1er hebdomadaire du net indépendant
Ces homosexuels : Des citoyens à part ?
Il y a quelques jours les médias annonçaient fièrement qu’Obama allait mettre fin à une loi discriminatoire envers les homosexuels des Etats-Unis.
Le président des Etats-Unis a en effet promis d’abroger la loi de 1993 qui interdit aux homosexuels de révéler leurs préférences sexuelles au sein de l’armée. Ce que l’on oubliait de préciser, c’est que Barack Obama n’a donné aucun délai pour l’abrogation de cette loi qui a déjà renvoyé 12 000 militaires de l’armée américaine.
Cette discrimination n’est hélas pas réservée à l’Amérique. Cela l’est d’autant moins qu’un récent rapport fait état d’une discrimination latente envers les homosexuels que ce soit par des lois, par des chiffres de discrimination ou de violence sans cesse sous-estimés en Europe…
En France, le sang n’est pas le même pour tous !
Il est surprenant de constater que Roselyne Bachelot a récemment décidé de faire perdurer la discrimination dont sont victimes les homosexuels concernant le don du sang.
L’homosexualité est toujours une contre-indication au don du sang au même titre que les récentes extractions dentaires, les changements récents de partenaires, le multipartenariat, l’usage de drogue par voie intraveineuse…
Aimer quelqu’un du même sexe rendrait le sang impur.
L’argument médical et gouvernemental est de dire que les personnes homosexuelles représentent un risque plus important concernant la transmission du SIDA.
Outre le fait que cela les stigmatise une fois encore et que cela favorise l’idée selon laquelle c’est à cause d’eux que le SIDA décime des populations, cette raison n’a pas vraiment de sens.
Il est indéniable que le plan sanitaire doit primer.
Mais ce n’est pas l’homosexuel qui favorise la transmission du SIDA, mais plutôt la pratique de la pénétration anale ou du multipartenariat qui concerne également les hétérosexuels. Ainsi, le questionnaire médical à remplir avant de donner son sang, devrait non pas demander à la personne si elle est homosexuelle, mais si elle s’est protégée lors de son dernier rapport ou si celle-ci a fait le test du SIDA récemment.
Un homo est aussi dangereux qu’un hétéro qui prétend s’être protégé, alors qu’il ne l’a pas fait. Mais l’on ne pourra rien contre le mensonge.
Par ailleurs, il est aussi étrange de faire durer cette exclusion quand l’on sait que toutes les poches de sang sont vérifiées et testées avant d’êtres mises à la disposition des malades.
Pourquoi chercher à marginaliser davantage une population déjà mise au ban de la société pour le mariage, l’adoption ?
L’exemple du mariage gay impossible en est aussi la preuve.
Bien sur que le poids de la morale et surtout de la religion est intrinsèque à notre société, et pousse à ce que l’on écarte l’idée d’un mariage pour les homosexuels.
Mais dès lors que la déclaration des droits de l’Homme et du citoyen consacre l’idée que « la loi ne considère le mariage que comme un contrat civil », ne devrions-nous pas revoir notre position ?
En effet, si l’on crée un mariage civil, c’est pour permettre à l’ensemble des citoyens et non plus qu’aux religieux, de pouvoir contracter une union. Pourquoi alors en exclure certains, et le justifier par la création du PACS ?
Au nom de quoi, si l’institution du mariage civil est défaite de toute idée religieuse, peut-on décider que des milliers de couples n’auraient pas les mêmes droits que les autres ?
Peut-être a-t-on peur que cela amène plus vite la question de l’adoption. Mais cette question n’existe-t-elle pas déjà ? Même si celle-ci paraît plus complexe, celle du mariage l’est beaucoup moins.
L’homosexualité n’est plus un crime depuis 1982. Les lois condamnant les violences discriminatoires existent et sont multiples. Mais il est évident que les homosexuels seront des citoyens à part, des sous-catégories, tant qu’ils seront marginalisés. Devoir cacher son identité au sein de l’armée, ne pas pouvoir donner son sang, c’est devoir renoncer à des droits civiques, c’est devoir renoncer à une certaine égalité.
Pendant combien de temps encore devrons-nous accepter que des groupes soient exclus ou mis de côté, non pas pour ce qu’ils font, mais pour ce qu’ils sont ?
D.Perrotin
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Polanski: Une immunité artistique?
04/10/09
Roman Polanski a été arrêté en Suisse pour être extradé vers les Etats-Unis.
En effet, le cinéaste a eu, il y a trente ans, une relation sexuelle avec une enfant de treize ans (il en avait alors trente). A l’époque, il avait plaidé coupable pour relation sexuelle avec une mineure mais avait réfuté le viol. Alors que le vent tournait contre lui lors du procès, l’homme a fui en France.
Aujourd’hui, cette femme lui a pardonné. Polanski s’était habitué à ne pas aller aux Etats-Unis où il savait pertinemment que sa présence relancerait l’affaire. D’autant plus qu’en 2005, un juge a relancé le mandat d’arrêt à son encontre. C’est alors que les autorités suisses ont décidé de profiter de sa présence sur leur territoire pour le mettre en examen après la demande américaine.
Immédiatement, Mitterrand, ministre de la Culture, s’est scandalisé.
Peu de temps après, c’est le ministre des Affaires Etrangères qui a demandé sa libération. Le cercle artistique crie au martyr.
Oui, mais cet homme est condamnable. La loi américaine n’offre pas de « date limite » pour la condamnation d’une personne considérée comme « un violeur ». La prescription pour les crimes graves n’existe pas. En terme purement juridique, l’affaire n’est en rien scandaleuse. Ce n’est guère notre droit qui doit être privilégié mais celui du pays qui demande l’extradition. Que dirions-nous si une personne que nous considérions comme un délinquant sexuel se baladait impunément à travers le monde? Ne voudrions-nous pas son retour pour qu’il soit condamné ?
Ce qui est plus grave en France, c’est l’image que cela donne du milieu politique et artistique. Les gens sont outrées d’observer les « Grands » prôner une justice à deux vitesses : on aurait aucune pitié pour un français lambda mais on crie au scandale quand un présumé coupable est arrêté s’il s’appelle Polanski? Etonnant.
Surtout que les tentatives de défense des « amis » de Polanski sont bien plus néfastes à celui-ci que l’inverse. Les arguments n’ont ni queue ni tête. On entend parler de « martyr », de « génie incompris » ou autres. Mais ce qu’ils n’ont pas compris, c’est qu’importe le génie que l’on peut avoir, personne n’est au-dessus des lois.
Personne n’est apte à fuir la justice à son aise. La société américaine demande réparation, et elle en a le droit.
En effet, la justice a un double rôle. Elle condamne à la fois l’acte pour dédommager la victime, mais aussi pour dédommager l’ensemble de la société, l’ordre public. Le pardon de la victime ne change rien. Le pardon n’est d’ailleurs pas véritablement une notion juridique, encore moins dans le cas d’abus sexuel.
Si nos politiques sont capables de défendre ce genre de chose, ils ouvrent la porte à un véritable ras le bol de la part de la société. Et si Polanski n’a rien à se reprocher comme certains l’affirment, il n’a qu’à affronter au lieu de fuir lâchement.
L’affaire est tellement médiatisée que le procès sera grandement suivi. Si le procès mérite que l’on revienne sur une éventuelle injustice pour Polanski, ce sera le moment d’en faire part.
L’Etat français pourra alors critiquer la condamnation de Polanski, si condamnation il y a.
Mais il n’en reste pas moins qu’aucun politique ne peut défendre le cinéaste en arguant une immunité artistique. Il aurait été plus judicieux de mettre en lumière les faiblesses du dossier plutôt que de faibles arguments.
Arthur-Léo.P
L'équipe de rédaction
Directeur de publication
David Perrotin
Rédacteurs en chef
C.Merlaud
J.B.R
Rédacteurs
A. Rozès
C.Lagorce
E.Malafa
M.Lagarde
A.Perrotin
V.Moreau
Y.G
A.Tarascon
...
Rappel des faits
Le cinéaste Roman Polanski a rencontré une jeune fille de 13 ans lorsqu'il en avait 30, en 1977.
Le procès verbal de la jeune fille dit qu'ils ont bu du champagne, qu'ils se sont drogués (sous influence de Polanski), puis que ce dernier l'a emmenée dans une chambre. Effrayée par cet homme, elle n'a, dit-elle, pas osée refuser de coucher avec le cinéaste.
Polanski a admis cette version des faits.
Il a accepté un "deal" avec le procureur: Il a plaidé coupable mais a ajouté ne pas savoir l'âge de la jeune fille au moment des faits (qui paraissait avoir en 25, selon lui).
Il a également passé un accord avec la victime pour l'indemniser.
Il restait donc un chef d'inculpation (abus sexuel sur mineur), au lieu des cinq initiaux (dont viol et détention de stupéfiants).
Plus tard, après qu'il a passé un accord avec les Etats-unis pour sortir du pays (il n'était pas en fuite à ce moment-là), des photos ont été publiées dans la presse, l'illustrant en compagnie de jeunes filles.
C'est cela qui aurait relancé l'affaire, et sa poursuite.
Il y a donc un mandat d'arrêt contre lui depuis 2005. Mais, ce n'est ni un viol, ni un acte pédophile, selon les termes juridiques.
D.Perrotin
Quand libération ne différencie plus sa droite de sa gauche
4/09/09
Avec cette publicité, libé brouille encore davantage les pistes sur sa ligne éditoriale et sur la pertinence de ses choix
Cette semaine, pour annoncer l’arrivée de la nouvelle formule de son journal le 7 septembre, Libé a décidé de miser sa campagne de pub sur de nombreux journalistes, politiques et intellectuels.
Les communicants de la rédaction de Libé ont même fait appel au maintenant célèbre traître, Eric Besson, pour débattre de l’Etat de la gauche face à Cohn-Bendit.
On peut donc écouter l’ancien socialiste, aujourd’hui responsable de l’UMP, dire que «la gauche a déçu et continue de décevoir».
Outre le fait qu’il est assez comique de la part d’un journal de gauche, d’axer une campagne de pub (ou une partie) sur les faiblesses de celle-ci, il est surprenant de voir un ministre de l’immigration et de l’identité nationale se faire l’égérie d’un organe de presse, tel que libération.
Bien qu’il ne soit pas inintéressant de découvrir différents points de vue, le choix du ministre en question peut prêter à confusion.
En effet, défendre l’idée que «l’info est un combat», en mettant en avant un homme qui ne cesse de mentir sur les chiffres ou les procédés d’expulsion des immigrés, est assez risible. Cela l’est encore plus lorsque l’on découvre les lois que fait voter Eric Besson (dénonciation contre rémunération…), ce qui nous fait oublier chaque jour un peu plus qu’il était socialiste.
Libération ne fait que rompre, encore et toujours, avec ses origines
Fondé en 1973 par Jean-Paul Sartre, ce journal avait pour devise de «donner la parole au peuple» et «de lutter contre le journalisme couché»; l’idée étant de refuser la publicité, de miser sur l’égalité des salaires, et que le capital soit détenu par les salariés.
Pourtant, comme le présente très bien «libération, de Sartre à Rothschild» de P.Rimbert, Libé s’est lancé dans la conquête d’annonceurs publicitaires en 1980, a ouvert son capital aux actionnaires, et vit depuis 2005 en parti grâce à Édouard de Rothschild.
Reniant ainsi, tous ses beaux principes
Une fois que l’on admet cela, les 7 pages interview que Libé a consacré à l’épouse de N.Sarkozy, Carla Bruni, le 21 juin, sont à fortiori acceptables.
Malgré les 80% d’internautes ( répondant à un sondage sur l'appréciation de l'article sur Carla ) qui se disent «déçus par ce choix éditorial».
Ce n’est, en réalité, que le prolongement d’une vision politique et économique qui échappe de plus en plus aux lecteurs et au sens même de la création de ce journal.
Mais si vous pensiez que faire reposer la publicité de libération sur un UMPiste refoulé, faire fonctionner l’entreprise libération comme une vulgaire société capitaliste, ou contribuer à l’omniprésence dans les médias du couple présidentiel était le pire…
C’est que vous n’avez pas lu le sublime édito du 19 août, de Laurent Joffrin (directeur de publication) à propos de la guerre en Afghanistan.
Ce dernier, qui a surnommé son article «le dilemme», montre combien il est important que l’armée française reste en Afghanistan.
Au nom de quoi? D’une liberté, à laquelle des milliers d’afghans seront privés, si on laisse les talibans se répandre.
Étrange comme cet argument rappelle celui utilisé lors de la guerre en Irak
Le directeur de Libé ajoute même que terminer la guerre maintenant serait «une défaite désastreuse».
C’est fou ce que ses propos peuvent faire resurgir les démons du passé et rappeler ceux utilisés par les belliqueux de la guerre d’Algérie, du Vietnam et d’ailleurs.
Que dirait Sartre, qui a passé une bonne partie de sa vie à dénoncer la guerre d’Algérie et d’Indochine, si on venait lui faire croire que l’on tue des familles afghanes entières (avec quelques talibans quand on a de la chance), pour le bien de… ces mêmes familles?
Ainsi, l’on peut dire que le Libération de 1973 n’est plus celui que l’on connaît aujourd’hui.
Mais pire encore! Le lecteur ne sait parfois même plus à quoi se rattacher et ignore cette ligne éditoriale qui zigzague de droite à gauche et de gauche à droite, écrasant un peu plus le sens originel de ce journal.
Peut-être que devant leur slogan: «l’info est un combat», Libération devrait accoler: «La confusion, est notre vision».
D.Perrotin
Une clownerie politique
Les faits
Le 10 novembre, des lignes T.G.V se retrouvent paralysées par des fers à béton posés sur les Caténaires électriques.
L'affaire prend toute suite de l'ampleur. Les médias n'hésitent pas à qualifier cet acte de « terrorisme ». L'arrestation de Julien Coupat (34 ans) et 9 autres de ses amis, a lieu le .... Les médias avaient été prévenus par la Police. Moyen efficace pour Michelle Alliot-Marie qui risquait à l'époque un remaniement, de préserver sa place. D'ailleurs, elle n'hésite pas le lendemain à bafouer la présomption d'innocence, en prenant exemple sur N.Sarkozy à l'époque de Colonna, en clamant que les Terroristes ferroviaires avaient été arrêtés.
L'étalage médiatique
Les médias se sont empressés de participer à l'engouement que les actes terroristes peuvent susciter. France 2 parle d'une « épicerie tapie dans l'ombre » pour qualifier l'habitation des présumés terroristes, et dans le même temps troubler la ménagère qui peut facilement croire au danger permanent de la mouvance terroriste d'extrême gauche.
Paris Match publiait une photo du logement de Julien Coupat montrant une liste avec inscrit sur la légende: document inédit : un carnet noir, retrouvé dans un des appartements occupés à Tarmac par Coupat et ses compagnons, contenant deux fois la mention de "fers à béton", alors qu'en réalité c'était une liste avec la mention de "fer à béton" parmi d'autres matériaux comme du "Ciment", "chaux", "poutrelle", ...
La presse est une fois de plus tombée dans le piège sensationnaliste.
Effrayer pour attirer l'opinion et peut-être conforter l'hypothèse du gouvernement: Ressusciter le danger extrémiste et faire revenir le spectre « d'action directe », pour mieux légitimer la politique sécuritaire.
Mais la presse s'est rapidement aperçue qu'elle ne pouvait continuer à traiter l'affaire sous l'angle gouvernemental.
Un Dossier Vide
En effet, le dossier est vide. Julien Coupat n'a aucun casier judiciaire. Mis en détention pour « association de malfaiteur en relation avec une entreprise terroriste », cela fait 190 jours qu'il est enfermé alors qu'il n'y a toujours aucune preuve matérielle.
La police a seulement retrouvé un manuel de fabrication des fers un béton, et les outils allant avec . Pas étonnant, disent les avocats, alors que la maison de julien Coupat est justement en rénovation.
Le sens même de terrorisme est discuté dans le milieu juridique. Est ce que l'acte de poser des fers à béton, alors que cela n'a jamais fait dérailler un train (car c'est impossible), n'aurait-il pas mieux dû être qualifié de « dégradation sur bien public »?
En outre, un collectif anti-nucléaire allemand a revendiqué les actions de sabotage du 10 novembre. Nouvelle que le gouvernement préfère taire, pour ne pas se ridiculiser.
4 demandes de remise en liberté ont été rejetées à ce jour.
« Incompréhensible» disent certains, alors même que tous les amis et collègues de Julien Coupat ont été entendus par la police: ce qui signifie qu'une mise en détention est maintenant inutile pour assurer le déroulement de l'enquête.
« Inacceptable » clament d'autres, quand l'on sait qu'il n'y a aucune preuve tangible. Pas de trace d'A.D.N sur les lieux, ni d'empruntes des présumés coupables.
Les accusations sont tellement minces que les policiers ont dû intégrer une interview sur R.M.C de l'éditeur de « L'insurrection qui vient »: livre qui explique notamment la façon de paralyser des lignes T.G.V, et dont Julien Coupat est supposé sans aucune preuve, être l'auteur.
Cette clownerie politique ne s'arrête pas là.
Le dossier comporte également, selon «Le monde » la retranscription de l'émission Salut les terriens sur Canal plus où T. Ardisson interviewait le père de julien Coupat.
Quoiqu'il en soit, il ne faut pas oublier que ces 190 jours de détention traduisent la politique du gouvernement, incapable de se remettre en cause, préférant être hors la loi plutôt que d'admettre son erreur. La ministre bafoue la présomption d'innocence. La ministre et la justice outrepasse l'article 66 de la Constitution « Nul ne peut être retenu arbitrairement ».
Alors que faut-il penser?
S'indigner, le dénoncer, et lutter peut-être contre les fantasmes récurrents de ce gouvernement. Bien sûr que Coupat peut être innocent comme coupable. Mais nous avons la chance de connaître cette adage « Toute personne est présumée innocente, jusqu'à ce que la preuve de sa culpabilité ait été apportée ». Or, il n'y a malgré l'acharnement du gouvernement aucune preuve de cette soi-disante culpabilité.
D. Perrotin
Tendance Cocaïne: le nouveau produit à la mode
En Europe, un jeune meurt toutes les heures d’une overdose.
Plus inquiétant encore est le changement comportemental dans cette consommation. En effet, la cocaïne connait une recrudescence dangereuse en France et en Europe aujourd’hui.
Cette augmentation de la consommation s’explique par divers points :
Tout d’abord, il faut observer que le marché de la cocaïne est saturé aux Etats-Unis.
Les mafias qui gèrent ces marchés ont souhaité s’ouvrir de nouveaux débouchés, et logiquement elles se sont tournées vers l’Europe. L’inondation du vieux continent a permis une baisse sensible des prix de cette drogue.
Selon les experts de la police anti-drogue, en quelques années le prix au gramme serait passé de 150 euros à 60 ou 70 euros. Qui dit baisse des prix, dit augmentation des personnes potentiellement acheteuses. C’est pourquoi la diffusion est croissante au cours des années 90, principalement dans les milieux festifs et urbains, passant de 1,2 % en 1992 à 3,8 % en 2005 parmi les 18-44 ans de toutes classes sociales.
Cette drogue a en outre, une véritable aura. Souvent considérée comme « hype », assimilées à la "drogue des riches", "des stars", la cocaïne attire plus par ce qu’elle représente que par ce qu’elle apporte (au début tout du moins). On peut citer Amy Winehouse ou Pete Doherty sans tomber dans la caricature.
Les adolescents sont souvent attachés à leur image et à l’image de certaines stars. Ils en jouent. C’est dans cette optique que certains commencent à consommer de la cocaïne, motivés notamment par la chute des prix. Souvent, c’est le manque d’informations, qui ne leur fait ignorer les risques inhérents à cette consommation.
De plus, les effets sont tout à fait pervers. Cette drogue rend fort, puissant, euphorique. Elle donne de l’assurance. C’est ainsi qu’elle permet d’aborder l’autre plus facilement, de s’amuser plus librement. Cette drogue coupe les attaches avec la vie réelle pendant quelques heures.
Mais les effets sont aussi négatifs. « Des troubles psychiques, une grande instabilité d'humeur [cause de nombreuses bagarres], des délires paranoïdes ou des attaques de panique » peut on lire sur certains sites médicaux spécialisés. Pareillement, l’activité psychique de la personne augmente fortement, ce qui cause insomnies, pertes de mémoire et excitation intense mais douloureuse. Sans parler de la terrible rechute, qui entraine un moral de suicidaire.
A cela s’ajoutent des contrecoups biologiques. Il y a une contraction de la plupart des vaisseaux sanguins. Les tissus sont insuffisamment irrigués, manquent d'oxygène, et se détériorent (nécrose). D’où les lésions nasales symptomatiques de la consommation de cette drogue.
Le rythme cardiaque s’accroit dangereusement, causant des accidents cardio-vasculaires fatals, particulièrement chez les personnes faibles ou consommatrices de tabac.
Pour finir sur ce point, les matériels utilisés pour sniffer la cocaïne sont souvent porteurs de maladies graves. Ainsi se transmettent l’hépatite B ou C, ou le sida en cas d’injection.
La dépendance est trouble également. Le consommateur n’a pas l’impression d’être dépendant car il peut se passer facilement pendant plusieurs jours de cocaïne au début.
Mais au bout d’un certain temps, la consommation devient capitale face aux troubles psychiques que l’absence de prise crée. Même la consommation d’autres drogues ne peut arrêter le cercle vicieux. Une personne qui essaye quelques fois sait qu’elle n’est pas encore dépendante. Cela la pousse à réessayer. Et C’est ainsi que la dépendance survient et entraine un cloisonnement social. Ce cloisonnement est, selon certains médecins, plus important que la consommation d’héroïne.
Pour conclure, voici les signes pour déceler la consommation de cocaïne : état d’ébriété, excitation, crispation, délires, mâchoires qui bougent toutes seules, des yeux dilatés et surtout une impression d’être un surhomme chez la personne.
Enfin il faut faire attention à ne pas tomber dans la caricature. Si l’augmentation de la consommation de cocaïne est très inquiétante chez les jeunes, elle ne cache pas l’augmentation de la même consommation chez les adultes.
Arthur-Léo.P
Mobilisation Historique de ceux qui refusent une médecine "mercantile"
29/04/09
Ils étaient près de 18 000, selon les syndicats, à défiler à Paris, rejoignant en fin de cortège les étudiants (35 000). Médecins, infirmières, personnels hospitaliers étaient, pour la première fois depuis longtemps, réunis pour refuser la loi « hôpital, patient, territoire, santé » de Roselyne Bachelot qui doit être débattue le 11 mai au Sénat.
La singularité de cette manifestation est due aussi bien à l'importance du nombre de grévistes (73,1% pour l'Assistance-publique-des-Hôpitaux de Paris) qu'à la présence des professeurs les plus renommés, suite à l'appel des 25 (Le Pr Grimaldi, Bousser...)
Qu'est ce qu'ils dénoncent principalement ?
Le point le plus contesté est l'article qui renforce le pouvoir et l'autonomie du chef d'établissement.
En effet, si la loi est votée, le directeur d'établissement sera le seul responsable des comptes de l'hôpital et du projet médical, jusqu'à maintenant co-décidé avec les médecins.
Selon Benoit Passart, conseiller à la Caisse Nationale d'Assurance Maladie (CNAM), « cela est dangereux et reflète les modalités de pouvoir du gouvernement lui même : c'est à dire un exécutif fort incarné par le directeur d'établissement, qui déciderait de tout et les comités et conseils de médecins qui seraient absents ».
Ce qui est dramatique, c'est que ce directeur d'établissement, nommé en conseil des ministres, déciderait du projet médical en fonction des finances, et des critères de rentabilité. Il ne tiendrait plus compte du savoir médical que pouvaient apporter les médecins. « Ce sera l'homme de main du ministère », ajoute B. Passart qui pourra sans difficulté prendre n'importe quelle mesure, sans aucune contestation possible de la part du personnel.
La création des Agences Régionales de Santé (A.R.S) censées gérer les orientations financières et médicales des hôpitaux et cliniques suscitent également une réelle polémique.
Les directeurs généraux des ARS seront nommés en conseil des ministres, le préfet de région ayant la haute main sur le conseil de surveillance. Ce qui exclut les médecins et responsables de la CNAM pour toutes les décisions les concernant. « Le gouvernement aurait pu imaginer une décentralisation, avec des instances régionales véritablement puissantes, mais gérées par la collectivité à qui l'on donnerait plus de moyen ». Au lieu de cela, ce sont des agences régionales qui auront tous les pouvoirs de décision mais toujours dépendantes du ministère.
Il y a une concentration inouïe des pouvoirs qui vise à réaliser des économies au détriment des soins.
Les médecins voient dans cette loi, la volonté de rendre l'hôpital à tout prix rentable pour tenir les objectifs de N Sarkozy d'assainir les finances dès 2012.
Après la loi sur la T2A qui imposait une rémunération par consultation au médecin et non plus une rémunération globale ( la quantité prime sur la qualité). La loi HPST, vise à promouvoir l'assainissement des finances au détriment des réels besoins de santé.
R. Bachelot avait pourtant assuré que la loi renforcerait la prévention. L'idée, selon la CNAM était de prévenir au plus tôt les maladies, d'habituer les gens à effectuer des visites régulières, pour se soigner plus tôt et ainsi faire de véritables économies de santé. Mais la loi finale a totalement balayé l'aspect préventif, et préfère créer des agences de contrôle sans définir aucun objectif.
La contestation du milieu hospitalier qui débute seulement, n'est que le prolongement du refus d'un service public marchand.
D.Perrotin
Entretien réalisé Le 25/04 par D.Perrotin avec Benoît Passart, Conseiller à la C.N.A.M
Israël: Rappel d'une discrimination
13/05/09
Il y a des choses qu'il faut rappeler. Des choses que l'on n'hésite pas à dénoncer quand il s'agit des autres pays. Mais que l'on oublie un peu trop vite lorsque cela implique Israël.
4 mois après l'offensive israélienne contre Gaza, le bilan mettait en lumière le décalage entre une puissance capable d'écraser son voisin et un voisin incapable de lutter contre le puissant.
Alors que l'on dénombre 1342 morts palestiniens (dont 109 femmes et 318 enfants de moins de 16 ans), seuls 235 personnes auraient été tuées en situation de combat. Les autres étant de malheureux civils errant au mauvais endroit, au mauvais moment. En face, Israël déplore 10 militaires et 3 civils tués.
Mais cet aspect inhumain de la politique du gouvernement d'Israël ne se limite pas, hélas, à l'extérieur de ses frontières.
En effet, une véritable politique discriminatoire envers les arabes habitant en Israël perdure depuis des années. La cour suprême d'Israël avait même dénoncé en 2006 (peu de gens le savent, mais pourquoi ?) "la discrimination dont est victime la moitié des arabes depuis la création de l'Etat, s'opposant à un plan visant à favoriser les localités juives".
Ces 7 juges de la cour suprême ont condamné, comme des dizaines d'autres rapports d'O.N.G, le racisme qu'entretient Israël avec ses minorités, et en particulier avec les arabes.
Ils sont un million deux cent mille arabes israéliens à subir des expropriations de propriété ou des interdictions d'acheter une maison.
Il faut aussi rappeler que seulement 7% des budgets alloués en Israël aux infrastructures publiques vont aux communautés arabes.
Que les salaires arabes moyens n'atteignent pas, à qualification égale, 60% des rémunérations versées aux Israéliens.
Que les populations arabes perçoivent 35% d'allocations en moins, à situation sociale et familiale équivalente.
Que 8% seulement des étudiants sont arabes, pour une population qui représente 20% de la population totale d'Israël.
Ou enfin, qu'il est presque impossible à une femme ou un homme arabe israélien, d'épouser un Palestinien ou une Palestinienne.
Ce rappel n'est évidemment pas complet, et éclaire d'un autre aspect la politique déplorable (le mot est très faible) des différents gouvernements d'Israël.
Aucun dirigeant évidemment ne semble touché, pas plus que par les différentes offensives à Gaza, sur le sort de tous ces arabes.
Pourtant, la situation semble loin de s'arranger.
Puisque le gouvernement d'Israël voudrait bâtir sur les ruines des maisons arabes, plus de 72 000 logements pour leurs colons.
Pire encore, quand l'incarnation de l'inhumanité même, j'ai nommé Avigdor Lieberman (nouveau ministre israélien des Affaires étrangères) veut bombarder le barrage d'Assouan, réserver à Téhéran et à Gaza le sort d'Hiroshima, noyer les prisonniers politiques palestiniens dans la mer Morte...
Cela n'a pourtant pas empêché Bernard Kouchner de le recevoir à Paris le 5 mai.
Étonnant de constater que les propos haineux et racistes sont toujours moins graves dans certaines bouches que dans d'autres.
D.Perrotin
*Source judiciaire israélienne et A.F.P