1er hebdomadaire du net indépendant
4 artistes de gauche et une lettre ouverte à Aubry
Ce 4 mai 2009, alors que le texte de loi sur HADOPI relatif à la protection de la propriété intellectuelle est re-débattue, quatre artistes profondément de gauche ont envoyé une lettre ouverte à la première secrétaire du parti socialiste.
Pierre Arditi, Juliette Gréco, Maxime Le Forestier et Michel Piccoli ont publié sur le site du Monde une lettre critiquant l'action du Parti Socialiste à propos de cette loi.
Ces derniers regrettent que le parti a « perdu son âme ». Cette critique prend de l'importance sous la plume de ces artistes ouvertement associés au PS. Eux-mêmes le précisent ainsi : « Depuis toujours nous avons soutenu la gauche. Chaque fois que vous avez fait appel à nous, nous avons répondu présent. Pas par devoir. Moins encore par intérêt. Par désir et par conviction. »
Ils rappellent que le PS a, par le passé, soutenu les artistes en évitant de les placer sous les lois du marché (notamment sous Mitterrand). D'après eux, « la gauche avait sauvé les artistes dans notre pays ».
Or aujourd'hui, ces artistes se sentent abandonnés. Ils ont l'impression que le parti socialiste a oublié ses valeurs du passé. Ce qui pourrait s'expliquer par un objectif d'opposition primaire du parti, qui revient à critiquer tout ce que fait la majorité.
Prenant en compte l'état d'esprit de leur parti et ses choix, ces artistes le quittent. Tout du moins, ils patientent. Ils attendent le retour d'un esprit de gauche au parti socialiste. Ils concluent leur lettre de cette manière : « Quant à nous, nous restons de gauche, comme ça, quand vous le redeviendrez, vous saurez où nous trouver ». Martine Aubry a tenu à inviter ces artistes afin de parler avec eux, de mieux les comprendre et de répondre à leurs inquiétudes.
L'unité du parti socialiste, partiellement retrouvée lors de la manifestation du 1er mai, semble affaiblie par les débats autour de la loi « création et internet ».
En effet, Jack Lang a annoncé qu'il voterait pour la loi. Il évoque le paradoxe actuel : d'un côté un président libéral propose une loi de protection des droits des auteurs et des artistes, de l'autre, mon parti, le Parti socialiste, ennemi de l'ultralibéralisme économique, ami supposé des créateurs, s'oppose à un tel texte et veut laisser libre cours, si je comprends bien, au piratage et au pillage".
Il ne faut tout de même pas que ce débat cache les divers problèmes techniques, et juridiques de la proposition de loi HADOPI qui sont très peu exposés .
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Arthur-Léo.P
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28/04/09
Quand le président de la république devient président de l'UMP
Le président de la République représente le peuple français. De sa bouche sort la voix de la France puisqu'il a été élu légitimement par la majorité du peuple français. Il ne s'est pas gêné de parler au nom de la France pour son discours à Dakar il y a 2 ans déjà. Sa fonction lui permet d'engager tout un pays dans ses choix, ses décisions.
Cela est normal, qui aurait porté la voix de la France au G20 par exemple, ou dans les rapports internationaux de façon générale sinon le président de la République ?
Cependant, pour les élections européennes, le président de la République Nicolas Sarkozy semble vouloir s'y impliquer. En-a-t-il le droit ?
Oui, rien ne le lui interdit au niveau de la loi ou de la Constitution. Pour autant, pour une question d'éthique et de respect de sa fonction, il devrait s'en garder. Comme il est précisé au début de cet article, il représente le peuple français dans sa totalité, et non un parti. Or, à son discours de Nîmes prévu le 5 mai, il y vantera son intervention comme président de l'Union Européenne. Et ce, non pas pour dresser un bilan au pays mais pour vanter son action devant ses électeurs. Étant issu de l'UMP, il est nécessaire de voter pour ces listes car leur action serait positive. Le président de la République ira même le 10 mai prochain à Berlin pour une réunion UMP-CDU (le parti d'Angela Merkel).
Cela est du ressort du président de l'UMP Xavier Bertrand, non du président le République. Si les socialistes ont réussi à présenter des programmes communs via le PSE, ce n'est pas le chef de l'Etat qui s'y est attelé mais bien le premier secrétaire du parti (Zapatero n'est pas le chef de l'Etat, mais le chef du PSOE, qui à ce titre, a été nommé chef du gouvernement espagnol car son parti a gagné les élections législatives).
Enfin, un grand meeting de l'UMP est prévu à Paris le 4 juin et le président de la République n'exclut pas d'y participer.
Cela soulève un problème épineux. Comment quelqu'un ayant une telle fonction peut à la fois se prétendre légitime à parler au nom du peuple français et d'autres fois ne voir aucun problème à de nouveau entrer dans la politique politicienne de son parti qui ne représente en rien 63 millions de français mais 200 ou 300000 adhérents.
C.Merlaud
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...
Sa sainteté refoulée?
55%! C'est le pourcentage de catholiques français qui ont une mauvaise opinion du pape.
Il était temps... Temps de reconnaître le clivage entre les catholiques de France, et le Vatican qui ne cesse de s'accroître au fur et à mesure des absurdités de Benoît XVI.
Les catholiques passaient d'abord sous silence le passé douteux du Pape: son appartenance à la Hitlerjügen (la jeunesse hitlérienne).
Alors on excuse, et on ferme les yeux. Puis le temps passe, et le pape cite le 12 septembre, à l'université de Ratisbonne, les propos de l'empereur byzantin Manuel II: « Montre moi donc ce que Mahomet a apporté de nouveau et tu y trouveras seulement des choses mauvaises et inhumaines, comme son mandat de diffuser par l'épée la foi qu'il prêchait ». Il ne réfute pas et ne relativise pas non plus son discours.
Et à ce moment, certaines personnes doutent et repensent à ce passé. Mais, pourquoi le condamner dès maintenant, ce n'est qu'un discours sur les musulmans, rien de très dramatique...
La vie du Vatican se poursuit.
Jusqu'à ce que le pape décide de réintégrer les quatre évêques intégristes. Pas de chance, parmi eux se trouve R.Williamson, négationniste qui persiste et signe ses propos sur l'idée que la Shoah n'a jamais existé. La certitude remplace peu à peu le doute, et les agissements du pape ne peuvent plus être excusés. Ses défenseurs parlent de "gaffes", prétendent que la communication du Vatican fait défaut.
C'est à ce moment là que je songe à l'incapacité pour Benoît XVI d'assumer son statut papal.
Mais comme si cela ne suffisait pas, le pape, dans un avion pour le Cameroun, affirme, selon Libération: " que l'on ne peut pas surmonter ce problème du sida uniquement avec de l’argent, pourtant nécessaire. Si on n'y met pas l'âme, si les Africains n'aident pas [en engageant leur responsabilité personnelle], on ne peut pas résoudre ce fléau par la distribution de préservatifs: au contraire, ils augmentent le problème."
La cerise sur le gâteau! Gâteau déjà bien périmé...
Toutes ces péripéties en si peu de temps ne doivent cependant pas conduire à un emballement médiatico-émotionnel.
Bien sûr que tout ceci est condamnable. Mais ne serait-ce pas plus surprenant d'entendre le pape promouvoir l'utilisation du préservatif?
Ce qu'il y a de bon dans cette histoire, c'est qu'elle soulève la question éternelle de l'adéquation de la religion avec la société actuelle. Doit-elle rester intemporelle? La réponse est non si l'on en croit les 43% de catholiques français** favorable à la démission du Pape.
Mais il ne fait pas de doute que l'influence du pape reste incontestable en Amérique latine et en Afrique. Que faire lorsque le symbole divin de millions de personnes ne cesse de déraper? Et que personne, sinon Dieu, ne peut le destituer?
*selon C.S.A pour le parisien
** sondage pour le J.D.D
D.Perrotin
La R.A.T.P et le politiquement correct
25/04/09
Affaire de piètre importance en apparence : des affiches publicitaires dans le métro ont été censurées par la RATP.
Tout d'abord, Jacques Tati se voit (au sens figuré) affiché sans sa pipe sur les murs du métro (que l'on a intelligemment remplacée par un moulin à vent).
Deuxième cas, Coco Chanel apparait sans sa fameuse cigarette dans le métro parisien alors que toutes les autres affiches la montrent en train de fumer.
La Ratp se défend en annonçant qu'elle ne fait que suivre les politiques étatiques anti-tabac. Or dans le droit, il y a la lettre et l'esprit de la loi. Si les publicités pour le tabac sont interdites en France par la loi Evin de 1991, une affiche de cinéma ne peut être considérée comme une publicité au tabac. Si c'était le cas, l'Etat aurait dû censurer toutes les affiches montrant une personne avec « sa clope ». De plus, une publicité pour la marque Marlboro n'a pas été interdite car elle se voulait publicité de la marque de vêtement de Marlboro et non pour la marque de tabac (qui est simplement une autre filiale de la même marque).
Pourquoi censurer alors une affiche de Cinéma qui n'a aucun lien avec une publicité pour la cigarette?
Selon lefigaro.fr, Claude Evin, qui est à l'origine de la loi Evin susmentionnée, a qualifié l'acte de la Ratp d' « un ajout ridicule [à propos du moulin à vent] pour une censure ridicule ».
Si la loi (ainsi que son auteur) semble être en opposition avec la politique de la Ratp, on peut penser que l'Histoire l'est aussi. Jacques Tati, Coco Chanel, au même titre que Françoise Sagan sont des personnages publics qui ont toujours eu une image de fumeurs. Ils se sont toujours affichés avec une cigarette au bec. Ainsi la Ratp effectue un véritable révisionnisme historique. On touche à l'image populaire de ces personnes (qui sont particulièrement appréciées des français). D'ailleurs la Société des Réalisateurs Français et le Syndicat de la Critique de Cinéma ont demandé à ce que les affiches de Jacques Tati soient refaites par respect pour l'homme et pour l'œuvre.
Cette affaire est également importante car elle est un exemple des excès de la politique ultra-sanitaire de l'Etat. Certes ce n'est pas le gouvernement qui a demandé à Métrobus (qui gère les affiches publicitaires dans le métro) de censurer ces images, mais le politiquement correct est de plus en plus présent en France. On est loin de l'époque où les personnes publiques se présentaient à la télévision avec un nuage de fumée au dessus de la tête : Gainsbourg par exemple.
Autre exemple de la présence du politiquement correct dans le métro : les affiches du nouveau film avec Tom Hanks, «Anges et Démons », suite du Da Vinci Code, ont été censurées. Cette fois c'est le slogan qui se voit effacé. C'est la phrase « Que nous cache le Vatican ? » qui a posé problème à la Ratp. Elle est donc remplacée par « Depuis 500 ans, une vengeance se prépare contre le Vatican ». Métrobus s'explique de la sorte : « Nous avons une convention avec la RATP et la SNCF qui nous interdit de diffuser des messages à caractère politique ou religieux. Or, le Vatican est un Etat. », Ce qui en soi se tient. On peut tout de même penser que la Ratp, pour s'éviter les problèmes qui incombent à des publicités « borderlines », s'en crée d'autres, peut être bien plus importants.
Quoi qu'il en soit, ces deux films et cette exposition connaissent grâce à la Ratp une bien belle publicité. Cela ne changera rien aux qualités respectives des films mais cela aura peut être une incidence sur le box-office.
Arthur-Léo.P
Pourquoi F. Fillon ne veut-il pas augmenter les impôts?
Le premier ministre l’a dit : il « assume les déficits ».
Il estime qu’aucun Etat européen ne pourra revenir à l’équilibre avant 2012 face à la conjoncture économique difficile. C’est dans cette optique qu’il se refuse toute possibilité d’augmentation des impôts. Pourquoi ?
François Fillon a bien compris que la conjoncture sociale en France est tout aussi mauvaise que la conjoncture économique. De plus en plus de français sont mécontents, les rumeurs de « révolution » sociale s’accentuent à travers les divers sondages sur la question. Les manifestations sont devenues quotidiennes.
Légitimement, le gouvernement, aux vues de la situation, a très peur de l’opinion publique et donc va éviter au maximum de la mécontenter.
De même, le chômage s’accroit fortement et tend dangereusement vers le seuil fatidique des 10% (3.48 millions de chômeurs en mars 2009). Il y a près de 7.3 millions de personnes qui vivent en dessous du seuil de pauvreté en France (soit plus d’un français sur dix). Personne ne saurait dire quelle serait la réaction de la population face à une hausse des impôts.
Il ne faut pas négliger la radicalisation des pratiques sociales dans notre pays : séquestrations des patrons, conflits entre grévistes et policiers (voire entre « matons » et policiers). Radicalisation qui donne d’ailleurs des idées à une partie de la l'opposition politique qui n’hésite pas à utiliser des méthodes particulières pour mettre à mal la majorité parlementaire
(cf : Hadopi et « Affaire TF1 »).
Face à cette situation sociale, le gouvernement a donc, comme tout agent économique, fait un choix.
Il faut limiter le déficit, mais sans augmenter les impôts donc les « profits ». La seule solution est de limiter les « débits ». C’est dans cette optique que la réforme de la santé s’engage par exemple.
Fillon ne veut pas risquer une baisse de la consommation. Si les français ont moins d’argent, mais des impôts plus importants, ils vont alors limiter leurs dépenses. Or c’est la consommation des français qui a permis au pays de limiter le désastre économique à l’inverse de certains de nos voisins. C’est par la consommation que le gouvernement compte relancer l’économie, il sera impensable dans ce cas de risquer toute baisse de celle-ci.
Pour limiter les coûts, le gouvernement ne peut jouer que sur les services publics.
C’est pourquoi Fillon annonce : « nous maintiendrons la règle du non-remplacement d'un départ en retraite sur deux dans la fonction publique, soit 34 000 postes en moins, et nous accélérerons l'effort de la révision générale des politiques publiques (RGPP) ». Il prévient également d’une deuxième vague de réductions. Les dépenses sociales vont donc être passées au crible pour voir où les dépenses sont inutiles ou pas assez utiles pour être précis. Le premier ministre a tout de même comme objectif l’équité. Dernièrement, les collectivités territoriales vont certainement voir leurs prérogatives augmenter.
Pour finir, on peut lier la situation actuelle avec une autre période de l’histoire.
Dans la seconde moitié des années trente aux Etats-Unis, il y eut un profond renouvellement des pensées économiques. C’est ainsi que Keynes a connu une aura incroyable. Alors qu’il était encore péjoratif de parler d’augmenter les dépenses publiques dans ce pays, on décida que pour stimuler l’économie, il était bien plus intelligent d’accroître les dépenses des citoyens (particulièrement des plus riches) que d’augmenter les impôts… Certes il y avait un déficit, mais le déficit était faible (3.9 milliards de dollars en 1938 et en 1939 aux USA alors qu’il était de 3.4 milliards en 1934 par exemple).
On comprend mieux alors la politique de Fillon que l’on peut résumer ainsi : «Quoi qu’il en soit il y aura un déficit, autant faire en sorte qu’il y en ait le moins possible.
Encore faudrait-il que le président de la république donne l’exemple.
Un député socialiste a calculé que le voyage à Nancy de Nicolas Sarkozy aurait couté près de 2.35 millions d’euros.
Voici son calcul :
- 200.000 euros: le salaire du millier de policiers et CRS mobilisés pour l'occasion,
- 150.000 euros: le coût du voyage du président, de sa suite et des compagnies de CRS,
- plus de 2 millions d'euros: la perte économique générée par le blocage pendant deux heures de 50.000 personnes.
Sources : Le figaro et LCI.
Arthur-léo.P
Hadopi pas adopté!
Ce jeudi 09 avril, la loi Hadopi était soumise au vote des députés. Après des débats de plusieurs mois le texte allait enfin être adopté. Nicolas Sarkozy se frottait déjà les mains le matin même en se félicitant de la future adoption de cette loi. Les députés de la majorité faisaient fi de leurs inquiétudes à ce sujet et s'attendaient à une victoire facile. Or le projet de loi est refusé. En effet, les députés ont décidé à 21 voix contre 15 de rejeter le texte issu de la commission mixte paritaire (ce qui est une première depuis 1983). Pourquoi? Comment la majorité a t'elle pu perdre? Le texte est t'il définitivement enterré?
L'absence de la majorité:
Le rejet par l'assemblée est véritablement inattendu. Cela s'explique par l'absence d'une grande partie de l'assemblée: il n'y avait que 36 députés présents. Le plus drôle dans l'affaire est certainement le fait que pour éviter de « se faire avoir » les députés de l'opposition se sont cachés lors des débats, avant d'arriver juste à temps pour le vote. L'absence de quasiment tous les membres de la majorité cause l'échec du projet. Mais cette absence peut s'expliquer de différentes manières: une simple « imprévoyance » de la majorité (thèse défendue par l'UMP), une opposition interne au parti de droite (par exemple, Jean Dionis du Séjour et Nicolas Dupont-Aignant pourtant deux députés de la majorité ont voté contre hadopi), une majorité qui se moque royalement du texte.
Cette dernière possibilité ne semble que très peu plausible. En effet, Nicolas Sarkozy qui reste quoi qu'il en soit le chef de file du parti dominant voulait absolument cette loi. Il l'avait fait comprendre par le biais de Jean François Copé aux députés. C'est pourquoi le vote ne devait être qu'une formalité.
Un point particulièrement litigieux:
Si la gauche était contre ce texte dès le début, les membres de l'UMP n'étaient pas tous pour. En effet, certains points ne plaisaient pas du tout. Ainsi la double peine qui a été établi par la commission mixte paritaire est un des points litigieux. Cette mesure prévoyait que le pirate soit condamné à ne plus avoir accès à sa ligne internet (tout en conservant son accès à la télé et au téléphone dans le cadre d'une offre Triple Play), et en même temps continuer à payer le forfait. C'est ce point qui a causé le trouble dans les rangs de l'UMP. C'est certainement ce point qui a empêché la création de la haute autorité pour la diffusion des oeuvres et de la protection des droits sur internet (HADOPI) qui devait repérer les pirates et les condamner selon la riposte graduée.
C'est ce même point qui avait été critiqué par le parlement européen qui avait annoncé que couper la connexion internet va à l'encontre de la liberté d'accès à l'éducation que la convention européenne des droits de l'homme défend.
La loi n'est pourtant pas morte:
Comme le dit parfaitement François Fillon: « Ce texte sera de toute manière bien voté ». La date du 28 avril, retour des vacances de Pâques, est déjà citée. L'opposition demande pour ça part que le gouvernement prenne acte de ce refus et abandonne l'idée même de la loi. Il semble impossible qu'ils voient leur demande aboutir. Par contre la loi ne sera pas votée dans sa forme actuelle. Il sera voté sous sa forme d'avant commission mixte paritaire, c'est à dire, avant la mise en place de la double peine.
Petit victoire tout de même pour la gauche même si ce n'est que le compromis qui est repoussé pas le texte en lui même.
Par contre on repart pour des dépôts d'amendements par les députés, ou par le gouvernement. Puis un vote par le sénat soit le texte devient définitif si le texte voté est identique à celui du parlement, ou dans une version modifiée qui retournera devant l'assemblée qui aura le dernier mot. D'où l'assurance du passage de la loi dans le droit positif.
Les questions qui se posent:
On pourrait se demander si la présence des députés n'est pas essentielle constamment lors des votes et des débats. En effet, en tant que représentant du peuple il est difficilement pensable qu'ils ne soient pas présent lors d'un vote aussi important pour le peuple (sachant que 60% des français sont contre cette loi). À l'inverse, on peut se dire que les députés doivent aussi être proches de leurs concitoyens. Bien que cette idée soit vraie, il faut rappeler que les députés sont représentants de l'ensemble des français et non seulement des personnes de leur circonscription. D'après La constitution commentée, Simon-Louis Formery aux éditions Hachette supèrieure: « Celui-ci (le représentant) n'est pas censé agir en fonction des souhaits de ceux qui l'ont élu, il doit exprimer la volonté de l'ensemble de la collectivité, « vouloir pour la nation » ». C'est l'article 27 de la constitution qui le précise.
Il est possible aussi que le député soit également élu localement. La loi organique du 5 avril 2000 renforce les incompatibilités enter le mandat parlementaire et les mandats locaux. Il ne peut être élu qu'une seule fois en plus du mandat de député. Il peut être conseiller régional ou conseiller général ou conseiller de Paris ou conseiller municipal d'une ville de plus de 3500 habitants. On peut rappeler que le mandat parlementaire est incompatible avec le mandat de représentant au parlement européen, avec les fonctions ministérielles et avec l'ensemble des fonctions publiques sauf quelques exceptions.
Ainsi la majorité est prise à son propre jeu mais la démocratie gagnerait certainement à une présence imposée ( 15 jours par mois minimum par exemple ).
Deuxièmement, on peut dire que Nicolas Sarkozy se prend un coup de bambou sur la tête. En effet ce dernier a été habitué au succès ces dernières semaines. Il avait annoncé la suppression de la publicité sur France télévision, il l'a eu. Il avait souhaité le retour de la france dans l'OTAN il l'a eu. Il faut dire que Nicolas Sarkozy ne gère plus aucun dossier « dangereux ». Il préfère déléguer des personnes pour faire le sale boulot à sa place. Et après il se félicite du succès de ses propositions.
Or cette fois il ne pourra pas se satisfaire que sa majorité ne l'ai fait remporter une victoire pourtant accessible. C'est peut être la fin de cette méthode. C'est peut être une forme de rébellion de la majorité face à ce président qui leur dicte quoi faire. Nous aurons une réponse assez rapidement, en effet, si le 28 avril la majorité se montre encore timide face à Hadopi, le président sera plus isolé que jamais.
En tout cas, sa femme a déjà choisi son camp en 2004. Cette dernière a déclaré à l'époque au micro d'envoyé spécial qu'elle avait « grand plaisir à être piratée car au fond quand on est piraté c'est que l'on intéresse les gens ».
Et comme diraient les guignols, Nicolas a du avoir « grand plaisir » à écouter sa douce et tendre.
Arthur-Léo.P
Grippe A : Entre interrogation et faux débat
21/09/09
Question éternelle de la rentrée...
Le gouvernement a-t-il raison d’en faire trop ?
Est-ce raisonnable de se munir d’environ 100 millions de doses de vaccins (dont on ignore véritablement les effets secondaires) ?
Nous ne serons pas de ceux qui pensent que le coût injecté pour ce qui n’est aujourd’hui que l’illusion d’une pandémie (en France), est inacceptable.
Nous n’aurons pas non plus le leitmotiv de l’infatigable et parfois ridicule Frédéric Lefebvre qui compare la canicule de 2002 et le plan grippal d’aujourd’hui. Ayant pour seule idée de crier haut et fort que le gouvernement agit comme il faut, prenant en compte l’ampleur potentielle des dégâts.
Non, nous pensons évidemment qu’il est toujours mieux d’en faire trop, plutôt que pas assez, dès lors qu’il s’agit de prévoir quelque chose d’imprévisible.
Mais, le débat, s’il n’est pas dans les moyens que l’on met pour déplorer le moins de morts possible, est ailleurs.
En effet, les politiques et autres commentateurs de cette grippe avant tout médiatique oublient de préciser certaines choses.
On peut louer les efforts gouvernementaux tant que l’on veut, mais il n’en reste pas moins que 2 problèmes restent en suspens.
Le premier, c’est la capacité des dirigeants français à ignorer les ravages que peuvent entraîner la pandémie dans les pays du Sud.
Aujourd’hui, 90% des vaccins en production ont été achetés par anticipation par les pays riches.
Mais 96% des décès dus à la pandémie devrait se produire dans les pays en voie de développement (d’après les études de la fondation Bill Gates).
Le professeur d’immunologie à Paris, Jean-claude Ameisen, ajoute même que le virus « H1N1 est avant tout une maladie de pauvres ». Entretenue et aggravée par les conditions de santé, de travail et d’hygiène des pays du Sud, qui payeront en plus de cela leur manque d’infrastructures sanitaires.
Il faut espérer que les pays riches écouterons l'OMS qui leur a demandé de donner 10% de leur vaccin aux pays pauvres.
La seconde question en suspens est de savoir s’il est judicieux ou pas de proposer (obligatoirement ou non) un vaccin qui pourrait, en guise de seconds effets, paralyser tous les membres d’un individu..
Enfin, face à la rhétorique de Lefebvre, lorsqu’il dit que l’Etat ne peut pas faire mieux, l’on peut rappeler certains points qu’il omet de préciser.
Aujourd’hui si la pandémie venait à toucher véritablement la France, les hôpitaux n’ont pas les moyens (en termes de place et de personnels) d’assurer la continuité des services de l’Etat. Et ce, d’autant plus si le personnel hospitalier est lui aussi touché par la grippe.
Alors, Lefebvre, qui vante les mérites de la politique de son maître, pourra et devra préciser que la réforme gouvernementale (qui vise à ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux) et la loi hôpital patient territoire, à peine votée, aggravera considérablement la crise, si elle venait à se déclarer.
Il ne reste qu’à espérer une chose : Ne pas savoir si les vaccins, fabriqués à la hâte, nous ferons regretter une simple pandémie.
Il ne reste qu’à souhaiter une chose : Que cette crise fasse prendre conscience qu’un pays qui n’est pas capable d’avoir des services publics de qualité est un pays qui ne peut qu'avoir beaucoup de crises à déplorer.
D.Perrotin