1er hebdomadaire du net indépendant
La vidéo-surveillance fait-elle baisser la délinquance?
Le 23 mars dernier, le Figaro révélait que la vidéosurveillance aurait permis la réduction de 58% de la délinquance de rue à Orléans, 50% à Epinay-sur-Seine... On apprenait également du gouvernement que, grâce aux 350 000 caméras publiques et privées en France, le volume de délinquance aurait chuté de moitié en seulement cinq années. Ces chiffres arrivent à point nommé, juste après la décision du maire de Paris d'installer 1500 caméras de surveillance dans la capitale et juste après le lancement d'un nouveau plan de « sécurité » par la ministre de l'Intérieur Michelle Alliot-Marie qui souhaite, d'ici à fin 2009, passer de 20 000 à 60 000 communes équipées en caméras. Mais ces belles annonces cachent de sérieux mystères...
D'abord, Jean-Marc Leclerc (du Figaro) est le seul journaliste à avoir eu accès aux chiffres du gouvernement. L'article a été repris par TF1et France 2, le soir même, sans aucune vérification possible. Parce que les chiffres proviennent du gouvernement, ne devrions-nous tout de même pas vérifier les sources?
Plus grave encore, il n'y a que de jolis chiffres. On ne présente ni la façon dont ils ont été recensés, ni leur source, ni même les modalités statistiques. En vérité, de simples chiffres qui prétendent montrer la baisse de la délinquance dans les espaces vidéo-protégés ne sont en rien une preuve de l'efficacité des caméras.
En effet, aujourd'hui personne n'est capable d'établir un lien systématique en France entre vidéosurveillance et arrestation d'un suspect dans l'espace public. Pourquoi? Tout simplement, parce que lorsque la police arrête un suspect grâce à une caméra, et que celui-ci est jugé coupable, la police ne signale pas que ce coupable a été retrouvé grâce à la vidéosurveillance. Et réciproquement, on ne fait pas état de tous les suspects arrêtés sur la base de vidéosurveillance, puis relâchés. D'ailleurs, selon le blog Bugbrother, spécialiste en la matière, les quelques études menées à l'étranger montrent qu'il n'y a pas d'effets significatifs sur la réduction de la délinquance, ou pire encore, qu'elle ne fait que se déplacer dans les zones non filmées. Pour le sociologue, Tanguy le Goff: « La vidéosurveillance dissuade peu les délinquants qui adoptent des mécanismes de dissimulation et des stratégies d'adaptation à l'outil. ».
Ces propos ne font que confirmer ceux du directeur de Scotland Yard à Londres qui parle « d'une contre-performance spectaculaire » dans le pays au taux de densité de caméras par tête le plus élevé au monde. Il estime le taux d'élucidation (identification d'un vrai suspect à l'aide des caméras) de seulement 4%. Il y a donc un paradoxe entre la certitude du Figaro et du gouvernement qui prétend que « cet outil peut faire des miracles », et les études menées jusqu'à maintenant.
Mais il est vrai qu'au-delà du rendement sécuritaire, le développement de la vidéosurveillance est un réel enjeu économique. Et pour convaincre les municipalités d'investir, le gouvernement met en avant les chiffres de diminution de la délinquance de 300 villes. Mais il y a plus de 1142 villes entièrement vidéo équipées. Quels sont alors les résultats sur la délinquance pour les 842 autres?
Aussi, il est important de rappeler que Alain Bauer, conseiller en sécurité de la ministre de l'Intérieur, travaille également dans une entreprise qui vend du matériel de vidéosurveillance. Enfin, comme un conflit d'intérêt en cache toujours un autre, Jean-Marc Leclerc, journaliste au Figaro et auteur des révélations est aussi membre du « groupe de contrôle des fichiers de police » présidé par ce même Alain Bauer.
On comprend tout de suite l'intérêt pour certains, de faire de l'hexagone un petit Big Brother.
* retrouver les sources documentation française sur Bugbrother.
D. Perrotin
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L'affaire Karachi: Un scandale d'Etat?
27/07/09
Les Faits
Le 8 mai 2002, à Karachi, au Pakistan, un véhicule Kamikaze détruit un bus de la Direction des Chantiers Navals (DCN) transportant des militaires qui assemblent un sous-marin français vendu aux pakistanais. L'explosion fait 14 morts dont 11 français et 12 blessés. Les autorités pakistanaises puis françaises accusent Al Quaïda d'être l'auteur de l'attentat, ce qui paraît crédible juste après les attaques du 11 septembre.
Quelle était la transaction en cause?
En 1994, le ministre de la Défense française F. Léotard signe un contrat avec le Pakistan garantissant la vente de 3 de nos sous-marins, pour un montant de 825 millions d'euros. Mais cette vente s'est accompagnée de commissions versées, de manière plus où moins occulte. Ainsi, selon Bakchich et Médiapart, des financiers pakistanais (mais aussi le mari de Benazir Butto) auraient reçu un versement d'argent important.En sommes, des commissions et des rétro-commissions sont régulièrement versées à partir de 95 pour s'assurer que la vente des sous-marins se déroule correctement et que personne n'y perd au change. Mais, les personnes au pouvoir à l'époque, et qui sont normalement au courant de ces transferts d'argent entre la France et le Pakistan, ne sont autres que le premier ministre E. Balladur, le ministre des finances N. Sarkozy et le directeur de cabinet du premier ministre N. Bazire. Précisons que pour tout versement de commission, N. Sarkozy avait l'obligation de signer le versement et donc d'approuver ces agissements.Un rapport de la DCN écrit en 2002 et nommé « nautilus », annoncerait même que les financiers pakistanais touchant les commissions auraient financé la campagne électorale de Balladur en 1995.
Que serait le mobile de l'attentat?
En 1995, après une féroce bataille entre Chirac et Balladur, Chirac est finalement élu et décide immédiatement de faire le « nettoyage » selon le rapport « nautilus », concernant le versement des commissions occultes. Cette décision n'a évidemment pas plu aux responsables pakistanais. C'est pourquoi, plusieurs alertes avaient précédé l'attentat, dont une tentative d'enlèvement sur un salarié de la DCN et, fin janvier 2002, la découverte d'une bombe sous une voiture de l'ambassade de France à Islamabad.Mais cela n'a pas empêché l'Etat français ou pakistanais de faire croire à une attaque terroriste, masquant ainsi l'évidence d'une sombre affaire politico-financière, franco-pakistanaise.
Beaucoup trop d'incohérences
Cela aurait dû alerter le célèbre juge anti-terroriste J-L. Bruguière, alors chargé de l'affaire. Pourquoi les différents pouvoirs politiques se sont-ils acharnés à accuser Al Quaïda, alors que ces derniers n'ont pas, contrairement à leurs habitudes, revendiqué l'attentat?D'ailleurs, selon Le Point, les expertises à Paris ont établi que la bombe de 2002 avait été fabriquée avec un explosif militaire de type TNT, alors que les forces de sécurité locales pakistanaises ont toujours évoqué un engin artisanal à base d’engrais chimiques et pour cause : de tels produits ont été trouvé chez les suspects interpellés.Comment se fait-il que le juge Bruguière n'ait pas utilisé les éléments du rapport Nautilus, et qu'il n'ait pas fait plus avancer le dossier? Ce même juge anti-terroriste, remplacé récemment après s'être présenté à une élection locale sous la bannière UMP. Voulait-il protéger sa famille politique?Pourquoi les familles des victimes n'ont eu accès au dossier que 7 ans après les faits, alors même que la loi autorise à toute partie civile de consulter le dossier?
Des preuves ignorées
Lorsque le juge Bruguière est remplacé par le juge Trevidic, ce dernier raconte lui même, le 18 juin 2009, que le rapport « nautilus » ne figurait pas dans le dossier, et que c'est après avoir lu le site Médiapart, qu'il pensait « mettre de côté l'hypothèse Al Quaïda » au profit d'un conflit politico-financier.En plus du rapport ignoré, le chef du parquet de Paris avait, peu de temps après l'attentat, envoyé 3 disquettes de photos, que le juge Bruguière à défaut de les utiliser, a détruit, pour les faire disparaître du dossier.
Des comportements inacceptables
Il faut ajouter aux manquement de l'enquête, aux manigances judiciaires et politiques, un comportement honteux de la part de certains médias et même du chef de l'Etat. En effet, lorsqu'un journaliste AFP interpelle le président Sarkozy, sur cette affaire, à la conférence de presse de Bruxelles, celui-ci ose déclarer que ce ne sont que des « fables » et que « les secrets d'Etats n'existent plus ». (Voir Vidéo), se permettant même de rire de cette histoire qui a tué 11 français. Outre le fait qu'il ne respecte pas l'indépendance judiciaire en déclarant que cette hypothèse mettant en cause les dirigeants français de 1994, dont il faisait parti, est fausse, il adopte un comportement indigne d'un chef d'Etat. Mais N. Sarkozy peut se rassurer d'être protégé par la rédaction de TF1 qui, à la diffusion du témoignage d'une famille d'une victime, a censuré des propos mettant en cause l'action et le comportement du président. Mais aussi par l'ensemble des médias généralistes qui ne font pas grand bruit de cette affaire.
Des futures craintes
Enfin, l'on peut s'inquiéter du déroulement de l'enquête à venir. Le projet de loi n°1216 relatif à la programmation militaire pour les années 2009 à 2014 va accroître sans limites précises les zones d’influence protectrices du secret défense en laissant le dessin de ses contours, au coup par coup, entre les mains du gouvernement. Le voile du secret va donc s’étendre sur de grands pans de l’activité gouvernementale, et pourra protéger tous les responsables français d'une éventuelle mise en cause. Ajoutons à cela la réforme de la justice, avec la création d'un « juge de l'instruction » voulu par N. Sarkozy, qui soumis directement au parquet et donc au gouvernement, pourrait avoir de grandes difficultés à enquêter contre l'Etat.
Il va de soi que l'affaire Karachi n'en est qu'à ses débuts, et qu'il faudra beaucoup de courage des juges pour mettre en lumière les nombreuses parts d'obscurité; mais aussi beaucoup de persévérance du côté des familles des victimes pour que les médias prennent plus en considération cette affaire qui ne ressemble à rien d'autre qu'à une affaire d'Etat.
D. Perrotin
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Grippe A: Où en est on?
10/05/09
Qui faut-il croire ?
Ceux qui s'alarment et proclament l'Etat d'urgence ? Ou ceux qui pensent que tout l'emballement médiatique et médical ne relève que de la parano collective.
Les médias vous donnent le choix. Les phrases journalistiques sont toutes les mêmes : elles commencent par des scénarios catastrophes en début de phrase, ponctuée de « il ne faut pas s'alarmer », ou de « nous en sommes pas encore là » en fin de phrase.
Pour autant, nous pouvons toujours dissocier l'angoisse de la réalité.
Le virus est bel est bien là, même s'il n'est pas aussi virulent qu'on voulait bien le prédire.
En effet, de moins en moins de pays sont épargnés et ce 10 mai 2009 a été marqué par la première victime du virus, hors du foyer épidémique. Un homme est décédé du virus au Costa-Rica, alors qu'il ne s'était jamais rendu au Mexique.
Si l'on ne peut véritablement se fier aux prédictions journalistiques, nous pouvons tout de même rappeler le bilan tout à fait relatif de cette Grippe:
Il y a 3400 personnes porteuses du virus dans 30 pays différents, et 15 cas contaminés en France.
Les Etats-Unis sont particulièrement touchés (600 nouveaux cas en une seule journée) et dépassent en nombre de victimes le foyer de l'épidémie.
Le Canada conserve le 3ème rang des pays les plus touchés avec un total de 281 personnes contaminées mais « seulement un mort ».
Le problème n'étant pas de se féliciter du faible nombre de décès à déplorer, mais plutôt de savoir si oui ou non le virus va muter et devenir beaucoup plus virulent qu'il ne l'est déjà.
En effet, le patrimoine génétique du virus résulte d'une étrange recombinaison entre des virus d'origine porcine, aviaire et humaine.
Certains dénoncent d'ailleurs, depuis des années la concentration de grands élevages porcins, notamment aux Etats-Unis, entraînant le risque d'une pandémie.
Déjà en 1998, on détectait pour la première fois une hybridation entre des souches porcines, aviaires et humaines dans un élevage industriel de Caroline du Nord.
Quelques associations mettaient alors en cause la croissance spectaculaire des élevages industriels , (ce qui décuplait les risques de contamination) et dénonçaient la généralisation des vaccinations anti-grippales sur les animaux (ce qui faciliterait l'épidémie).
Cette logique stratégique des entreprises porcines, comme celle de la filiale de « Smithfield Foods », premier producteur de porc au monde, visait à ignorer les risques de contamination et garantir ses marges plutôt que de suivre les recommandations de l'O.M.S.
Pas étonnant alors que l'on retrouve une de ses filiales « La Gloria », dans le premier village Mexicain contaminé.
D.Perrotin
Besson et la Cimade: L'arroseur arrosé!
La bataille avec la CIMADE (association de défense des droits et d’assistance juridique pour les immigrés en rétention) dure depuis de nombreuses années.
Déjà, au début de l’année, Le ministre de l’immigration, Eric Besson, avait menacé la Cimade d’un procès en correctionnelle car, cette association avait qualifié les actions du ministre de « méthodes de voyous ».
Mais la dernière polémique concerne la suspension par le tribunal administratif de Paris de l’accord entre les 5 associations et le ministère de l’immigration concernant l’aide aux immigrés dans les centres de rétention administratifs.
En effet, Brice Horteufeux avait lancé , à l’été 2008, un appel d’offre afin de confier à plusieurs associations la mission « d’informer les étrangers et de les aider à exercer leurs droits ».
Alors que jusqu’à présent, la Cimade était la seule organisation à avoir l’autorisation de pénétrer dans les centres de rétention, de témoigner du traitement des immigrés ( loin de ravir le ministre), et surtout d’assister juridiquement les immigrés.
La Cimade représentait donc pour le gouvernement un frein à la politique du chiffre, puisqu’ils aidaient les personnes en rétention dans les procédures et témoignaient surtout des conditions parfois déplorables de détention (présence d’enfants de bas âge, mauvais traitements…). Cet appel d’offre constituait donc un moyen astucieux pour en finir avec le monopole de la Cimade dans ce domaine, et surtout remplacer « l’assistance judiciaire », par « information judiciaire » permettant ainsi au ministre de poursuivre son activité préféré : l’expulsion des immigrés.
5 associations en plus de la Cimade ont donc répondu à l’appel d’offre. Mais une association, le « collectif respect » se détache du lot par son opacité et son manque d’expérience.
Effectivement, cette association est quasi-inconnue dans le milieu associatif. Créée après les sifflements de la marseillaise lors du match France-Algérie, elle dit avoir pour objectif de « promouvoir le respect dû à l’autorité légitime, et en particulier aux institutions et au président de la République ». Objectif, donc, sans rapport ni de près ni de loin avec l’assistance juridique aux immigrés.
En outre, d’après le site de la Ligue des Droits de l’Homme de Toulon, le collectif a fait modifier sa déclaration à la préfecture fin Août 2008, en ajoutant la mention « informer les étrangers, les aider à exercer leurs droits », qui n’y figurait pas auparavant.
Mais ce qui est bon à savoir, et qui explique peut-être leur réponse à l’appel d’offre du ministre, c’est que l’association a été dirigée jusqu’en 2008, par Frédéric Bard (UMP), ancien chargé de mission au sein du ministère de l’immigration.
Pourtant, Mr Besson qui voulait attaquer la Cimade en justice, a vu ses ambitions réduites, après la décision du Tribunal de suspendre cet appel d’offre. L’ordonnance du juge indiquant que « les prestations objets de marché, ainsi fixées par le ministre, ne permettent pas d’atteindre l’objectif fixé (…) à savoir mettre les étrangers retenus, à même d’assurer l’exercice effectif de leurs droits ».
Le ministre, en pleine impasse, vient de prolonger l’action du Cimade pour 3 mois. Reste à savoir si le Conseil d’Etat, lui aussi sollicité, va juger légal cet appel d’offre qui semble de plus en plus n’être qu’une illusion de plus afin de mieux servir le gouvernement.
Le mouvement universitaire: Entre info et intox
11/05/09
Après plus de 3 mois de contestations dans les universités : Que retient-on ?
Hélas ! Peu de choses!
Excepté les différentes polémiques sur les formes de contestation novatrices, le conflit entre les chercheurs et le journal « le monde », où la détermination du gouvernement à faire croire que des extrémistes de gauche contrôlent le mouvement et le radicalisent.
En sommes, l'opinion publique soutient ou conteste ces grèves, mais ne sait pas toujours pourquoi elles ont pris une telle ampleur.
En effet, la rogne qui vient des universités n'est pas nouvelle. C'est en quelque sorte la prolongation du refus de la loi Liberté et Responsabilité des Universités (LRU), et également celle du processus de Bologne qui aura 10 ans cette année.
Les principales contestations se portent sur la Masterisation, le nouveau mode d'évaluation, l'augmentation de la charge d'enseignement et l'accroissement de l'autonomie des universités.
D'abord pour l'évaluation.
La plupart des enseignants-chercheurs ne refusent pas l'idée d'une évaluation, mais souhaitent s'accorder sur des critères bien définis pour savoir par qui et comment ils seront évalués. C'est pourquoi ils rejettent la façon dont le décret envisage l'évaluation.
En effet, celui-ci prévoit d'évaluer les universitaires tous les 4 ans par leurs pairs à travers une instance nationale indépendante (C.N.U). Projet en théorie tout à fait acceptable.
Mais le président de l'université qui évalue, n'est en aucun cas (dans les textes) tenu de suivre les recommandations du C.N.U. Il aura donc tous les pouvoirs pour décider de favoriser ou non la recherche d'un enseignant et de définir les critères et les orientations selon (osons le dire !) une logique rentable.
Et ce même président pourra désormais moduler la charge d'enseignement des universitaires.
Effectivement, un enseignant, donne en plus de ses activités de recherche 192h de cours.
Mais le décret permet au président de l'université de moduler la charge d'enseignement de 64 à 384h de cours. Et les suppressions de postes prévues, rendent inévitable l'augmentation de ces heures d'enseignements.
Bien qu'il faille l'accord de l'enseignant à qui on augmenterait ses heures de cours, il est impensable que celui-ci refuse. Puisque le président de l'université a , si le décret passe, de nouvelles compétences concernant les promotions et aménagement de carrière de ces mêmes professeurs.
Enfin, la mastérisation vise à économiser des fonctionnaires au détriment (à priori) de la formation pédagogique.
L'idée étant de recruter les enseignants à Bac +5 plutôt qu'à Bac+4. Mais cela signifie que le décret remplace l'année de stage qui suivait la réussite du concours par 6 mois de stage non rémunérés (ce qui supprimerait l'IUFM).
Cette présentation succinte de la contestation du monde universitaire n'est pas exhaustive.
Ce décret qui promeut la mise en concurrence des universités et des diplômes. Ainsi qu'un désengagement de l'Etat et une uniformisation sur le modèle Anglo-saxon (Frais d'inscriptions compris) aurait des conséquences sur l'ensemble de la société.
Il apparaît donc important que face à cette contestation qui ne désamplifie pas, l'opinion s'informe et se renseigne sur le mouvement.
On peut être étudiant et penser que l'on nous prend en otage. On peut être ouvrier de continental et penser que ceux qui protestent ne sont que des fonctionnaires fainéants.
Mais exigeons de savoir pourquoi ce mouvement jamais vu auparavant, revendique la suppression des différents décrets. Pour enfin condamner ou défendre cette contestation en toute connaissance de cause.
D.Perrotin
L'égalité ? Pour quoi faire ?
25/04/09
Ce lundi 20 avril 2009, le ministre de l'immigration et de l'identité nationale Eric Besson a présenté à Nantes sa nouvelle réforme sur les modalités de la naturalisation.
Elle sera appliquée à 20 départements dès janvier 2010 puis étendue à tout le territoire au 1er juillet 2010. Rappelons d'abord comment aujourd'hui se déroule les naturalisations puis voyons ce qu'apportera cette réforme.
Aujourd'hui, pour qu'un étranger soit naturalisé, il doit d'abord déposer un dossier à la préfecture de son lieu de résidence. La préfecture va ensuite faire les vérifications et les enquêtes obligatoires telle que l'appréciation de la maîtrise de la langue française suite à l'entretien d'assimilation par exemple. Elle délivrera alors un avis et enverra le dossier à la sous-direction des naturalisations (SDN). Cette SDN se trouve à Rezé en Loire-Atlantique (44), près de Nantes. Cet organe va donc s'emparer du dossier, l'instruire et conclure en accordant ou non la nationalité française au demandeur. Le temps total de la procédure varie de 6 à 24 mois, ce qui est relativement long pour l'étranger avant d'être fixé. Sur ce constat, Eric Besson va donc proposer de réformer cette procédure pour la rendre moins longue. Jusqu'ici, tout va bien.
Cependant, cette réforme va en réalité créer des situations très inégalitaires selon le lieu de résidence du demandeur.
En effet, le dossier va comme avant être constitué à la préfecture mais elle aura aussi le dernier mot sur l'accord ou non d'attribution de la nationalité. Cela sera en effet plus rapide. Toutefois, ce qui garantissait une certaine égalité au niveau de l'attribution, à savoir que tous les dossiers étaient étudiés par le même organe (SDN) ne sera plus en vigueur puisque chaque préfecture statuera de plein droit sur ses dossiers. Le nouveau rôle de la SDN sera le réexamen des décisions négatives.
Cela permet-il d'aller plus vite ?
La décentralisation de la décision finale connaît plusieurs défauts, et non des moindres.
Tout d'abord, des pressions pourront être exercées au plus haut par le ministère de l'Intérieur aux préfets pour ne pas naturaliser tel ou tel type ou groupe de personnes; on peut aussi légitimement craindre que des quotas soient publiés pour freiner les naturalisations (comme pour les P.V. récemment). De plus, les avis émis par les préfectures sont déjà très variés.
En effet, une étude réalisée par la SDN à la demande du ministère de l'Immigration révèle que dans les Deux-Sèvres par exemple, le risque d'avoir un avis négatif est de 69% quand il n'est que de 15% dans les Côtes-d'Armor. Selon le chercheur Patrick Weil, "cette réforme n'est pas faite pour gagner du temps : elle est faite pour en faire perdre à certains candidats que l'on considère comme indésirables".
Si les naturalisations étaient nombreuses (100000), c'est aussi parce que la SDN validait à 91% les avis favorables des préfectures, mais surtout, elle transformait l'avis négatif de la préfecture en avis positif à 44%.
Eric Besson veut aussi éviter la double instruction. Mais ces chiffres montrent bien qu'elle est bénéfique pour les demandeurs. On peut donc sans vraiment prendre de risques constater que le but premier de la réforme n'est ni d'aller plus vite ou d'éviter une double instruction mais bien de réduire les naturalisations.
C. Merlaud
SOUTIEN À RUE 89
"OMNIPRÉSENT". Ce mot vous l'entendez souvent pour qualifier le rôle de l'exécutif, et plus particulièrement la place que tient N. Sarkozy sur la scène publique. Eh bien j'ai oublié de signifier que la pression de ce même gouvernement était omniprésente, et à tous les endroits. J'évoquais récemment ce contrôle sur la télévision publique, sur la banque populaire-caisse d'épargne ou sur les médias traditionnels; j'ai commis l'erreur suprême de croire qu'internet en était épargné.
En effet , France 3 a annoncé une plainte contre X pour « vol, recel, et contrefaçon » à la suite de la mise en ligne sur Rue 89, de la vidéo précédant l'intervention de N.Sarkozy au direct du 19/20 le 2 juillet. L'avocat de FR3 les enjoignait même de divulguer leur source. C'est une demande très grave et qui bafoue la liberté de la presse, sans cesse malmenée. Pour le syndicat national des journalistes, il ne fait aucun doute, que c'est l'Elysée qui a fait pression sur la chaîne pour qu'elle intente une action en justice. Plus tard, d'ailleurs, le site apprendra par un conseiller de l'Elysée, que ces derniers ont dû « insister auprès de la chaîne, pour qu'ils portent plainte ». En effet , la vidéo présente un président agacé du comportement des salariés, et des manifestants de la chaîne, et promet «qu'avec lui cela va changer ».
C'est pourquoi notre site, si modeste soit-il, s'associe au soutien porté à RUE89 pour défendre les droits journalistiques et résister à cette pression gouvernementale. Cette nouvelle atteinte aux libertés intervient dans un contexte difficile pour la presse, après plusieurs perquisitions dont celles du Canard Enchaîné, du Point, d'Auto-Plus, de l'Équipe, ou encore du Nouvelle Observateur... N'oublions pas que c'est cette protection des sources qui a permis à de grandes affaires de corruption comme le « Watergate », d'éclater.
Vérifier l'information est fondamental, la protéger l'est encore plus.
Voir la vidéo:
http://www.rue89.com/2009/03/30/aubry-bayrou-besancenot-villepin-soutiennent-rue89
D.Perrotin
Quand la politique sécuritaire s'attaque au secondaire!
On se souvient encore de la polémique suscitée par l'intervention de policiers dans un collège, afin, selon eux, de lutter contre le trafic de drogue des 12-15ans. Qu'à cela ne tienne, on remet ça!
Le 10 mars, nouvelle bavure policière contre des jeunes collégiens de Bordeaux, en visite à l'Assemblée Nationale.
C'est en attendant le T.G.V, à la gare Montparnasse, pour repartir chez eux, qu'à 19H, un groupe de C.R.S. a confondu la classe de 3ème, avec des manifestants. Les policiers leur ont asséné de coups de matraque et les ont jetés à terre, malgré les cris des enfants qui leurs précisaient qu'ils étaient en 3ème.
Bilan: dix élèves légèrement blessés, et une entorse cervicale pour l'enseignante.
La ministre de l'intérieur, Michel Alliot-Marie, interpellée au Sénat sur cette affaire, répond "qu'il n'y a pas eu, au cours de cette manifestation, de problèmes particuliers" et a même trouvé utile de rajouter: "je suis moi-même enseignante de formation; quand on a la charge d'un certain nombre de jeunes et notamment de très jeunes, on évite de les mettre dans des lieux où il peut y avoir des manifestations et des mouvements de foule".
Avis aux enseignants: Sachez que la police, en cas de manifestation, frappe tout ce qui ressemble de près ou de loin à un terroriste, ou à un anarchiste. Il est donc évident que des gamins de 15 ans n'échappent pas à la règle.
Après les immigrés, les jeunes collégiens seraient-il une nouvelle cible de cette politique sécuritaire? Affaire à suivre...
D.Perrotin
Une omission de taille
Mardi 19 mai, Olivier Besancenot rejoint devant l’Assemblée Nationale la manifestation des salariés de l’usine Célanese menacée de fermeture. Un vif échange entre le leader du NPA et un homme l’accusant de faire « le jeu de Sarkozy », interpelle le téléspectateur.
Peu de gens pourraient contester les propos de cet ouvrier furieux. Pourquoi Besancenot ne ferait-il pas partie de ces politiciens contemporains qui ont pour seul finalité de flairer la caméra pour exister?
Des journalistes toujours objectifs ?
Mais les journaux ont oublié de préciser que toute cette altercation devant les caméras était « un coup monté ».
En effet, l’homme qui prend à parti Besancenot, n’est autre qu’un militant du P.S qui ne fait que satisfaire les désirs et les ordres de Frédérique Espagnac (membre du PS).
Il est surprenant de constater que le J.T de canal plus omet de préciser la couleur politique de celui qui veut « flinguer Besancenot », tandis que France 2 dénonçait la supercherie dès 20h. Et que aucun média n’a montré la vidéo où Besancenot se justifiait habilement devant le membre et « l’ouvrier » du P.S.
La frustration du P.S n’a pas de limite
Mais ce qui est plus consternant encore, c’est la capacité du PS à se décrédibiliser. Les dirigeants pensent sublimer en assimilant le vote pour le P.S aux européennes à un vote anti-Sarkozy. Puis, ils s’aperçoivent de leur « bêtise » quand l’on sait qu’ils soutiennent le traité de Lisbonne ( by Sarkozy) ou qu’ils votent beaucoup de textes en commun au Parlement Européen en accord avec le PPE (UMP européen).
Alors, ils appellent finalement au vote utile en essayant d’écraser leurs rivaux de gauche, plutôt que de combattre efficacement la droite.
Mais cela ne suffisait pas. Quoi de mieux que de simuler des attaques d’ouvrier sur les partis d’extrême gauche pour exister et représenter une alternative à la politique du gouvernement.
Un parti regretablement incohérent
Le P.S veut à tout prix mettre en avant les élections européennes pour enfin avancer dans la construction de l’union. Mais il ne trouve d’autres moyens que de placer les élections sur le plan national en comparant le vote à un vote anti-Sarkozy qui viendrait sanctionner la politique nationale. Bizarre comme démarche, quand on jure vouloir démontrer l’importance du Parlement Européen.
Le P.S pourrait-il utiliser la force et l’imagination qu’il déploie pour écraser les partis de gauche à mettre en œuvre un programme capable de rivaliser avec la droite ?
D. Perrotin