail de certaines associations, le dialogue avec elles et leur écoute, a parfois beaucoup plus de sens et de portée qu’une loi qui ne saurait, qu’une fois encore, confondre les musulmans et les islamistes tout en marginalisant un peu plus cette religion.
D.Perrotin
Une sombre pensée scolaire...
04/09/09
Les vacances se terminent.
Difficile alors de ne pas songer à la rentrée scolaire et à ces milliers de jeunes qui vont découvrir leur nouvel emploi du temps, leurs nouvelles matières et leurs nouveaux professeurs.
Pourtant, c'est avec peu d'enthousiasme que l'on peut appréhender cette nouvelle année qui sera marquée, une fois encore, par des suppressions de postes.
En effet, au menu de cette année 2009, est prévu dans l'éducation nationale:
Bien sûr cette liste, qui n'annonce rien d'autre que l'acharnement d'un gouvernement à appauvrir l'éducation pour renflouer les caisses de l'Etat, n'est pas exhaustive.
Envisager uniquement l'élève en terme de « coût », telle est la devise gouvernementale
En effet, comment penser un instant que ces décisions auraient pour but d'améliorer la scolarité des jeunes français? Qui peut réellement donner du crédit à des personnes qui font disparaître l'accompagnement des handicapés ou des élèves en grande difficulté (RASED) en milieu scolaire?
FOU !
C'est ce que l'on croit être lorsque l'on compare le discours du Président le 22 juin devant le Congrès de Versailles, et la réalité des réformes promises ou tenues par Darcos puis maintenant Luc Chatel.
Sarkozy assurait que c'est « Quand on perd la trace des enfants en difficulté qui se trouvent de facto exclus du système scolaire avant d'avoir achevé leur scolarité obligatoire parce qu'on a pas de structure adaptée pour eux , on ne fait pas des économies. On prépare une augmentation considérable des dépenses futures parce que l'on paiera très cher le coût de cette désocialisation. ». Prose digne d'un étudiant en plein blocage de son établissement.
Mais voilà que la réalité est tout autre
Face à ce discours hypocrite, il y a les faits. Des suppressions qui n'en finissent pas, un plan banlieue dont on ose à peine évoquer le nom tant il est dérisoire (voir « dossier du mois » sur le plan banlieue). Lorsqu'il s'agit d'investir pour équiper les établissements de caméras , de portiques de sécurité et autres outils sécuritaires, les ministres et leur portefeuille répondent présents. Mais pour ce qui est des éducateurs et des enseignants de moins en moins nombreux, l'on prétexte qu'il faut faire des économies.
Il y aura toujours des gens pour dire que l'éducation va mal, que c'est ancré et que le nombre d'enseignants n'y pourra rien.
Alors proposons à ces mêmes personnes de vérifier par eux-mêmes. Qu'ils aillent constater qu'une classe d'anglais à 15 est beaucoup plus productive (pour parler en des termes que le gouvernement affectionne tant) et efficace qu'à 32.
Il y a parfois des évidences qui valent la peine d'être rappelées
Dire que la politique de l'éducation actuelle fonce droit dans le mur en est une. Une fois que ces réformes seront mises en oeuvre et une fois que le gouvernement se félicitera des sous qu'il a pu économiser, que se passera-t-il?
Ce même gouvernement aura à déplorer l'augmentation du nombre d'élèves déscolarisés. Celle des élèves en difficultés, ou des familles contraintes de payer toujours plus pour pallier les difficultés de leur progéniture.
Ce jour là, il sera trop tard. Et ce jour là, le gouvernement devra dire: « l'éducation coûte trop cher ».
D.Perrotin
Des policiers honteux
16/07/09
Cliquez ici ->Vidéo des violences policières à Montreuil
Montreuil, 13 juillet 2009
Alors que beaucoup s'apprêtent à commémorer les célébrations de la fête nationale, d'autres se réunissent pour protester. Contre quoi? Contre les violences policières toujours plus intenses et en particulier contre la dernière bavure au Flash-Ball.
En effet, suite à l'expulsion de résidents d'un immeuble (nommé "la clinique") à Montreuil, ces derniers ont décidés de le squatter collectivement, soutenus pas les habitants du quartier.
La Clinique, en référence aux expériences venues d’Italie, avait pris la forme d’un "centro sociale" à la française : logements, projections de films, journal, défenses des sans papiers, repas…Pourtant la police est intervenue plusieurs fois pour les déloger. Et peut-être une fois de trop le mercredi 8 juillet lorsqu'ils ont crevé l'oeil de Joachim Gatti (cameraman de 34 ans) par les tirs de Flash-ball.
Tous les témoins de la manifestations constatent, indignés, que les policiers ont tiré toujours au-dessus de la ceinture, parfois en pleine tête.Joachim, petit-fils du dramaturge André Gatti, a 3 fractures au visage, le globe oculaire fendu en deux, la paupière arrachée.
Le Flash-ball comme le Tazer, reste une arme inoffensive pour les autorités. Pourtant, ce manifestant est le cinquième à avoir perdu son oeil à la suite d'un tir de Flashball, depuis le début de l'année. Sans parler du nombre de décès avérés dans le monde, après des charges du célèbre pistolet électrique.
La vidéo parle, hélas, d'elle-même.
Que dire, face au ridicule des C.R.S qui courent encore et toujours? Mais derrière qui courent-ils? De simples gens réunis pour exprimer une solidarité. D'abord pour des gens expulsés (le 8 juillet). Ensuite pour défendre le droit à manifester librement (le 13 juillet). Sans sacrifice, sans crainte ni violence.
Pourquoi ne pas s'interroger sur les droits de ces hommes cagoulés, armés jusqu'aux dents, dont on oublie parfois qu'ils sont censés nous protéger.
Faut-il rappeler que ces C.R.S qui crèvent des yeux, sont ceux-là mêmes qui interdisent les drapeaux du Tibet lors des manifestations anti-J.O, n'hésitant pas à mettre à terre ceux qui les portaient. Il est évident qu'il ne faut pas généraliser le phénomène et qu'ils répondent aux instructions du gouvernement. Mais au même titre que l'on vote des lois pour une minorité de casseurs au sein des manifestations, que l'on interdit le port de la cagoule pour une minorité de radicaux.
Pourquoi ne pas se poser certaines questions sur cette minorité de policiers honteux?
D.Perrotin
Crash AF 447: L'indécence des médias
Le 1er juin 2009 disparaissait un avion d’Air France. La dépêche AFP était courte : « Air France précise que le vol AF 447, qui avait quitté Rio lundi 19h locales devait atterrir ce lundi à 11h15 à Roissy CDG, avait à son bord 216 passagers et 12 membres d’équipage. On n’est sans nouvelles de ce vol depuis 4h20 lundi matin».
Pourtant, les journalistes depuis la nouvelle triomphent. Triomphent dans leur activité favorite : Deviner des informations à partir de rien, et capter le spectateur en proposant la pire des catastrophes à imaginer.
Comment faire de l’info sans info ?
Avec un avion qui se crashe: même sans avion, même sans crash. Mais rien ne les arrête, c’est du pain béni pour ces médias avides d’images sensationnalistes.
En effet, les différentes chaînes d’informations prennent la chose au sérieux. BFM TV installe un direct censé suivre les moindres évolutions de l’affaire. Mais comme il n’y a pas d’évolution, on propose des images de décollages d’avions, on interroge le directeur du musée de l’aviation (Oui, tous les autres invités experts étaient déjà pris sur les autres chaînes). Les premiers mots des reporters sur I télé, TF1 ne varient pas : « Écoutez nous ne savons toujours presque rien pour le moment »…
Ils n’ont pourtant pas pensé qu’il était préférable de se taire. Les journalistes vont donc combler le rien avec le tout. C’est à dire avec le président. « Le président a déclaré que toutes les administrations devaient faire le nécessaire pour retrouver l’avion et d’éventuels survivants ». Oui ! c’est important de le préciser, c’est une information capitale. Certains à l’esprit mal placé auraient pu croire que le président avait demandé de ne rien faire.
Une imagination sans limite.
Dans l’après-midi, les médias n’ont plus grand chose à dire pour attirer l’attention. La liste des passagers étant répétée sans cesse et le fait que personne ne sache rien, aussi. Ils ont donc trouvé le moyen d’exposer quelques familles qui « auraient dû prendre ce vol » mais qui « par chance ne l’ont pas pris ». Vous pouvez également retrouver un témoignage dans les colonnes du parisien, de plusieurs passagers ayant échappé au destin tragique. Comme un analyste financier au passeport périmé qui n’a pas pu prendre l’A 330.
Tandis que la couverture de tous les journaux (Ouest France, le Parisien, Nice matin…) exhibe les familles en pleurs dans l’attente d’une information ( eux attendent une vraie information).
On est donc au summum de l’indécence.
Où est l’information ?
Montrer des gens qui ont eu de la chance, essayer des faire des hypothèses, appeler les experts, les physiciens pour parler de l’orage, les ingénieurs pour parler des avions. En réalité, la pire des choses pour un journaliste, c’est d’avoir une information à dire, sans faits concrets à l’appui. Alors, lorsque ce fléau les touche, ils sont capables de tout et même de raconter n’importe quoi.
Le début de la contre information.
Les différentes radios s’arrachent les experts restant, Bourdin sur BFM précise qu’il faut être prudent car « l’on ne sait rien », mais enchaîne, comme tous les autres, sur les circonstances éventuelles de l’accident. Toutes les radios ont également le même Leitmotiv : « Pensez-vous que cela puisse être un attentat ? ».
Oui, une belle explosion, quoi de mieux pour les journalistes ?
Mais c’est sur RTL que débutait la contre information, lorsqu’un personnel de l’aviation prétend que l’avion était trop loin des côtes pour pouvoir lancer un signal de détresse. Alors qu’au même moment sur RFM, le directeur de l’aviation civil déclarait qu’ils auraient pu à n’importe quel moment lancer un signal.
Les journalistes n’ont donc peur de rien. Imaginer le pire des accidents. Et le raconter de façon sordide dans les médias, en ignorant le mal que cela peut faire.
Depuis la disparition de l’avion, nous assistons à tout sauf à l’essence même du journalisme : relater l’information.
Mais, ce n’est que le début. Il ne faut pas être grand mage pour savoir que dès que l’avion sera retrouvé, les photos des familles désespérées, les photos des débris, et peut-être même des corps seront exposées à tous. Pour l’intérêt de… de personne.
Et cela, en oubliant de respecter la profession, à courir derrière le scoop et à étaler impunément l’horreur. Mais aussi en oubliant de respecter les familles, qui n’ont sûrement pas besoin de cela.
D.Perrotin
Manuel Valls : La dernière brebis galeuse ?
05/05/09
À quand le jour où Monsieur Valls rejoindra L'UMP ?
Cet ancien Rocardien, souvent caractérisé comme le « Sarkozy de gauche » en raison de son insistance sur la sécurité et sur les pensées libérales qu'il souhaite concilier à la gauche, ne cesse de se tourner à droite et de brouiller plus encore les cartes du P.S.
Déjà en 2002, il prenait position contre un magasin Franprix de sa ville souhaitant vendre de la viande « hallal » pour les musulmans.
Puis, en 2005, il commence à défendre le non, concernant le référendum sur la constitution européenne. Mais après un vote interne au sein du parti socialiste, Valls, infidèle à ses opinions, décide de défendre le oui, après que le vote interne ait décidé de le soutenir à 59%. Un dirigeant socialiste ironisait même sur M. Valls qui, selon lui, avait perdu deux fois : « il dit non, quand le parti dit oui, et il dit oui, quand les français disent non. ».
On retrouve cet aspect gravement lunatique de ses opinions à propos du soutien qu'il porte à Ségolène Royal.
En effet, il apparaissait, lors de la succession du premier secrétaire du Parti, F. Hollande, comme le plus fidèle des lieutenants de l'ancienne candidate aux élections présidentielles.
Pourtant, le 2/05/09, à l'émission « On n'est pas couché », il avoue être en désaccord avec les idées de Ségolène Royal, notamment sur son soutien à Elie Domota, lors des grèves massives en Guadeloupe.
Cela rappelle les sérieuses tendances au changement d'idéologie qui caractérise les principaux ministres « d'ouverture » du gouvernement.
Mais la comparaison ne s'arrête pas là, il fallait aussi des prises de position assez tendancieuses, pour pouvoir prétendre qu'il ne lui manque plus rien pour rejoindre les petits soldats de Sarkozy.
Il a en effet soutenu ouvertement la politique d'immigration de Sarkozy. L'association Act-up a même, en 2007, écrit une lettre ouverte à M. Valls en critiquant l'immigration économique, fondée sur des quotas, et sur la formation d'une élite qu'il défendait ; balayant d'un trait l'immigration humanitaire et favorisant les expulsions d'immigrés atteints du SIDA.
S'ajoute à cela les prises de positions de ce député P.S, favorable à l'alignement des cotisations des régimes spéciaux sur les régimes normaux, et à l'allongement de la cotisation de retraite à 41 ans. Il a également fait part, dans son dernier livre, de sa conception pour le moins étonnante des luttes sociales, lorsqu'il parle de « Fatwa anti-O.G.M » ou lorsqu'il regrette le mouvement anti-nucléaire.
Enfin, pour asseoir sa légitimité à être le nouveau «traître » du P.S, Manuel Valls n'hésite pas, le 6 avril 2009, à inviter Eric Besson dans sa ville, pour échanger sa vision sur l'immigration. Et peut-être apprendre du maître ce que l'élève s'apprête à faire : à savoir, rejoindre son troupeau.
Si ce membre du parti socialiste ne franchit pas le cap pour rejoindre le gouvernement, comme le lui avait proposé Sarkozy en 2007, il n'en reste pas moins que la ligne est depuis longtemps franchie quant à ses convictions et ses prises de positions.
D.Perrotin
Le mythe de Besson: une sale réalité!
28/04/09
L'article L.622-1 condamne le délit de solidarité : « Toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l'entrée, la circulation ou le séjour irréguliers, d'un étranger en France sera puni d'un emprisonnement de cinq ans et d'une amende de 30 000€ »
Voilà ce qu'Eric Besson a formellement contesté d'abord sur France Inter le 8/04/09 : « Il n'y a pas de délit de solidarité en France. Toutes celles et ceux qui aident de bonne foi un étranger en situation irrégulière doivent savoir qu'ils ne risquent rien. En 65 ans, depuis qu'existe ce fameux article L.622-1, personne en France n'a jamais été condamné pour avoir simplement hébergé, donné à manger, transporté en voiture en auto-stop... un étranger en situation irrégulière. Deux bénévoles ont été condamnés pour être entrés dans la chaîne des passeurs, ils avaient transporté des fonds. Le délit de solidarité est un mythe. ».
Propos qu'il a confirmés ensuite sur R.M.C le 22/04/09.
Ce mensonge effronté de M. Besson a vite été révélé par l'historique de la jurisprudence française. En effet, le GISTI (Groupement d'Information et de Soutien aux Immigrés) a mis en ligne la liste de plus d'une trentaine de condamnations pour aide à personne en situation irrégulière.
EX : -16/12/2008, T.G.I de Lille : hébergements ponctuels d'un ami sans papier = 1000€ d'amende avec sursis.
-27/03/2000, Cour d'appel d'Orléans : aide bénévole à un sans papier dans le cadre de démarches administratives = 2 mois de prison avec sursis.
La liste n'est évidemment pas exhaustive et vous pouvez la retrouver sur le site de GISTI et sur Légifrance. Mais ces deux seuls exemples font d'Eric Besson un menteur sans scrupule et montrent combien il est risqué d'aider bénévolement des sans papiers en France.
Comme un menteur a toujours des ressources pour ne pas avouer, Besson préfère, le 22/04 sur BFM, mettre en cause le travail du G.I.S.T.I en déclarant : « La crédibilité du GISTI est quasiment nulle (...) Leurs informations se sont révélées presque systématiquement fausses ».
Ces propos auraient pu rattraper ses idioties précédentes, et l'ont d'ailleurs fait auprès de tous les gens qui ne connaissent pas réellement le GISTI, et qui peuvent aisément croire que c'est une association d'aide aux clandestins de plus, démagogique et peu crédible.
Pourtant, lorsque l'on s'y intéresse de près, on s'aperçoit que cette association est beaucoup plus crédible que ce ministre. En effet, constitué de juristes et d'avocat, le GISTI a porté plus de 100 recours au conseil d'Etat, et fait annuler des dizaines de décrets ministériels considérés comme illégaux. J'invite d'ailleurs les plus récalcitrants à vite vérifier la crédibilité de cette association sur le site légifrance.
Pour récapituler : Transporter des sans papiers à l'Hôpital lorsqu'ils ont besoin de soins c'est 3 heures de garde à vue, leur charger leur portable, c'est mise sur écoute téléphonique et 8h de garde-à-vue. Pour le délit de solidarité soi-disant inexistant, il y a plus de 30 condamnations. Mais cette réalité n'est pas visible pour les ministres.
Besson n'a sans doute pas encore intériorisé tous les codes du mensonge politiquement acceptable. C'est pourquoi F.Lefebvre a apporté son soutien et sa lumière pour défendre son camarade sur Dimanche plus le 26/04 : (Et a même révélé, soit dit en passant, que des quotas existaient pour définir le nombre d'arrestations de passeurs mais aussi de gens qui aident des immigrés). Il a donc poussé plus loin la carte de la décrédibilisation du GISTI en prétendant que les cas révélés de condamnation concernait des violences sexuelles, ou des hébergements en milieux insalubre. Ce qui est évidemment totalement faux. Mais venant de la part de Lefebvre, dont le seul nom suffit à définir la bêtise, cela n'est pas étonnant.
Ce porte-flingue préfère choquer en parlant de viol ou de violence sexuelle et mentir, pour défendre ses idées (comme pour la loi HADOPI), plutôt que de reconnaître qu'il n'a aucun argument sur le sujet. Alors Frédéric Lefebvre, ne vous excusez pas pour votre bêtise incessante, mais reconnaissez au moins comme votre confrère Besson du ministère, que vous mentez.
D.Perrotin