1er hebdomadaire du net indépendant
Dossier 1: L'Etat des prisons françaises
Dossier 2: Le SIDA en Afrique
Dossier 3: Les Sociétés militaires
Les Sociétés Militaires Privées
L'essor magistral des sociétés militaires privées est dû à plusieurs facteurs :
Cette délégation du monopole de l'usage légitime de la force, fonction régalienne par excellence n'est pas un phénomène entièrement nouveau.
Au moyen âge et jusqu'au XIXème, les rois utilisaient les services de mercenaires, de condottiere, de compagnies privés, dont celle des chauffards de triste mémoire ; les grandes compagnies commerciales, comme la Compagnie des Indes Orientales, payaient leur propre armée. Ce n'est qu'à l'âge d'or de l'impérialisme occidental que les états ont commencé à pouvoir soutenir le coût du maintien de l'ordre public nécessaire pour exploiter les colonies.
Cette cession de la souveraineté de l'état sur la sécurité de l'ordre et la prévention des conflits à l'industrie de la sécurité privé est- elle donc un retour en arrière ?
Peut-on espérer le même type de comportement de la part d'un personnel de sécurité privé, motivé uniquement par le profit, qui se situe en dehors de la chaine de commandement et qui n'est pas soumis aux règles du combat accepté par la communauté internationale?
Ces sociétés militaires dont certaines sont devenues extrêmement puissantes et multinationales, (et ont dans leur conseil d'administration des membres influent de gouvernements) développent des stratégies de lobbying intensif pour obtenir des marchés, agissent-elles pour le compte d'un état ou se substituent-elles à l'état pour décider des hostilités à mener et prolonger les situations de conflits pour pérenniser leur profit ?
Mais si l'état est structurellement impuissant, l'industrie de la sécurité privée peut-elle jouer un rôle important pour combler un vide laissé par un état défaillant ? Offrent-elles des services performants en termes de protection des biens et des personnes ? Les avis sur cette question sont très partagés, les pays anglo-saxons sont en pointe dans ce domaine alors que la France a une législation beaucoup plus restrictive, même si tous les états ont du mal à se priver des SMP comme armes de diplomatie souterraine.
Que signifie le terme de Société militaire privées (SMP) ou en anglais PMC?
Une société militaire privée (SMP) fournit un service à un état ou à une organisation internationale lors d'un conflit armé ou d'un conflit en zone à fort risque, dans un objectif de maintien de la paix. Elles proposent un savoir-faire militaire et différents services comme le maintien de la sécurité, l'armement, et des conseils militaires. Ces services peuvent être aussi bien techniques (construction, surveillance, entrainement de troupes) qu'humains (garde du corps). Ces SMP sont apparues durant la seconde guerre mondiale ; la rapide croissance de l'industrie militaire privée est due à la reconstruction engendrée après la guerre froide.
Juridiquement on peut opposer deux modèles, le modèle Américain qui autorise les SMP en leur accordant une licence, et le modèle sud africain qui interdit leurs activités. De plus on remarque que beaucoup de pays disposent de lois interdisant les activités de mercenariat, mais les SMP ne sont pas considérées comme des mercenaires, même si leurs activités s'en rapprochent. On peut néanmoins constater que les SMP sont souvent comparées à des sociétés de mercenariat, et non à des sociétés de services.
Ce phénomène d'externalisation des défenses est récent ; les américains sont les premiers à avoir développé ce secteur d'activité, qui consiste finalement à une privatisation des fonctions défensives mais aussi offensives d'un état.
Le but principal des SMP est avant tout de faire des bénéfices en proposant des services militaires. Le marché des SMP est énorme (50 milliards de dollars par an et des millions d'emplois dans le monde).
Voici quelques sociétés militaires privées dans le monde, ainsi que les activités et le rôle de celles-ci :
-USA
Blackwater Worldwide
Centre d'entrainement, tirs, protection de personne et d'installations, entrainement de chiens.
Présent en Irak et en Afghanistan.
Maintien de la sécurité sur le sol américain en cas de catastrophe (ouragan).
-FRANCE
Secopex
Sécurité incendie.
Analyse des risques.
Maintien de l'ordre en cas de crise.
Assure la sécurité maritime en somalie.
Sécurité des personnes et des navires.
SUISSE
Ronin Security group
Empêcher les guerres.
Maintien de la paix.
Ainsi les SMP sont amenées à réaliser différentes opérations comme le maintien de la paix, le développement des gardes du corps, l'entrainement de troupes spécialisées, ainsi que de l'espionnage et de la prévention sur certain territoire.
Les SMP peuvent aussi apporter leur soutient lors des grands conflits internationaux comme en Irak et en Afghanistan.
Quels sont les avantages que ce marché représente?
• Les SMP présentent desintérêts politiques :
Les SMP permettent à un Etat de faire la guerre tout en conservant les faveurs de son opinion publique. A l'époque, l'annonce du président George W. Bush de retirer les soldats américains d'Irak en confiant discrètement aux SMP anglo-saxonnes le soin de poursuivre la mission de formation de l'armée irakienne en est un bon exemple. En effet les prestataires privés font preuve d'une grande discrétion et d'une grande flexibilité lorsqu'ils sont chargés d'intervenir à l'étranger. Les SMP sont donc en fait de « petites structures » échappant à tous les inconvénients administratifs auxquels sont confrontées les armées régulières. Elles n'ont pas non plus besoin d'un accord parlementaire pour s'engager dans une mission. Les SMP agissent donc plus rapidement et plus discrètement que ne le ferait une force armée. Dyncorp en est l'exemple de part son implication dans la lutte contre les narcotrafiquants en Colombie. L'opinion américaine est désinformée, les médias ne mentionnent pas les interventions américaines en Colombie. La plupart des contrats signés entre sociétés militaires privées et Etats sont classés « secret défense », et les contractants sont de leur côté liés par le secret professionnel.
Ainsi le recours aux SMP par les États permet d'ignorer la loi, du moins d'en contourner l'esprit, ce qui fait de ces nouveaux partenaires un instrument idéal pour mener une politique étrangère discrète, voire secrète.
Les compétences techniques des SMP ne peuvent être mises en doute, mais l'externalisation excessive de la maintenance et de la mise en œuvre des systèmes d'armement présente un inconvénient de taille, celui de la perte de qualifications au sein des forces armées.
Dans la guerre actuelle que les Etats-Unis ont engagée en Irak, quel est le rôle des SMP ?
On sait que les sociétés militaires privées sont très présentes en Irak aujourd'hui, elles tiennent un rôle particulier et n'ont pas toujours un comportement exemplaire.
Les sociétés militaires privées jouent un rôle prépondérant dans la guerre en Irak ; plus de 180 SMP sont engagées en Irak, avec plus de 180 mille hommes ce qui représente la deuxième plus grosse armé en Irak. Les SMP jouent un rôle d'instruction des troupes Irakiennes, mais aussi un rôle d'entrainement.
Les SMP ont différentes missions en Irak, elles s'occupent essentiellement d'escorter les convois dans les zones à fort risque. Elles jouent un rôle de garde du corps auprès des personnalités importantes. Enfin elles surveillent les sites en reconstruction.
Les SMP occupent une place centrale dans la guerre en Irak ; l'armée américaine dépassée par cette guerre a de plus en plus besoin d'elles.
L'armée américaine est donc dépendante de l'action des SMP.
On remarque que les SMP n'ont pas toujours eu un comportement exemplaire en Irak. Certaines affaires graves ont eu lieu ; les médias occidentaux les ont retransmises. Le 16 septembre 2007 à Bagdad, des membres de Blackwater escortant un convoi ont tué 17 personnes, femmes et enfants non armés et ont agit sans discernement.
Peu à peu ce type d'incidents à remis en cause la crédibilité des SMP. En effet, l'opacité de ces SMP qui se cachent derrière l'aspect privé de leurs opérations et le manque d'information sur celles-ci nous laissent imaginer une attitude malhonnête et une dissimulation du nombre de pertes humaines. Cette industrie de guerre reste floue.
Le problème c'est que les SMP recherchent le profit avant tout. L'aspect lucratif des SMP permet aux missions illicites et aux infractions de se développer de plus en plus. Les états et les entreprises sont favorables à ce système lucratif car ils y trouvent leur intérêt mais l'absence de valeur morale dans les SMP pose un problème majeur.
Les SMP sont en principe limitées à des actions défensives, mais on constate qu'elles ont parfois recours à la force pour effectuer leurs missions, et dans ce cas elles ne passent pas par le système de commandement américain ce qui donne lieu à de nombreux débordement. Ces débordements ne sont pas jugés car les SMP ne sont pas soumises au code de justice américain. L'application des règles qui existent dans les conventions internationales est quasi absente et n'est jamais respectée.
Les débordements commis par les soldats des SMP contribuent à développer la criminalité et la corruption. La stabilité de l'armé est elle même remise en cause.
Quelle est l'attitude de l'Afrique du Sud vis-à-vis des SMP ?
L'Afrique du sud adopte une attitude réactionnaire vis à vis des sociétés militaires privées, chaque activité de type paramilitaire ou de mercenariat y est strictement interdite. Pourtant l'Afrique est un terrain très attractif et lucratif pour les SMP.
On constate que l'Afrique du Sud est à l'origine de loi internationale concernant le mercenariat, mais elle s'est aussi dotée de lois nationales pour lutter contre les SMP et le mercenariat.
La Convention de l'OUA instaurée en Juillet 1977 est l'une des premières mesures de contrôle du mercenariat en condamnant les gouvernements qui recrutent. Cependant, elle ne condamne pas ceux qui se défendent contre les groupes dissidents en employant des actions de mercenariat. Cette convention s'est élaborée à l'échelle internationale et a permit dans un premier temps à l'Afrique du sud de se défendre contre l'émergence du mercenariat.
Elle énonce également les obligations auxquelles les Etats doivent se soumettre et s'engager :
• Prendre des mesures pour limiter voire éliminer les activités de mercenariat.
• Poursuivre ou extrader toute personne commettant une infraction visée dans la Convention
• S'entraider et s'informer mutuellement en ce qui concerne les crimes de mercenariat.
L'Afrique du Sud s'est également dotée de lois nationales dans les années 1990, elle contrôle et limite l'existence des SMP en leur imposant de s'enregistrer et de demander une autorisation pour chacune de leurs activités. Egalement, elle interdit à un sud africain de participer à un conflit armé dans le but d'en obtenir des avantages personnels ou encore elle interdit à un sud africain d'employer un membre des SMP pour des actes mercenaires ou encore de financer ces actes ou d'y prendre part.
Cette loi représente un modèle, tant du point de vue moral que du point de vue politique.
Cependant, les SMP n'hésitent pas à contourner les conventions de l'ONU, tout comme les lois sud-africaines, en allant à l'encontre de ces mesures interdisant l'activité de mercenariat et en toute logique normalement celles des SMP.
Ces SMP prospèrent sur de nombreux vides politique et juridique, malgré les scandales qui ont émaillé l'intervention de Blackwater en Irak, aucun de ses employés n'a été poursuivi pour crime de guerre, ce qui est inadmisible.
Ce système est une belle parade offerte aux Etats belliqueux pour tuer toujours plus mais avec de plus en plus de discrétion. Les morts, cela ne compte que si cela se sait.
G.Perfettini
Sources
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...
Q'EN EST-IL DU SIDA EN AFRIQUE?
En quelques années, l'infection par le VIH et le SIDA est devenu une des causes majeures de décès à travers le monde, et constitue aujourd'hui, dans de nombreux pays, la première cause de mortalité des jeunes adultes.
Cette évolution rapide pose la question de l'impact démographique du SIDA déjà à l'heure actuelle et encore plus à moyen et long terme.
En France, il est assez facile de connaître l'impact démographique de l'épidémie et de prévoir son évolution à moyen terme car on dispose d'un bon enregistrement des cas de SIDA
Mais la situation est radicalement différente en Afrique, le continent actuellement le plus touché par l'épidémie. Du fait du faible engagement de L'ETAT civil, de l'enregistrement défectueux des causes de décès et du caractère très parcellaire d'étude de santé, on ne dispose que de très peu d'éléments pour évaluer l'impact démographique du SIDA.
Le VIH jusqu'à maintenant :
Comment définir cette maladie?
Le SIDA c'est un syndrome d'immunodéficience acquise, qui est le stade ultime de l'infection, causée par le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) qui réduit progressivement la capacité de l'organisme à se protéger contre les infections .
Un sujet infecté par le VIH peut sembler et se sentir en bonne santé pendant une période pouvant aller jusqu'à 10 ans et plus, avant de voir apparaître les premiers signes du SIDA. Cependant le VIH affaiblit progressivement le système immunitaire de l'organisme qui perd peu à peu sa capacité de résistance aux infections telles que la pneumonie, la diarrhée, les tumeurs et autres maladies. Dans l'incapacité de se défendre, la plupart des personnes infectées meurent dans les 3 années suivant l'apparition des 1ères manifestations du SIDA.
Le SIDA est essentiellement une maladie à transmission sexuelle. La majorité des infections par VIH ont été transmises par des rapports sexuels non protégés avec une personne déjà contaminée. La transmission du VIH peut également se produire par l'intermédiaire du sang, de produits sanguins déjà infectés, ou par l'usage de seringues contaminées. Il peut aussi être transmis d'une mère infectée à son bébé, avant la naissance, pendant l'accouchement, ou par l'allaitement.
Quelles sont les causes de transmission du SIDA en Afrique:
D'abord, il y a un manque cruel de prévention lié à la faiblesse des pouvoirs publics mais aussi de l'importance des cultures et religions qui sont majoritairement hostiles au port du préservatif (même si la religion musulmane ne l'interdit pas). Les populations et surtout celles rurales ignorent le mode de contamination du virus, ainsi que l'importance du préservatif pour éviter la contamination. Et ajouté à cela, il est très difficile de se procurer des préservatifs, la distribution n'est ni nationale ni du ressort des pouvoirs publics mais surtout d'ONG (Organisation Non Gouvernementale).
La population est aussi très attachée aux coutumes et traditions. Par exemple il y a certaines règles traditionnelles qui permettent aux veuves d'avoir accès à la terre, malgré le décès de leur mari (alors que la procédure normale exige qu'elle perde tous leurs biens). C'est la règle du LEVIRAT, coutume qui oblige le frère du mari décédé, à épouser sa belle-sœur, pour qu'elle conserve ses terres.
Cependant, beaucoup d'initiatives tendent à vouloir supprimer cette pratique, ce qui conduit la veuve qui ne possède plus rien, pour survivre, à se prostituer et ainsi cela facilite l'expansion du SIDA.
On peut donc dire que, tout comme le début de la découverte du SIDA en Occident , la principale cause des contaminations est due à un manque d'information, à des théories culturelles ou religieuses qui sont en contradiction avec les principes de protection, et on peut ajouter dans le cas de l'Afrique un taux d'analphabètes qui accroît d'autant plus la probabilité à ignorer le mode de contamination du virus.
De plus, la pauvreté accroît la vulnérabilité au virus du SIDA. L'apparition et la progression de la malade sont retardées chez les sujets porteurs bien nourris. Les familles n'ayant pas une alimentation suffisante sont plus exposées car la malnutrition est étroitement liée au mauvais état de santé qui rend à son tour, un sujet plus vulnérable et peut raccourcir la période d'incubation du virus, les symptômes apparaîtront plus tôt. La situation est encore pire, car ce sont eux qui n'ont ni les moyens de se soigner ni d'acheter des médicaments. Enfin, celui qui souffre chaque jours pour survivre, aura moins d'attention à une maladie qui peut le tuer dans 10 ans, puisque ce qui le préoccupe d'abord c'est essayer de tenir au quotidien.
Les Chiffres actuels de l'épidémie :
34 à 46 millions de personnes dans le monde sont porteuses du virus du SIDA. Pour la seule année de 2003, plus de 3 millions de malades sont morts. Cette même année, l'Afrique dont la population ne représente que 11% de la population mondiale, abritait les 2/3 (66,6%) de tous les patients atteints du virus dans le monde. (chifre ONUSIDA)
Aujourd'hui 1 africain sur 12 est porteur du virus et/ ou malade. L'impact de la maladie ne se mesure pas qu'en nombre de morts. Les conséquences sociales sont également majeures.
Le SIDA réduit à néant les efforts faits pour permettre l'émancipation des femmes ainsi que les maigres avancées en termes d'éducation ...
Aussi l'impact de la prise en charge sanitaire des populations est considérable. Aujourd'hui 80% des malades hospitalisés dans les hôpitaux publics sont séropositifs. La progression démographique de l'Afrique est stoppée. La mortalité périnatale a regrimpé en flèche. L'espérance de vie a chuté à 49 ans dans les pays d'Afrique Australe alors qu'elle est de 78 ans dans les pays occidentaux.
Dans l'ensemble du monde, les personnes âgées entre 20 et 40 ans sont les plus touchées. C'est à dire que les forces vives, moteurs économiques des pays africains sont manquantes. 10 millions des jeunes entre 15 et 24 ans sont atteints du SIDA et 3 millions des - de 15 ans.
Quelles sont les Incidence sur les indicateurs économiques et sur la croissance ?
La croissance économique d'un pays est habituellement corrélée à l'espérance de vie. On considère que 0,5% de croissance économique est gagné pour cinq ans d'espérance de vie supplémentaires. Avec une espérance de vie de 49 ans, la croissance économique de l'Afrique se trouve gravement hypothéquée. Les dépenses en infrastructures, en personnel et en formation que nécessite le SIDA réduisent considérablement le développement économique du pays déjà bien mal parti.
Il est très difficile de chiffrer précisément les conséquences économiques d'une maladie donnée sur le développement d'une région. Le SIDA coûterait entre 11,7% et 35,1% du PIB annuel selon ONUSIDA.
Le SIDA, bien qu'on ne puisse le chiffrer véritablement a et aura un impact considérable sur l'agriculture, la production industrielle, la sécurité alimentaire et des conséquences sociales : ◊ Destruction des familles et des structures sociales, des millions d'orphelins livrés à eux même, (il est prévu 41 millions d'orphelins en Afrique d'ici à 2010). Pour les plus pessimistes, les économies africaines vont « imploser sous l'effet du SIDA »
Concernant l'agriculture, le SIDA déstabilise les systèmes agricoles et affecte la situation nutritionnelle et la sécurité alimentaire des familles rurales. Lorsque des adultes tombent malades et meurent, leur famille doit faire face à une baisse de productivité et perd des connaissances sur les méthodes d'exploitations. La FAO (Food And Organization of the United Nations), a estimé que dans les 25 pays africains les plus touchés, le SIDA a provoqué la mort de 7 millions de travailleurs depuis 1985. Il pourrait en tuer 16 autres millions au cours des vingt prochaines années.
Les familles auront de la main d'œuvre en moins, des frais médicaux et des frais d'obsèques qui pourront facilement les ruiner.
Les Incidence Macro-économique :
Toutes les différentes approches macro-économiques donnent une vision dramatique des conséquences du virus ;
- L'OMS (l'Organisation Mondiale de la Santé) a publié en 2000 une estimation selon laquelle un pays comptant plus de 20% de séropositifs dans sa population, subit une baisse annuelle de son PIB de 1%.
- Selon l'ONUSIDA (Programme commun des Nation sur le VIH/SIDA), la baisse est estimée à 2,6%
- La Banque Mondiale prévoit que le PIB de l'Afrique du Sud, sera en 2010, 17% plus bas qu'il l'aurait été sans le SIDA.
- Certains auteurs pensent que l'épidémie n'est qu'à son début et que le pire reste à venir : (désagrégation des structures familiales, travail des enfants, abandon des politiques d'éducation.)
Cela est grave aussi au niveau Micro-économique :
Et notamment dans cinq domaines pour l'entreprise :
*la main d'œuvre
*la clientèle
*le coût capitalistique (il est difficile de remplacer la main d'œuvre qualifiée)
*l'image de marque de la société
*l'environnement du marché dans lequel il opère.
L'Impact sur la main d'œuvre :
En Afrique sub-saharienne, 4 pays verront une diminution de leur main d'œuvre de plus de 30% en 2020 par rapport à ce qu'elle aurait été sans l'épidémie.
14 pays auront une diminution entre 10% et 30%. En Afrique australe, la main d'œuvre la plus touchée est celle des ouvriers non ou peu qualifiés. Bien que le réservoir de main d'œuvre non qualifiée semble inépuisable, la conjonction de la misère, d'une absence de formation et d'une forte prévalence de séropositivité rend l'avenir du marché de la main d'œuvre plutôt sombre, défavorable au développement des entreprises et de leur marché.
A contrario, les coûts sont d'autant plus importants que la main d'œuvre touchée est qualifiée. Au début, les plus touchées sont ceux qui ont les moyens de voyager et d'entretenir plusieurs liaisons sexuelles. Il s'agit des classes économiquement dirigeantes. Au fur et à mesure que l'épidémie progresse, le niveau social et la qualification des malades tendent à se réguler et les pauvres et les moins formés deviennent les plus nombreux pour des raisons démographiques évidentes.
Les entreprises pourraient alors être tentées de n'employer que les ouvriers dont la séronégativité est prouvée. Cette discrimination est illégale mais dans un marché du travail où le chômage est la règle, des garde-fous devraient être mise en place augmentant encore le coût du travail.
Qu'elle est l' impact démographique :
Une pyramide des âges sectionnée :
L'épidémie frappe principalement les jeunes : Un grand nombre sont contaminés dès leur adolescence ou au début de leur vie d'adulte. Les jeunes filles sont, par rapport aux garçons, infectées plus tôt et en plus grand nombre, principalement dû au fait qu'elles entretiennent des relations sexuelles non protégées avec des partenaires plus âgés.
Selon l'UNICEF, une jeune femme sur trois âgée de 15 à 24 ans est atteinte par le SIDA au Botswana, contre un jeune homme sur sept. Localement les chiffres peuvent être encore plus terrifiants.
A Carletoville, en Afrique du Sud, six femmes sur dix entre 20 et 25 ans ont le SIDA.
Ce sont donc des jeunes adultes qu'emporte l'épidémie : contaminés majoritairement au cours de la vingtaine, les malades du SIDA décèdent effectivement une dizaine d'années plus tard environ, c'est à dire la période la plus productive de la vie, celle aussi où ils ont la charge de leur famille, parents, enfants.
Selon l'ONUSIDA, le VIH pourrait emporter 1/3 au moins des jeunes hommes et femmes dans les pays ou il sévit le plus durement (Ethiopie, Ouganda...), jusqu'à 2/3 dans certains endroits. Or de tels taux de mortalité chez les jeunes adultes relèvent «du jamais vu dans l'histoire, même après des millénaires d'épidémies, de guerres et de famines » Dans vingt ans, au Botswana, il y aura ainsi plus de sexagénaires et de septénaires que d'adultes dans la quarantaine et la cinquantaine, annonce le Bureau de recensement Américain.
La natalité notamment, devrait considérablement diminuer ces prochaines années du fait du décès prématuré d'un grand nombre de femmes. Une étude réalisée au Zimbabwe a démontré que la probabilité pour une jeune fille de quinze ans de mourir avant la fin de sa période de reproduction avait quadruplé passant de 11% en 1990 à plus de 40% en 2000. Selon le Bureau de recensement Américain, on prévoit en 2020, au Botswana, que le SIDA sera responsable d'une diminution de 50% du nombre de naissances.
On estime, en outre, qu'1/3 des nourrissons nés de femmes séropositives sont eux même infectés. Or, selon l'OMS dans les pays les plus touchés, 20 à 45% des femmes enceintes sont séropositives. Le taux dépasse 50% de certaines zones du Zimbabwe. On enregistre une hausse de 25% du nombre de décès chez les enfants dans certains pays.
L'ONUSIDA projette que pour 2010, la mortalité infantile en Afrique du Sud sera 60% supérieure à ce qu'elle aurait été en l'absence de maladie.
C'est déjà près d'un demi-siècle d'avancée que le SIDA est en passe d'anéantir, tout en matière de mortalité infantile que d'espérance de vie. En un peu moins de 20 ans, cette dernière est ainsi passée de 65 à 39 ans au Zimbabwe. Au Malawi, elle n'est plus aujourd'hui que de 37 ans.
Le secteur de l'éducation:
Selon les syndicats de l'éducation, le corps enseignant est l'un des plus touché par l'épidémie du SIDA. Le pourcentage dans ce secteur est le plus élevé. On va jusqu'à prédire le risque d'une extermination de la profession en Afrique au cours des dix prochaines années. Selon l'Organisation Internationale de l'Education, 35 à 40% des instituteurs et professeurs du secondaire au Botswana sont infectés par le VIH (idem pour l'Afrique du Sud), (Raison culturelle, abus d'autorité morale...)
Concernant les étudiants, 26% des femmes et 12% des d'étudiants hommes sont infectés en AFS (Afrique du Sud). C'est terrifiant, car ce sont ceux qui ont reçu une éducation supérieure depuis la fin de l'Apartheid, capable de diffuser de nouveaux idéaux, et qui mourront. Beaucoup d'autres abandonnent l'école pour s'occuper des malades de leur entourage, ce qui condamne leur avenir à de petits métiers, de la prostitution ou de la mendicité pour survivre.
Finalement, l'affaiblissement des économies fait en sorte qu'il est de moins en moins possible de financer l'infrastructure éducative et de maintenir le système d'enseignement.
Pour conclure
Il y a dix ans, il n'y avait pas de traitement contre le VIH/sida. Un test positif de dépistage du VIH signifiait une mort certaine et imminente. Aujourd'hui en revanche, les traitements à base d'antirétroviraux capables d'attaquer le virus à l'origine du sida peuvent transformer une condamnation à mort en une condition plus chronique, permettant aux patients de vivre plus longuement et en meilleure santé. Sur le plan technique, la thérapeutique antirétrovirale est réalisable partout dans le monde, le prix des médicaments ayant nettement baissé.
Le représentant du secrétaire général de l'ONU à la conférence sur le sida n'est pas allé par quatre chemins pour dire que les pays développés utilisent des centaines de dollars pour lutter contre le terrorisme et ne se soucient pas du Sida et laissent ainsi les pays pauvres avec ce grand mal qui tend à prendre le dessus. . Ce qui aggrave cette maladie du siècle, c'est que le malade ne détient toujours pas les moyens pour lui permettre de faire face à ce mal.
Les malades du Sud sont obligés de supporter les mauvaises humeurs des firmes pharmaceutiques du Nord qui ne font pas de cadeau à ceux qui sont dans le besoin.
Il y a tout de même un signe positif en Afrique du Sud où les taux de contamination ont chuté grâce notamment à des campagnes de prévention massives.
La situation en Ouganda est aussi révélatrice de l'action des différentes ONG puisqu'entre 1999 et 2003, l'utilisation des préservatifs chez les femmes de 15 à 24 ans a presque doublé (+ 44%).
19 pays africains ont créé des conseils ou des commissions nationales sur le SIDA, 40 pays ont achevé leur plan stratégique.
D.Perrotin
Qu'en est-il de l'état des prisons françaises ?
Tout le monde le sait, les prisons françaises sont elles aussi en crise. La différence avec la crise économique est que celle-ci est bien plus ancienne. Avant tout, il est nécessaire de rappeler quelques chiffres.
Aujourd'hui, la prison coûte 1600 euros par mois et par détenu à l'Etat; la durée moyenne d'incarcération d'un prisonnier est d'environ 8 mois.
Par ailleurs, le taux de récidive à la sortie de prison est le plus élevé que pour toute autre alternative à l'incarcération. Ceci est avant tout dû au fait que la prison désocialise les individus détenus car elle les met à l'écart de la société tout en ne permettant pas de bonnes conditions pour favoriser leur future réinsertion.
Pourtant, la prison a un double rôle : celui de protéger la société contre les individus dangereux mais aussi celui de les réinsérer convenablement dans cette même société une fois que leur peine prononcée à l'issue du procès est purgée. Le détenu a alors « payé » sa dette et redevient un citoyen ordinaire. Il doit donc être capable de vivre convenablement. Puisque la prison ne remplit plus de nos jours son second rôle, il est utile de rappeler qu'il existe de nombreuses alternatives à la prison telles que des obligations de soin, des suivis socio-éducatifs, des travaux d'intérêt général, des amendes, des suspensions de permis de conduire, des surcis plus fréquents...
Voyons d'abord l'organisation matérielle des locaux du milieu carcéral français. On ne compte pas moins de 175 établissements qui sont prévus pour accueillir les personnes écartées de la société.
Il y a tout d'abord 115 maisons d'arrêt prévues pour les prisonniers en détention provisoire, pour ceux condamnées à des peines inférieures à une durée d'un an et pour ceux qui sont en attente d'une affectation dans un établissement pour peine.
Les établissements pour peine sont au nombre de 60. Ils sont de plusieurs natures : les centres pénitentiaire qui comprennent au moins 2 quartiers à régimes de détention différents (maisons d'arrêts, centre de détention, maison centrale...); les centres de détention qui sont réservés aux prévenus condamnés à des peines supérieures ou égales à 1 an et qui présentent des perspectives de réinsertion favorables. Ce régime de détention est très orienté vers la resocialisation des détenus et donc leur réinsertion; les maisons centrales sont elles, réservées aux condamnés les plus difficiles qui présentent des perspectives de réinsertion très incertaines. Le dispositif de sécurité y est donc très important. Il faut également savoir que 2 Maisons Centrales seront prochainement ouvertes; les centres de semi-liberté réservés eux, aux condamnés admis par le juge d'application des peines avec un placement extérieur sans surveillance ou en semi-liberté. C'est-à-dire que le prévenu peut s'absenter de l'établissement pénitentiaire pour aller sur son lieu de travail ou bien pour suivre une formation ou des études ou encore pour suivre un traitement médical; enfin, il y a les établissements pénitentiaires pour mineurs qui comme son nom l'indique sont des établissements réservés aux jeunes délinquants.
Voyons maintenant les conditions d'incarcération dans ces prisons présentées précédemment.
Le nombre de prisonniers devient très inquiétant depuis 3 ans. Nous avons en effet atteint le niveau critique d'un prisonnier pour 1000 habitants. C'est un niveau « historique » qui n'avait encore jamais été inégalé depuis la libération de la France en 1944.
Ce niveau désastreux est accompagné d'un autre mauvais point pour la France : les locaux ne se sont pas multipliés proportionnellement aux détenus. Et forcément, cela crée de gros problèmes d'accueil. On assiste alors aujourd'hui à une surpopulation des prisonniers dans les cellules.
Quelques chiffres : en 2006, il y avait par exemple 50207 places opérationnelles pour 60771 écroués. La densité dans les prisons était de 121%. Un an plus tard en juillet 2007, la densité continue malheureusement d'augmenter pour atteindre 122%. En juillet 2008, elle explose pour atteindre selon Elisabeth Guigou, (députée socialiste de Seine-Saint-Denis et ancienne Garde des Sceaux) un taux de 126,9%.
La situation est paradoxale puisqu'en effet, il y a 10 établissements qui ont une densité supérieure à 200% ; 129 autres qui en ont une entre 100 et 200% quand 87 n'atteignent pas la densité de 100%. Cela paraît ridicule puisqu'il existe des places libres et donc inoccupées quand certains établissements accueillent deux fois plus de condamnés que prévu. Ce qui est tout à fait intolérable puisque l'on assiste à des situations dangereuses pour les prisonniers.
Concrètement cela signifie qu'en maison d'arrêt maintenant tous les coupables de délits et de crimes sont mélangés. Les délinquants sexuels ne sont par exemple pas toujours isolés et une personne qui est incarcérée pour conduite en état d'ivresse (délit) pourra se trouver dans la même cellule qu'un meurtrier (crime).
Cela doit sûrement vous rappeler l'histoire qu'a connu la maison d'arrêt Bonne Nouvelle de Rouen. Un jeune homme de 27 ans, Idir Touati, a été tué par son codétenu par 54 coups de couteaux le 10 septembre 2008. La victime était incarcérée pour récidive de conduite en état d'ivresse; il devait alors rester en prison pour 1 an ferme. Sofiane Toumi, son assassin était lui incarcéré pour meurtre. Il avait d'ailleurs été soumis à une expertise psychiatrique qui ne révélait rien de particulier chez lui. Mais ses tendances suicidaires ne lui permettaient plus de rester seul. Ils lui ont donc fait partager sa cellule sans refaire d'expertise; voilà le résultat. Après ce second meurtre, une nouvelle expertise est ordonnée, Sofiane n'a en fait rien à faire en prison, il est « troublé mentalement et nécessite alors des soins immédiats, assortis d'une surveillance constante » disait le psychiatre. Comment est-il possible qu'un meurtrier soit placé dans la même cellule qu'une personne emprisonnée pour délit routier ? Voilà les conséquences sur le manque de moyens des prisons car en effet, la prison Bonne Nouvelle de Rouen n'a pas d'interphones comme dans d'autres établissements pénitentiaires et le personnel est en sous-effectif la nuit selon le directeur.
De plus, cette prison accueille 750 détenus pour 650 places dans 400 cellules.
Par ailleurs, la fermeture de lits dans les hôpitaux psychiatriques ne fait qu'empirer cette situation qui devient délirante puisqu'en effet un plan de construction d'établissements est en oeuvre. On déplace donc des malades qui auraient besoin de soins psychiatriques en prison plutôt qu'en hôpital spécialisé dans l'unique but de faire des économies.
Ces actes sont non sans conséquences puisqu'il suffit de revenir quelques mois auparavant quand un prisonnier, Thierry Baudry, a été tué par son codétenu Nicolas Cocaigne, dans cette même prison de Rouen. Après l'avoir tué, Cocaigne avait commencé à manger son coeur. Le meurtrier n'avait strictement rien à faire en prison, cela aurait pu être évité. Il était malade psychologiquement, il devait donc aller dans un hôpital spécialisé pour être soigné et non en prison.
Ce sont les dégâts d'une politique carcérale inefficace que le gouvernement est loin de remettre en question puisqu'il continue de mettre en oeuvre son fantasme de faire des économies à-tout-va dans tous les secteurs. Mais ils devraient comprendre qu'il y en a qui sont plus sensibles que d'autres et qu'au contraire, il faudrait investir dedans plutôt que les vider de leur substance. Leur politique est tout à fait cohérente avec tout ce qui se passe autour : suppressions de postes dans l'éducation nationale, franchises médicales, suppressions de postes dans l'enseignement supérieur... La loi de rétention de sûreté de la garde des Sceaux Mme Dati reste dans cette lignée : un homme qui aura purgé sa peine permet de garder en détention des condamnés à des peines supérieures à 15 ans qui sont jugés dangereux « criminologiquement ». Cela ne favorise en rien la cessation de la surpopulation dans les prisons mais au contraire, cela contribue encore plus à augmenter le nombre de détenus par prison.
Une autre conséquence de la surpopulation carcérale, est cette fois-ci dénoncée par le Comité Européen de Prévention de la Torture qui, depuis 1991 dénonce les « traitements inhumains et dégradants » réservés aux prisonniers français sur plusieurs niveaux : santé, isolement, surpopulation.
Le rôle primordial de la réinsertion n'est plus assuré à cause du manque de moyens. Les détenus ont donc beaucoup de mal à suivre des formations de travail par exemple; ce qui est primordial pour garder un lien étroit avec le monde réel de l'extérieur. En perdant ce « savoir-être » en prison, les détenus libérés sont condamnés à l'exclusion.
Où sont passées les promesses du Président de la République faites pendant la campagne présidentielle de 2007 ? Souvenez-vous, le candidat Nicolas Sarkozy promettait de diminuer le nombre de personnes en détention provisoire. En ne réservant que cette hypothèse aux cas d'atteinte ou de tentative d'atteinte à l'intégrité physique des personnes. Il souhaitait aussi placer dans de nouvelles structures « mieux adaptées » un grand nombre de personnes n'ayant rien à faire en prison. Et enfin, créer un organe de contrôle général et indépendant des prisons qui devait prévoir le fait qu'il ne sera plus possible d'obliger un détenu à partager sa cellule.
Ce sont bien là de jolies propositions. Mais qu'en est-il ?Le plan de construction de prisons est en marche, de nouvelles prisons sont sorties de terre; pense-t-il vraiment que le problème de la réinsertion sera réglé ainsi ? Il semble cependant que la nouvelle loi de Mme Dati sur les conditions d'incarcération des détenus aille dans le bon sens au niveau des alternatives à la détention provisoire; on privilégiera ainsi le bracelet électronique par exemple. La suppression de lits dans les hôpitaux psychiatriques va à l'inverse de ce qu'il faudrait; il semble que la logique du marché ait envahi nos systèmes de santé... Nous allons droit dans le mur et courrons vers de grands risques. Quant à l'organe de contrôle indépendant, ce dernier a dû échapper à la mémoire du président.
C.Merlaud