1er hebdomadaire du net indépendant
Critique
Les régionales remettent la dictature à l'honneur
16/02/10
Depuis le début de la campagne des élections régionales, nous ne pouvons pas échapper à ces petites phrases, ces comparaisons et ces retours dans le temps. Celui du nazisme, de la dictature et du totalitarisme. Il paraît effarant d’utiliser de telles comparaisons pour de simples manœuvres politiciennes et pourtant cela n’empêche personne d’en user allègrement.
Facebook et la délation des juifs
Ces phrases et assimilations inconscientes ont d’abord été l’œuvre du maire PS d’Angoulême, Philippe Lavaud. En effet, suite à la publication d’une douzaine de photos personnelles sur Facebook par le groupe « jeunes UMP », dirigé par Benjamin Lancar, Philippe Lavaud a décidé de porter plainte et a ajouté à La Charente Libre : « on retrouve des méthodes de voyous en col blanc, et une certaine jeunesse dorée de l'UMP. Si nous étions pendant la Seconde Guerre mondiale, elle ferait partie des Jeunesses Hitlériennes ».
Ségolène Royal et Hitler : Même combat
Nous sommes loin d’imaginer qu’une telle comparaison aurait été possible. Et pourtant, le maire UMP de Lagord, Jean-François Douard ne s’est pas privé de le faire. En parlant de l’ex-candidate à la présidentielle et présidente du Poitou-Charentes, il a dit : « Elle dirige de façon dictatoriale, c’est une dictature. Une dictature du prolétariat mais une dictature. Je vous rappelle que le nazisme était une dictature du prolétariat. ». Il semble que Dominique Bussereau va devoir s’excuser une seconde fois pour être restée impassible devant de tels propos. Cela, rappelons-le, intervient juste après que ce dernier, par ailleurs ministre des transports, ait qualifié les électeurs de Ségolène Royal de « Harkis ».
Les méthodes totalitaires du Président des jeunes UMP
Et voilà que nous retrouvons Benjamin Lancart en pleine polémique, mais suscitée cette fois-ci par ses méthodes douteuses, plus que politiciennes. En effet, celui qui n’acceptait pas qu’on le compare à un nazi, ne se prive pas de gérer les affaires de la jeunesse UMP de façon musclée. Après le « bide » de la plateforme sociale internet créée par les jeunes UMP, leur président avait exigé que les cadres des jeunes UMP incitent tous les militants à s’inscrire sur leur nouveau réseau social. Il avait menacé de « démettre de leur fonction » tous ceux qui n’obéiraient pas à ses instructions.
La bassesse morale dans toute sa splendeur
Nous avons ici un échantillon de ce qu’il y a de pire en politique. Ces petites phrases assassines qui n’ont d’autre fin que de déstabiliser l’adversaire et de créer le « buzz ». Pourtant, il est indéniable que de telles comparaisons ne sont pas anodines même si elles relèvent ici de la polémique, de phrases inutiles et stupides. Mais que dire de ceux qui comparent le gouvernement à un régime récent : celui de Vichy ?
Il y aurait des allusions historiques permises…
… Et d’autres interdites. Il apparaît évident que Le Poitou-Charentes n’est pas le fantasme marxiste, ni la dictature du prolétariat. Il est aussi une évidence que les jeunes UMP, furent-ils stupides, n’auraient peut-être pas pu rallier la jeunesse hitlérienne de 1940. Mais que dire du climat actuel ? Les comparaisons ne sont pas permises et ne sont pas toujours pertinentes, mais on pourrait réfléchir à la situation actuelle. Celles des immigrés, des Roms, des musulmans… Analyser certaines lois, comme celles qui voulaient que l’on fasse subir des tests A.D.N à certains. Celle qui veut interdire le port de drapeau étranger lors de mariages. Celle qui veut créer une identité nationale, comme pour dissimuler à peine la volonté d’exclure une partie de la population. Que dire de la stigmatisation dont sont victimes certains soit par les petites phrases xénophobes (Hortefeux, Morano, Chirac, Valls…), soit par des lois toujours plus offensantes et discriminatoires. Et enfin, que penser d’un ministère qui allie sans honte ni remord, le mot immigration avec l’identité nationale. Ce même ministère qui expulse des étrangers en Afghanistan et vers Haïti.
Voilà des points qui méritent réflexion. Des questions que nous nous devons de nous poser. Laissons les comparaisons futiles et indécentes, pour dénoncer l’action de certains et les propos des autres. Et ce, pour arrêter cette spirale infernale, avant qu’il ne soit trop tard.
D.Perrotin
L'équipe de rédaction
Directeur de publication
D.Perrotin
Rédacteurs en chef
C.Merlaud
Arthur-Léo.P
J.B.R
Rédacteurs
A. Rozès
C.Lagorce
E.Malafa
M.Lagarde
A.Perrotin
V.Moreau
...
Rejoignez nous sur Facebook ou Twitter et soyez averti de tous les nouveaux articles
Newsletter pour être averti de nos nouveaux articles par mail
(entrez votre adresse)
Le Nouveau Syndrome politique
Besson est l'expression de ce nouveau syndrome politique: Se contredire et se trahir, renier ses idées d'antan.
Alors qu'il est aujourd'hui le premier défenseur pour légiférer sur la burka, tout le monde semble oublier qu'il s'y opposait il y a à peine 6 mois.
Besson : Entre trahison et contradiction
Les multitudes de revirements d’opinion, les trahisons et les contradictions de la part de notre ministre de l’immigration ne devraient plus étonner personne.
Mais il est tout de même important de les relever, ne serait-ce que pour analyser le mal politique de notre époque : Le reniement de ses opinions. Reniement qui a pour nom : l’ouverture.
En effet, en plein débat sur l’identité nationale et sur une éventuelle loi interdisant le port de la burka au sein des services publics, Besson a récemment voulu aller plus loin, et a proposé d’interdire le voile intégral dans tout l’espace public.
On n’est pas à une contradiction près…
Mais personne n’a voulu relever l’incohérence des prises de parti de ce ministre. Pourtant, en juin 2009, l’Express relevait que tous les ministres « n’étaient pas disposés à légiférer sur le sujet », et notamment Eric Besson qui se « refusait à toute loi sur le sujet » et déclarait même que cela ne ferait que créer des « tensions inutiles » entre les communautés.
Comment peut-il être aujourd’hui, le premier défenseur d’une loi aussi générale et stigmatisante ?
Celui qui avait la lucidité d’admettre qu’une telle mesure ne favoriserait que plus de tensions au sein de la société, est aujourd’hui celui qui les crée, les impulse et les entretient, puisqu’il clame la nécessité d’une loi s’appliquant partout.
Comment comprendre ces revirements de positions, devenus quotidiens, de la part de Besson ?
C’est devenu aujourd’hui, le nouveau mal politique de notre quinquennat. La tendance, la mode est de renier ses opinions politiques pour intégrer, par exemple le gouvernement UMP. Et faire croire à tous que la pensée et les opinions sont restées les mêmes.
Nous avons Bernard Kouchner qui, jadis portait des sacs de riz, avait eu le mérite de créer Médecins sans Frontières, mais qui aujourd’hui ne cesse de renier ses idéologies d’époque. Il reste au gouvernement malgré l’envoi d’immigrés afghans dans un pays en guerre, reconnaît que la politique et les droits de l’Homme ne sont pas toujours compatibles.
Besson n’est même plus à présenter. Il pourrait être le symbole, l’incarnation de la trahison (voire de la honte). Il n’y a qu’à regarder l’émission de Riposte de 2007, lorsqu’il s’attaquait à Sarkozy et à toute sa politique pour s’apercevoir du reniement de soi dont cet homme est victime. Comment a-t-il pu soutenir des valeurs, des principes, des idées, qu’il nie, renie et contredit aujourd’hui ?
Il y en a hélas bien d’autre, et de plus en plus…
Qui peut comprendre que Rocard ou Lang serve Sarkozy ? Bien sur, tous savent justifier cette ouverture et nient l’idée qu’ils se trompent.
Mais rejoindre le gouvernement, l’aider ou le conseiller n’est pas anodin. Soutenir la progression des idées de l’UMP, de Sarkozy, ce n’est pas faire progresser des valeurs telles que celles des droits de l’Homme, de la tolérance ou des libertés qui étaient les leurs auparavant. Rejoindre un gouvernement qui justifie sa politique de plus en plus extrémiste, sous prétexte qu’il faut capter les électeurs du Front National, ne peut s’expliquer. Depuis quand faut-il attirer des gens à l’idéologie absurde et souvent xénophobe, en s’alignant sur leur pensée. Plutôt que de prouver que le modèle républicain de tolérance et d’ouverture (la vraie) est la seule viable et sur lequel doit reposer notre société.
Mais ces gens qui se trahissent sont la manifestation d’un symptôme d’une nouvelle forme de pouvoir dont Sarkozy est la plus belle expression. Ce dernier qui condamne Mai 68, alors même qu’il est le premier à en profiter.
Attention, ce nouveau Mal est contagieux !
On se souvient tous de Ségolène Royal qui au lendemain des élections de 2007, clamait sans honte, ni état d’âme qu’elle ne pensait pas tout ce qu’elle disait lors de sa campagne électorale, notamment ses prises de position sur les 35h. D’autres sont ou seront donc contaminés…
La politique souffre aujourd’hui des ces contradictions.
Ces Hommes de pouvoir n’ont plus de moral, ni d’éthique, et n’hésitent pas un instant à mentir, à se mentir. Besson est peut-être le plus caractéristique de cette pathologie. C’est aussi peut-être pour cela qu’il est l’homme le plus détesté de France.
Celui qui, motivé par ses ambitions ministérielles et l’envie de satisfaire son chef, le président, ne cesse de s’asseoir sur son identité, de se renier, de se faire honte.
D.Perrotin
Le PS plus bas que terre
Le PS est en « pleine convalescence », clamait sur le plateau du grand journal, Arnaud Montebourg.
C’est le silence au parti socialiste. Les égos surdimensionnés se font moins remarquer, les batailles entre présidentiables sont moins visibles.
Il n’empêche pourtant que ce parti dérive, et cela uniquement par sa faute.
Que l’on accuse Sarkozy de « piquer » les vedettes de gauche (pour ne pas dire de droite) au parti, pouvait expliquer l’incohérence qui régnait à Solferino.
Mais lorsque le PS a le pouvoir de remonter la pente, il préfère lâcher les freins et foncer dans le mur.
En effet, beaucoup de militants attendaient au tournant la première secrétaire sur le célèbre et consternant cas, celui de George Frêche. Pourtant, cela n’a pas empêché les cadres du parti, à l’exception de quelques uns, d’accepter que ce personnage qui ne vaut pas mieux qu’un Le Pen, se présente sur la liste de gauche aux élections régionales.
Le problème est que cette décision ou cette absence de décision est un symbole.
Symbole de la déroute idéologique du PS. Symbole d’un parti qui ne sait pas choisir, décider, ni proposer. Avant peut-être aurait-il eu le courage d’exclure Frêche à jamais et d’accepter de perdre des militants assez stupides pour soutenir un homme à la prose toujours arrogante et constamment raciste.
Mais non, Martine Aubry justifie cela en mettant en avant le choix des militants : « Georges Frêche a été un très grand maire de Montpellier », et d’ajouter : « Je vous tiens le discours que nous avons décidé collectivement de tenir » en concluant que la solution choisie serait la plus favorable à une victoire régionale.
N’a-t-elle pas honte ?
Vouloir gagner à tout prix, au prix de l’intolérance et de la discrimination.
Ce parti ne sait plus quoi faire, les cadres qui le dirigent non plus, le PS n’est que l’expression d’une simple et triste schizophrénie.
Accepter cette candidature, c’est renier son idéologie (existe-t-elle encore ?), cracher sur ses valeurs. C’est aussi donner beaucoup, beaucoup d’arguments à la droite qui ne cesse depuis peu de rétorquer à toute critique sur la politique d’immigration, que la présentation de Frêche est bien pire que de renvoyer des sans-papiers dans un pays en guerre.
Cette schizophrénie se retrouve pour le cas de Julien Dray.
Cet homme que l’on ne sait toujours pas coupable, mais que l’on croit de plus en plus innocent va en effet recevoir un simple rappel à la loi par le procureur.
Le PS pensait pouvoir l’évincer sans difficulté, et tourner le dos, dans le même temps, à la présomption d’innocence. Mais non, Dray et ses amis sont obstinés à obtenir les listes d’Essonne, obstinés à ridiculiser un parti, le mettre face à sa bêtise et son incohérence.
Ces décisions sont des symboles…
Préférer gagner les régionales avec un homme qui prétend qu’il « y a trop de noirs dans l’équipe de France », que « les harkis sont des sous-hommes », ou que les électeurs du Tiers monde « sont des esclaves », veut tout dire. Le PS ne sait plus ce qu’il est, divague entre la sociale démocratie, le libéralisme ou le protectionnisme.
Evincer un homme qui n’est toujours pas coupable comme Julien Dray, cela fait peur. Peur de voir la facilité qu’ils ont de ne rien dire pour Frêche, et de décider pour Dray.
Ce parti n’est que contradictions…
Comment ignorer cette pathologie qui ronge de plus en plus le parti quand on analyse le rôle de certains. Le rôle du la porte-parole par exemple.
Benoît Hamon prétendait, lorsqu’Acturevue l’a interviewé, que le PS avait « une ligne claire », une ligne « à gauche ». Il exigeait aussi à l’époque la démission d’Hortefeux pour ses propos racistes quand il pardonnait ceux de Manuel Valls.
Que pense-t-il aujourd’hui ?
Le PS est-il toujours à gauche ? Quand son ami Valls voudrait renvoyer des militaires en Afghanistan, alors même que la droite ne va pas aussi loin.
Quand Aubry est prête à tout pour gagner des élections au prix de tuer l’identité (peut-être déjà morte) du parti ?
Être porte-parole, c’est faire des compromis, comme le disait si bien Hamon : « Lorsque je ne suis pas d’accord, je ferme ma gueule ». Mais cela a des limites.
Le PS, en ne décidant pas une ligne claire et précise, s’affaiblit de plus en plus, se décrédibilise et se perd.
Peut-être que cette ligne est établie pour gagner les élections régionales.Il faut espérer alors, qu’ils les perdront.
Pour qu’ils comprennent enfin que les principes, et les valeurs d’antan ne sont pas aussi faciles à ignorer, à bafouer, qu’ils le pensent.
D.Perrotin
Identité nationale ou diversion nationale ?
Ce débat, lancé le 2 novembre, ne cesse de faire l’actualité, d’occulter les vrais sujets de société et permet ainsi d’entretenir la peur légendaire : celle des immigrés.
Quoi de mieux pour lancer la campagne des élections régionales ?
Nous assistons en effet, à une belle diversion de la part du gouvernement qui n’hésite pas à faire croire que c’est une question fondamentale que bon nombre de français se pose.
A en croire Besson, mais aussi Eric Zemmour, ce qui hante en ce moment les ouvriers, les chômeurs, les agriculteurs, les banquiers… c’est de savoir enfin « Qu’est ce qu’être français ? ». Parce que, détrompez-vous si vous pensiez que l’ouvrier songeait d’abord à boucler ses fins de mois, l’agriculteur à comprendre pourquoi le prix de sa marchandise baisse alors que celui des supermarchés augmente, le chômeur à essayer de trouver un emploi qui ne soit pas moins dégradant que son précédent… Non, pour que les français aillent mieux en pleine crise écologique et économique, il faudrait simplement satisfaire leur curiosité et leur donner la définition de cette célèbre et prétendue inconnue : l’identité nationale française.
Il semble tout de même que certains se fichent de savoir ce qu’est être français.
Le lancement de ce débat est à l’évidence une belle manœuvre politique. Outre l’idée de créer un site web pour partager sa définition, outre l’instauration des débats avec représentants du gouvernement et experts (souvent proches du gouvernement) dans les préfectures, l’idée essentielle du même gouvernement est de maintenir la question au niveau médiatique. Inonder la télévision et la presse d’identité nationale.
Et moi pendant ce temps là… ?
Et les français pendant ce temps là, au moment où leurs yeux sont rivés sur cette question, oublient que le chômage a encore augmenté de 2% le mois dernier, oublient que l’éducation nationale ou la justice se dégrade toujours plus…oublient l’essentiel. Imaginons seulement que l’on mette autant d’énergie, de moyens matériels et médiatiques pour poser de grandes questions, de vraies questions : « Que faut-il faire pour assurer la continuité du service public, tout en préservant les ressources économiques ? », « L’avenir de l’école » ? « La justice et ses réformes ». Bref, tous ces sujets passent à la trappe. Peut-être parce que l’on sait déjà qui aurait le moins de chose à dire sur ces questions.
Marteler un parallèle immonde et stupide
La finalité du gouvernement est aussi, preuve à l’appui, d’assimiler comme le nom du ministère de l’immigration le fait, l’immigration et l’identité nationale. D’ailleurs ¼ des sujets du questionnaire envoyé par le ministère concerne les immigrés.
Mais plus grave encore, c’est le parallèle qui est fait entre immigration et délinquance. En effet, une question sur le site du ministère qui a été retirée par Besson, après que 20 chercheurs ont dénoncé dans une tribune du monde la xénophobie de la chose, demandait : « Comment éviter l'arrivée sur notre territoire d'étrangers en situation irrégulière, aux conditions de vie précaires génératrices de désordres divers (travail clandestin, délinquance […]) ?
La réponse du gouvernement à la question sur l’identité nationale est dans la question
En effet, assimiler immigration et délinquance est à l’évidence la finalité du gouvernement. La peur des immigrés et l’obsession de la sécurité a toujours fait gagner la droite. Pourquoi changer la recette ?
Acturevue refuse de contribuer au débat (tout du moins celui du gouvernement), mais...
La vérité, c’est qu’il n’y a pas de vérité. Il n’y a pas une et une seule identité française et prétendre l’inverse est une aberration intellectuelle. Nous avons en effet, une multitude d’appartenance, des identités multiples. Celles-ci sont variables selon les différents moments et temps de la vie. Si je suis français-italien, je vais me sentir plus français qu’italien lorsque la France a refusé la guerre en Irak ; mais peut-être plus italien que français lorsque l’Italie a gagné la coupe du monde.
Et lorsqu’Alain Finkielkraut dénonce les manifestations de liesse sur les champs Elysées, des supporters franco-algériens qui fêtent la qualification de leurs pays d’origine à la coupe du monde, et qu’il prétend que l’on ne peut avoir qu’une « tendresse » à l’égard d’un pays, c’est aussi une idée absurde.
On ne peut enfermer un homme dans une seule identité.
C’est impossible ! Ces mêmes français-algériens iront sans aucun doute sur les champs Elysées fêter la victoire de la France à la coupe du monde, si victoire il y a. Vouloir définir une identité nationale, c’est enfermer un homme et en rejeter beaucoup d’autres. C’est établir une norme et refuser tous ceux qui s’en écarteraient.
En vérité, nous avons une citoyenneté mais des appartenances et des identités multiples qui n’appartiennent qu’à nous.
L’identité nationale ne peut être qu’abstraite dans sa définition et concrète dans son aspect matériel : symbolisée par la carte d’identité française, les droits dont nous bénéficions et les devoirs auxquels nous sommes soumis. C’est un partage de valeurs et une histoire commune forgée avec notamment tous ces immigrés.
Mais une identité, c’est avant tout ce que l’on est. Comment la définir ? Pourquoi la définir ? Elle se ressent, se vit et s’enrichit tous les jours.
D.Perrotin
Une polémique peut en cacher une autre
Les polémiques s’enchaînent et ne se ressemblent pas.
Il n’y a rien de mieux pour un gouvernement, que d’avoir des histoires qui suscitent effroi et indignation pour pouvoir masquer l’inactivité politique du pays, les mesures hypocrites et les chiffres du chômage ou de la croissance toujours aussi mauvais.
Nous n’avons même plus le temps d’apprécier la justesse de ces mille et une histoires.
Il y a eu la vidéo raciste d’Hortefeux, l’affaire des tricheries au sein du P.S, l’affaire Polanski, l’affaire Mittérand. Et maintenant l’affaire Jean Sarkozy.
Et demain ?
Le problème de ces petits scandales, c’est qu’ils suscitent un débat superficiel. Jamais nous n’avons eu de véritables conclusions, de solutions ou de réponses à ces affaires qui ont ému la population.
Il est en effet déplorable de constater que tout ceci a, par exemple ,permis à Brice Hortefeux de faire oublier ses propos sur les « problèmes » que peuvent créer les arabes alors que sa démission devrait être encore d’actualité.
Mais non, les médias, la population sont des gens impatients et gourmands de scandales.
L’affaire Polanski les a donc rassasiés un moment, jusqu’à se lasser et enchaîner sur la soi-disant affaire Mittérand et ses écrits pour le moins tendancieux.
À ce moment aussi, les réactions sont effarantes.
Au début c’est le scoop du FN, Marine Le pen met K.O Mittérand et le gouvernement, le P.S avec Hamon lui emboîte le pas et exige la démission du neveu du grand Mitterand.
Puis revirement de situation.
Mitterand est défendu de toutes parts, c’est un artiste incompris, qui a eu le courage de confesser sa vie sexuelle à des milliers de personnes. Benoît Hamon est lynché de toutes parts pour avoir suivi aveuglement le P.S et exigé la démission du poète.
Mais quel est le rapport ?
Je pense en effet que l’on a voulu tromper les gens, créer d’autres polémiques pour ne pas justifier l’injustifiable.
Oui, Mitterand doit démissionner !
Non pas parce qu’il fait part de ses « dégueulasseries sexuelles » dont on se fout éperdument (en tout cas chez Acturevue), mais parce qu’il a osé prendre la défense de Roman Polanski en usant d’arguments à la fois stupides et inappropriés. Et aussi, parce que je refuse d’être spectateur d’un gouvernement qui n’hésite plus à s’immiscer dans les affaires judiciaires : qu’elles soient françaises ou étrangères.
Cela fait trop longtemps que l’indifférence a éclipsé notre conscience critique.
Est-ce acceptable que Sarkozy clame la culpabilité de Colonna ou des accusés du procès Clearstream avant même leur jugement ? Ces transgressions à répétition de la séparation des pouvoirs sont toujours plus importantes mais de plus en plus banalisées. Eh bien demander que Frédéric Mittérand démissionne, c’est avant tout le refuser et condamner ces dirigeants qui croient pouvoir ignorer tous les principes républicains.
Cela est évidemment stupide de mettre en avant le livre de ce dernier pour exiger qu’il quitte le gouvernement, mais, ce qui l’est encore plus, c’est de prétendre que parce que la polémique est née du Front-National, alors il est honteux de récupérer les arguments de ce parti extrémiste.
Depuis quand, des gens aussi répugnants que Marine Le pen ou son père auraient le droit de s’emparer d’un sujet sans que personne ne puisse être d’accord avec eux ou ajouter des éléments?
Même si, encore une fois, Hamon a fait preuve d’incompétence dans ses propos et ses revendications, ce n’est pas lui qui est honteux, mais ce sont tous ces gens qui le lynchent dans le seul but de faire oublier les erreurs d’Hortefeux, Mitterand, ou autres personnages qui n’ont rien à faire au sein du gouvernement.
Les polémiques ne sont que politiques.
En vérité, tout le monde se fiche des conséquences que cela peut entraîner.
N’importe qui défend n’importe quoi dès lors que la personne visée appartient à son parti.
Et cela fait accepter n’importe quoi à des milliers de militants. Plus personne ne s’offusque des propos racistes, des magouilles dans un parti, des nomination arbitraires du président; on est même prêts à accepter qu’un jeune de 23 ans, deux fois redoublant, sans aucune expérience d’entreprise, dirige la première place d’affaire d’Europe.
Si ce n’est pas consternant d’en arriver là…
D.Perrotin
Je doute du 11 septembre, donc je conspire ?
28/09/09
Douter du 11 septembre reviendrait à adopter une théorie conspirationniste.
Mathieu Kassovitz, alors interrogé sur le plateau de « Ce soir ou jamais » paye aujourd’hui les frais de la pensée unique imposée par les médias.
En effet, l’acteur réalisateur a déclaré : « La version officielle du 11 septembre est obligatoirement questionnable (…) on ne peut pas prendre l’information officielle comme argent comptant (…) je ne parle pas de complot ou de choses comme ça, on n’en est pas là ».
La règle est telle, que celui qui défie les théories imposées par le pouvoir politico-médiatique doit en subir les conséquences
C’est ainsi qu’un journaliste de L’Express a déploré que le présentateur n’arrête pas le « délire » de Kassovitz, l’accusant de révisionnisme et qu’un autre journaliste du JDD a osé le comparer à Gobbels (ministre sous Hitler) ou Faurisson.
Pourquoi remettre en cause la version officielle (de Bush) sur le 11 septembre s’assimile immédiatement à la mise en avant de la théorie du complot ?
En effet, il est étrange que des journalistes, qu’ils soient de la presse écrite ou de la télévision, condamnent systématiquement tous ceux qui s’écarteraient de ce consensus accepté par la majorité qui viserait à dire que les attentats sont le fait d’un groupe terroriste et qu’aucun autre ne peut être responsable de cette tragédie.
Mais si ces journalistes ont de telles certitudes, pourquoi ne publient-ils pas les preuves exactes montrant que le 11 septembre s’est bien déroulé comme ils le prétendent.
De tous temps il y a eu des conspirations (Affaire Rainbowarrier, affaire clearstream…), mais le 11 septembre ne pourrait pas en être.
Je doute et je le dis !
Loin de moi l’idée qu’il y ait obligatoirement un complot derrière ce jour qui a marqué à jamais notre siècle, mais comme tout citoyen actif, j’ai le droit et le devoir d’exiger des preuves de ce qu’avancent les autorités pour avoir de véritables raisons de faire taire à jamais les adeptes conspirationnistes.
Or, aujourd’hui, des éléments troublants rappellent chaque jour que le dossier du 11 septembre n’est pas clos.
Dossier qui a été mené sans réelle investigation, sous l’emprise principale de l’émotion et du patriotisme américain, à défaut de lucidité et de raison.
Un article du Washington Post de 2006 relatait que les membres de la commission d’enquête soupçonnaient le Pentagone d’avoir menti sur les circonstances, et s’interrogeaient même sur l’opportunité d’engager une procédure judiciaire contre le Pentagone.
Alors oui, je pense que le débat doit rester ouvert, pour qu’il y ait une vérité commune établie, et non des théories multiples qui ne fassent qu’entretenir le doute.
Accuser Kassovitz de révisionnisme est d’une stupidité déconcertante.
En effet, l’on devrait s’estimer heureux que certains qui, à regret ne sont pas des journalistes, mettent en relief des éléments troublants qui doivent susciter le débat.
Réviser l’Histoire, c’est ce que font chaque jour les historiens, justement pour la comprendre, l’interroger et l’interpréter.
Ce révisionnisme là est donc tout à fait louable, et il l’est encore plus quand les évènements ont à peine 8 ans et que le pouvoir conservateur des Etats-Unis vient à peine de tomber.
On sait bien que dans ce domaine les vérités peuvent être connues des décennies plus tard.
Accuser de négationnisme ceux qui remettent en cause la version officielle du 11 septembre, est le summum de la consternation
"Négationnisme" est un terme souvent utilisé pour qualifier ceux qui nient les camps de la mort lors de la Shoa.
Mais l’utiliser pour ceux qui veulent des réponses à des questions irrésolues sur le 11 septembre est aberrant. Cela voudrait dire qu’ils nient le fait qu’il y ait eu 3000 morts, et 3 tours intégralement détruites.
Or, Kassovitz et d’autres s’interrogent seulement sur les motivations et les commanditaires de l’acte, interrogations qui devraient être universelles.
Comment croire aveuglément le discours officiel de Bush?
Quand ceux qui ont cru sa version des armes de destructions massives se rendent compte aujourd’hui que cela n’était qu’un mensonge d’Etat pour justifier les milliers de morts civils en Irak.
Tout ceci met en exergue le conformisme ambiant et la pensée unique que la majorité nous impose
En effet, les médias, la presse, les pouvoirs relayent des messages que nous devons croire, pour ne pas être marginalisés.
Et, dès lors que quelqu’un ose les remettre en cause, il est immédiatement lynché par la presse, qui par mimétisme va s’offusquer de ce comportement critique.
Mais acceptons de revenir sur des faits, sans exclure les hypothèses qui sont trop lourdes à imaginer. Le 11 septembre est récent. Le débat doit donc être le plus ouvert possible, pour éviter de se rendre compte plus tard que l’on était dans l’erreur.
Les camps de la mort lors de la seconde guerre mondiale ont longtemps été ignorés par la population. Il a fallu des pressions de différents endroits, pour qu’enfin on accepte de se pencher sur ce côté macabre et d’accepter Vichy ou d’autres ignominies de cette époque.
Cela montre bien que le message de la majorité peut être trompeur. Et que chaque personne doit remettre en cause et douter du bien fondé des messages officiels… simplement pour être sûr que ces messages soient bien des vérités.
D.Perrotin