1er hebdomadaire du net indépendant
Dossier 2: Toute l'affaire Clearstream (bas de la page)
Dossier 3: Le Déni de grossesse
Dossier 4: Le mensonge du plan banlieue
Dossier 5:L'affaire d'Outreau
Dossier 6: Les sociétés militaires privées
Dossier 8: L'Etat des prisons françaises
va plus loin
9 Novembre 1989
La chute d'un mur
Dossier Spécial
Acturevue a décidé de revenir sur cet événement à travers différents articles. Cette revue de presse survolera ce jour unique, et mettra l'accent sur les différentes conséquences de la chute du mur: Qu'elles soient culturelles, philosophiques ou géopolitiques...
Par D.Perrotin et A.R
Qu’en est-il de Berlin aujourd’hui?
A moins de quelques jours du vingtième anniversaire de la chute du Mur de Berlin, la presse s’est déjà donnée le mot/ s’est déjà emparée du sujet. Que ce soit la presse hebdomadaire (Le Nouvel Observateur, Le Point), la presse spécialisée (Philosophie magazine, Muze), la presse politique (Marianne, Politis), la presse féminine (Femme actuelle) ou encore la presse photo (Paris Match), toutes ont consacré une ou plusieurs pages à cette grande fête que les Berlinois ont déjà commencé à célébrer.
Les deux magazines Femme Actuelle et Marianne ont choisi d’aborder le thème selon un angle plutôt culturel grâce auquel, à travers leurs articles : « Berlin fait le mur » pour Femme Actuelle, « Berlin, le Nouvel Eldorado des artistes » et « Berlin-Est, un parfum de (n)ostalgie » pour Marianne, on peut répondre aux interrogations telles que : qu’en est-il de Berlin aujourd’hui, vingt ans après la réunification du pays ? A quoi ressemble culturellement la capitale allemande ? Quels sont les lieux incontournables à visiter ? Que faut-il voir, que faut-il faire ?
Erigée aujourd’hui au rang de la ville la plus branchée d’Occident, jamais la capitale n’a suscité un tel engouement : partout on célèbre son énergie, ses nuits, ses musées gigantesques, son mode de vie, qui serait plus vert et plus cool qu’ailleurs, et surtout son incroyable vitalité artistique qui en ferait la nouvelle capitale culturelle de l’Europe.
Après les plus grands architectes de la planète, appelés à reconstruire une ville déchirée à la suite de la Seconde Guerre Mondiale, ce sont non seulement les grands acteurs culturels du pays qui sont revenus s’installer dans la capitale, mais également des artistes de l’étranger qui y ont vu une terre promise ouverte à la création : dans le domaine de la musique, du théâtre et de la danse, mais aussi du cinéma, de la mode ou encore de la photographie, et surtout les arts plastiques, dont les artistes émigrent des quatre coins du monde vers Berlin.
La culture est bien évidemment au rendez-vous pour célébrer les 20 ans de la chute du mur de Berlin, avec la mise en place de projets culturels, artistiques et festifs tels que l’exposition Friedliche Revolution 1989/90, le projet « Berlin, théâtre des changements, vingt ans après », des millions de dominos géants seront alignés sur près de deux kilomètres et tomberont, enchaînés les uns par les autres pour finalement déclencher un grand feu d’artifice.
On peut également parler du concert qui réunira des artistes internationaux devant la porte de Brandebourg, symbole de la division allemande.
Les touristes en visite à Berlin pour l’occasion ont donc beaucoup à faire. Qui plus est, les nostalgiques de la RDA seront ravis d’apprendre que les symboles de l’ex-RDA ressortent du placard dans la capitale réunifiée. Les touristes peuvent par exemple partir à l’assaut de la ville en Trabant, automobile du peuple, lancée le 7 novembre 1957, jour anniversaire de la révolution russe, s’arrêter au musée ouvert par Daniel Helbig et dédié à l’art officiel de la RDA, et faire un saut chez VEB orange, boutique vintage proposant tout un bric-à-brac made in DDR.
Et bien sûr à ne manquer sous aucun prétexte l’East Side Gallery, autrement dit les quelques fragments restants du mur qui depuis 1989, ont été recouvert de fresques par une centaine d’artistes du monde entier.
Muze a également traité le sujet sous l’angle culturel, grâce à un mini album-photos prises par l’artiste Robert Wallis. Présent à Berlin lors de la chute du Mur, il y est retourné l’été dernier pour fixer sur sa pellicule des lieux « régénérés » par des artistes ou marqués par une nouvelle architecture.
Pour le meilleur et pour le pire…
20 ans. Vingt ans que le mur de la honte est tombé.
Entraînant dans sa chute celle du communisme, du totalitarisme et de toutes les ignominies d’un pouvoir stalinien.
Le capitalisme a pu envahir le monde, se propager à toute allure, matérialisé par des Mc Do, des parcs d’attractions, des jeans et des chewing-gums.
Caractérisé par le libéralisme, l’ouverture des frontières, le développement des marchés financiers, la libre entreprise.
Des millions de gens ont goûté à la liberté et se sont félicités de voir disparaître l’armée Rouge, la Stasi et son parti unique.
Mais qu’ont-ils véritablement gagné ?
L’ennemi d’hier s’est transformé. Aujourd’hui, il faut, non pas avoir peur des « cocos », mais des terroristes. De l’islamisme voire de l’islam (confusion que beaucoup aiment entretenir).
Ce capitalisme longtemps vanté auparavant, est devenu destructeur, voire meurtrier.La crise des subprimes n’est qu’un des reflets des limites de ce modèle.
Les multiples suicides, un autre aspect d’un système parfois morbide.
La chute du mur a été l’illusion que ce système libéral pourrait prospérer en maître, séduire tous les pays et enfin faire connaître au monde entier : Liberté, bonheur et prospérité.
Hélas il n'en est rien...
C’est ce libéralisme, poussé à l’extrême qui ruine chaque jour un peu plus notre terre. C’est également lui qui accroît inégalités et pauvreté.
C’est enfin toujours lui qui détruit nos travailleurs, ôte le sens de leur production… celui de leur vie.
Faut-il se réjouir de la chute d’un modèle, pour l'hégémonie d’un autre ?
Oui et non. Le communisme a été la pire des choses. Mais certains diront que le libéralisme et le communisme, à l’époque, étaient en concurrence.
Aujourd’hui, qui peut oser remettre en cause ce sur quoi nous reposons tous ?
Ce serait admettre que nous n’avons pas beaucoup d’alternatives. Le modèle parfait d’hier n’est plus, aujourd’hui, qu’un lointain souvenir.
Le meilleur de cette chute a aussi fait venir le pire.
Peut-être saurons nous repenser notre société, revoir les fondements, et prendre en compte, l’Homme, la Nature, la Vie.
Beaucoup s’acharnent à ce travail. Les partisans de la décroissance, ceux qui veulent inclure le bonheur comme indicateur du PIB…
Allons-nous les écouter ? Allons-nous enfin savoir maîtriser, contrôler ce capitalisme effréné ?
D.Perrotin
Rejoignez nous sur Facebook ou Twitter et soyez averti de tous les nouveaux articles
Newsletter pour être averti de nos nouveaux articles par mail
(entrez votre adresse)
L'équipe de rédaction
Directeur de publication
David Perrotin
Rédacteurs en chef
C.Merlaud
J.B.R
Rédacteurs
A. Rozès
C.Lagorce
E.Malafa
M.Lagarde
A.Perrotin
V.Moreau
Y.G
A.Tarascon
...
Est-ce la fin du communisme ?
Philosophie magazine, bien entendu, traite le sujet sous un angle philosophique, analytique.
Le journaliste s’interroge sur les interprétations de cet évènement considéré comme l’un des plus grands mais aussi l’un des plus mystérieux du 20ème siècle.
Est-ce une révolution ?
Marque-t-il véritablement la fin de la Guerre Froide ou « carrément » celle de l’Histoire (avec un grand H) comme l’a avancé le philosophe américain Francis Fukuyama, dès l’été 1989 ?
Signe-t-il la fin du communisme ?
Ou est-ce simplement la réunification d’un peuple et d’une nation déchirés vingt-huit ans auparavant ?
Plusieurs philosophes y répondent dans un article intitulé « De quel côté le Mur est-il tombé ? ».
André Glucksmann, philosophe et essayiste, s’oppose à Francis Fukuyama en affirmant que, « loin de proclamer « la fin de l’Histoire », soit la fin des grands débats, des grands conflits et des grandes épreuves, la chute du Mur de Berlin et avec celle-ci, la mort du communisme signifie au contraire un retour à l’Histoire ».
De son côté, Noam Chomsky, linguiste et philosophe américain considère que la chute du Mur de Berlin et l’effondrement de la puissance soviétique n’ont pas automatiquement provoqué la fin de la guerre froide, puisque le gouvernement américain s’est trouvé de nouveaux ennemis (Panama, puis bien sûr aujourd’hui Irak et Afghanistan).
Claus Offe, sociologue et politologue allemand, estime bien entendu que « la chute du Mur a été une libération ». Néanmoins, il pense également que cela ne signifie pas pour autant le triomphe du capitalisme : « Ce qui est mort en 1989, c’est le socialisme réel comme mode d’organisation sociale et économique, mais en aucun cas le rêve communiste tel que l’a décrit Marx ».
Enfin, Vladimir Boukovsky, l’un des plus célèbres dissidents soviétiques, pense que Gorbatchev n’a pas seulement autorisé la fuite des allemands de l’Est hors de leur pays et la chute du Mur, mais qu’il l’a organisée. Il pense que la chute du Mur était une manipulation soviétique.
Nous remarquons que ces quatre philosophes ont été interrogés sur la même question en 1989 et que vingt ans après ils réitèrent leur même réponse. « L’histoire a, selon moi, pleinement validé mes propos », affirme par exemple Claus Offe.
L’éditorial du Nouvel Observateur s’interroge également sur les conséquences de l’effondrement de l’empire soviétique et nous interpelle dans un premier temps sur le concept de « Fin de l’Histoire » de Francis Fukuyama, contesté par André Glucksmann.
Dans un deuxième temps, il rejoint la pensée de Noam Chamsky, dans la mesure où il atteste également que la nouvelle situation de toute-puissance des Etats-Unis à la suite de l’implosion du communisme a des limites, puisqu’aujourd’hui, l’ennemi, qui n’a pas disparu, a seulement pris d’autres formes (Terrorisme, Islamisme…)
Les derniers secrets de la Stasi
Le Nouvel Observateur, consacre également un article à la plus effrayante des polices politiques, j’ai nommé la Stasi.
En effet, Serge Raffy mène l’enquête et raconte les derniers secrets de la Stasi.
Il s’appelle Karl-Heinz Kurras, il est un ancien agent de la Stasi infiltré dans la police ouest-allemande et il est aujourd’hui rattrapé par son passé.
Il n’a pas été un simple indicateur, mais une « pointure » des services secrets est-allemands : il devient rapidement responsable d’une équipe dont la mission est de démasquer les agents des services de l’Est infiltrés dans leurs rangs, puis il a été une pièce maîtresse d’une opération dont l’objectif était l’invasion de Berlin-Ouest par les troupes de la RDA.
Nous n’avons pas affaire à n’importe quelle taupe.
Cependant, pour connaître la vérité sur le rôle de la Stasi dans les années 80, il faudrait pouvoir avoir accès aux archives, qui sont malheureusement totalement sous le contrôle de l’Etat qui a intérêt à ce que tout cela reste bien caché.
Une immense partie de ces archives ont été détruites par la Stasi elle-même, mais les Berlinois de l’Est ont tout de même réussi à s’en emparer ; malheureusement il était trop tard, elles ressemblaient déjà à des confettis : près de 16000 sacs contenant 16 millions de bouts de papier.
Karl-Heinz Kurras n’est pas le seul agent de la Stasi à qui l’on s’intéresse ce mois-ci.
En effet, Le Point, dans son numéro spécial consacré au mur de Berlin, nous dresse le portrait de Markus Wolf, dirigeant de la Stasi pendant vingt ans, mais surtout, légende de la guerre froide, des deux côtés du Mur.
Il s’est d’abord vu confier la mission de diriger un réseau à « l’Institut de recherche économique et scientifique», soit l’embryon des services secrets de la RDA pour finalement se retrouver vingt ans plus tard à la tête de 4000 agents. Par une ironie de l’Histoire, Monsieur Wolf est décédé le 9 novembre 2006, dix-sept ans jour pour jour après la chute du Mur de Berlin.
La traversée du Mur
Le Point ne s’est pas arrêté à Markus Wolf, et rejoint Paris Match, qui a consacré 16 pages à l’évènement.
Tous les deux l’ont traité d’un point de vue historique.
Ils se sont également attachés à décrire les ingéniosités mises en place afin de faire passer des Berlinois d’Est à l’Ouest : en voiture, à pied, à la nage, en train, tous les moyens sont bons pour passer, mais c’est sans compter sur la vigilance permanente des gardes de la RDA.
Cependant, dans les premières semaines, certains ont réussi, comme Konrad Schumann, membre d’une brigade d’intervention qui, en sautant, par-dessus les rouleaux de barbelés, séparant la frontière Est-Ouest, a permis la photographie célèbre de ce qui fut le symbole-même de la division Est-Ouest : le soldat casqué, saisi en plein vol au-dessus des barbelés.
Finalement, c’est la construction de tunnels qui a permis de faire passer le plus d’allemands de l’Est à l’Ouest, comme celui financé par la chaîne américaine NBC.
Cependant, beaucoup de tunnels, infiltrés par la Stasi, sont tombés.
Certaines personnes ont risqué leur vie pour construire ces tunnels et faire passer les berlinois de l’autre côté. C’est le cas de Hubert Holbein et Peter Schulenberg, deux étudiants dont Paris Match raconte la détermination à aider les berlinois de l’est.
Ils ont tenté à six reprises de creuser un tunnel avant d’y parvenir enfin à la septième. Leur tunnel permettra de faire passer sans encombre une soixantaine de personnes avant que les Vopos, la police nationale de l’Allemagne de l’Est les découvrent et fasse exploser le tunnel.
Nostalgie d'une époque
Les deux magazines ont également abordé l’évènement sous un autre angle : celui du souvenir.
Mais ils ne sont pas les seuls : Muze et Politis se sont attachés eux aussi à faire parler des personnes ayant vécu la chute du mur de Berlin.
Dans Paris Match et Muze, nos deux conteurs se trouvaient à Berlin Est au moment de la chute du Mur, peu avant minuit.
Pour l’un, ce fut une véritable joie partagée avec des milliers d’autres personnes rassemblées pour l’occasion : « les milliers de gens qui escaladent le mur ressemblent à des prisonniers qui se précipiteraient vers la porte ouverte de leur camp. Jamais je n’ai ressenti une telle joie collective ».
Pour l’autre, ce fut une soirée normale entre copines, ce fut seulement le lendemain matin qu’elle apprit à la radio que le Mur était tombé : « Nous ne nous étions rendu compte de rien, la chute du Mur a été une surprise totale ».
Jenny Erpenbeck n’a manifestement pas éprouvé de joie à la suite de la nouvelle : « personnellement, j’ai trouvé l’attitude des gens de l’Ouest humiliante, j’ai eu honte pour tous mes compatriotes qui, au lendemain de ces journées de 1989, se sont rués à l’Ouest pour toucher la prime de bienvenue offerte par la RFA. Elle prenait la pose de la nation qui accueillait généreusement ».
Claude-Marie Vadrot, qui s’est confié à Politis, était alors parti pour Moscou à travers l’Allemagne, la Tchécoslovaquie, la Lituanie, La Pologne et l’actuelle Biélorussie.
Il se trouvait à moins de vingt kilomètres de Berlin le jour où le mur s’est effondré. Il raconte ces heures intenses à travers des pays transformés par la nouvelle : tous rêvent d’Amérique.
A Leipzig, en Allemagne, en Tchécoslovaquie de l’époque, en Pologne, en Lituanie et en URSS, tout le monde n’a qu’un mot à la bouche : l’Amérique.
Alors qu’il arrive en URSS, à la fin de son périple, les travaux qui précèdent l’ouverture du premier MC Do à Moscou, place Pouchkine, viennent de commencer. Il ouvrira le 30 janvier 1990, provoquant une queue historique de plus d’un kilomètre.
Vingt ans après, la vie moscovite est encore plus américanisée qu’à New York.
La ville compte dix MC Do, et le pays, 200. Enfin, dans Le Point, Marc Lambron se souvient de l’année 1989, avec son lot de disparition : Salvador Dali et Hirohito par exemple, il se souvient de la poussée des Verts au Parlement, de la palme d’or cannoise à « Sexe, mensonges et vidéo », de Steven Soderbergh, du prix Nobel de la Paix attribué au Dalaï-lama, et enfin de la chute du Mur. « Le Rideau était vraiment déchiré », nous dit-il, « Adieu le godillot de Khrouchtchev, le sigle CCCP (Union des Républiques socialistes soviétiques en alphabet cyrillique) sur les casques des cosmonautes et les images de pionniers de fer dans le soleil levant de l’Oural ».
Eltsine et Gorbatchev
Comprendre l'affaire Clearstream
Il était une fois... le début d'un scandale politique
Ainsi va le monde politique! Quel mandat présidentiel pourrait ne pas connaître son lot de scandale et de corruption?
Ils ont plus ou moins leur importance et sont plus ou moins mis en lumière par les médias.
L'affaire Karrachi? Bof, elle ne suscite pas beaucoup d'intérêt. C'est une affaire d'Etat qui implique notre président de la république, mais la presse actuelle n'estime pas qu'il faille trop en dire.
La grippe A passionne beaucoup plus!
Par contre l'affaire Clearstream, elle, intéresse... Peut-être parce que pour le moment, Sarkozy en est la victime la plus connue. Peut-être parce que parler de clearstream, c'est le meilleur moyen de taire l'affaire des Frégates de Taiwan, corruption pourtant estimée à des centaines de millions d'euros.
Il n'en reste pas moins, qu'Acturevue a décidé de revenir sur l'affaire Clearstream.
D'abord pour tenter d'éclairer nos lecteurs perdus dans la cacophonie générale qui agite cette affaire.
Ensuite, parce que bientôt sera entendu par la justice, Dominique de Villepin, personnage clé de l'affaire.
Ce qui ,de facto, entraînera un emballement médiatique sur le sujet. Emballement, qui, l'on peut le craindre, n'ira pas de paire avec un éclaircissement sur l'affaire, des précisions et des réponses sur les multiples énigmes que recèle l'affaire Clearstream.
Tout commença en 2001
L'affaire Clearstream peut se diviser en deux.
La première, que l'on surnomme « clearstream 1 » remonte à 2001, lorsque le journaliste Denis Robert publie 2 livres (Révélation et Boîte noire) accusant la société luxembourgeoise « clearstream » de dissimuler des opérations financières illégales. Celles-ci concerneraient, entre autre, les rétro-commissions illégales de l'affaire des frégates de Taiwan qui transiterait par cette société.
Mais c'est avec « Clearstream 2 », que tout va éclater.
En effet, en 2004, Le Point et Le Monde révèlent que le juge chargé d'enquêter sur les frégates de Taiwan, Mr Van Ruymbeke, aurait reçu plusieurs courriers anonymes. Ces courriers prétendent révéler l'existence d'un réseau international d'influence et de malversation ainsi que celle de 895 comptes bancaires occultes appartenant à de nombreuses personnalités (Sarkozy, Fabius, Strauss-Khan...). Ces derniers étant accusés d'avoir fait transiter l'argent des frégates.
Ceci aurait eu pour conséquence, entre autre, de nuire à Sarkozy et d’anéantir sa carrière politique.
Le juge Van Ruymbeke s'est très vite aperçu de la supercherie et de la manipulation qui se cachait derrière ces envois anonymes.
En d'autres termes, c'est un petit groupe de politiciens et d'industriels qui a tenté de manipuler le juge afin d'évincer des concurrents potentiels comme le futur président Sarkozy et d'autres personnages de haut rang.
Apportons quelques précisions qui peuvent avoir leur importance
Cette tentative d'accusation intervient dans un contexte particulier, fait de conflits, de concurrence et d'intérêt. Les accusés sont le n°2 d’E.A.D.S (J-L Gergorin), et I.Lahoud.
En effet, les dirigeants d'E.A.D.S (industrie d'armement) et d'AIRBUS se livrent une cruelle bataille de pouvoir et d'influence. Mais s'ajoute à cela, la féroce adversité qui oppose N.Sarlozy et de Villepin, à l'approche des élections présidentielles de 2007.
Les lettres anonymes de celui que l'on appellera désormais le « corbeau » dénoncent un « comité » international composé de français, d'oligarques russes et de narco-traficants qui seraient à l'oeuvre pour contrôler de grandes entreprises et blanchir de l'argent sale. Il est fait état d'une liste révélant le nom de toutes les personnes qui auraient un compte occulte ouvert à la société luxembourgeoise.
Le juge ouvrira donc plusieurs enquêtes et établira immédiatement que cette liste est une pure invention. Il innocentera dans le même temps Sarkozy et d'autres qui avaient leur nom sur cette liste ou « listing ».
Puis en Avril 2006, deux des responsables d'E.A.D.S sont impliqués dans l'établissement de ce faux listing..
Jean-Louis Gergorin , directeur d'une branche d'E.A.D.S chargé de la stratégie, avoue alors, être l'auteur des 2 premières lettres anonymes envoyées au juge Van Ruymbeke.
Ensuite, Imad Lahoud, directeur scientifique d'E.A.D.S, est accusé par le général Rondot (qui avait enquêté le premier sur ces faux listings, sous ordre de de Villepin) et J-L Gergorin, d'avoir envoyé lui aussi des lettres anonymes avec de fausses accusations. Celui-ci avait nié toute implication dans cette affaire qu'il reconnaît pourtant aujourd'hui.
En effet, c'est la première fois qu'Imad Lahoud, qui est soupçonné d'avoir falsifié les listings de Clearstream reconnaît les faits en y implicant Jean-Louis Gergorin et l'ancien locataire de Matignon. «J'ai recopié ces deux noms sur une feuille Excel vierge avec 5 ou 6 colonnes, noms, pays, banque, numéro de compte, ouverture; C'est Gergorin qui m'avait donné le modèle manuscrit et je n'ai fait que recopier sur une feuille Excel Je m'en voudrais toute ma vie», aurait-il avoué. «Jean-Louis Gergorin a fait pression sur moi pour que je rajoute ce nom. Il m'a dit que cette personne était dangereuse pour la France et qu'il fallait à tout prix l'écarter» aurait poursuivi l'informaticien, à propos du nom de Sarkozy.
Mais pourquoi le pauvre de Villepin se trouva tourmenté quand l'affaire fut révélée?
De Villepin, alors ministre des affaires étrangères en 2004, prend connaissance des fausses listes qui accusent certaines personnes (dont Sarkozy, alors compère gouvernemental) de détenir des comptes occultes.
Villepin, qui aurait dû en informer l'existence, préfère commanditer une enquête au général Rondot pour vérifier la véracité des listes, soi-disant....
Il exigera une seconde enquête à la D.S.T, sans préciser qu'il en avait déjà demandé une au général Rondot.
Problème!
Rondot lui même, et Imad Lahoud accusent l'ancien premier ministre d'avoir envoyé une note plus que compromettante à Rondot. Cette note indiquerait que de Villepin aurait donné instruction à Jean-Louis Gergorin de « balancer Sarkozy ».
En somme, de révéler à tous la fausse liste et ainsi de tuer la carrière politique du petit Nicolas, qui venait tout juste de se relever des déboires baladuriens.
Plus tard, J-L Gergorin, auteur de quelques lettres anonymes, révélera même qu'il était sous unique instruction de Dominique de Villepin.
C'est pourquoi, le 27 juillet 2007, Villepin est mis en cause sous 4 chefs d'accusation différents:
Et est depuis ce jour, interdit de rencontrer les principaux protagonistes de l'affaire, comprenant entre autre Chirac. Jouissant d'un simple statut de citoyen lambda (puisque ne faisant plus parti du gouvernement), il est renvoyé en correctionnelle en novembre 2008.
Notre ancien premier ministre aurait pu être jugé par la Cour de Justice et invoquer la raison d’Etat pour se débarrasser des accusations qui pesaient sur lui. Mais il a choisi une voie plus périlleuse, celle d’être jugé comme n’importe quel citoyen, ceci afin d’être pleinement réhabilité.
Pourquoi Père Chirac peut craindre de jouer le premier rôle dans cette affaire?
Les rumeurs courent et ne s'arrêtent jamais. On dit que Jacques Chirac aurait été un des premiers au courant de ces fausses listes d'accusation et que c'est lui même qui aurait demandé, à la discrétion de tous, que de Villepin exige une enquête pour savoir si Sarkozy détenait ou non un compte luxembourgeois.
Le général Rondot, affirme également, que Michelle Alliot-Marie, contrairement à ce qu'elle prétend, savait l'existence des listings dès 2003 et qu'elle n'avait pourtant pas informé Sarkozy.
Le Trio gaulien voulait-t-il faire trébucher le petit Nicolas?
C'est ce que l'on suspecte de plus en plus en 2008. En plus de cela, Imad Lahoud, affirme la même année que c'est Yves Bertrand (ancien directeur des renseignements généraux de 1992 à 2003) qui a ajouté devant lui , le nom de Sarkozy sur la fausse liste. Ce que l'accusé a fermement contesté en déposant une plainte pour diffamation contre les révélations de Lahoud et du Point… qu’il a retiré en 2009... Encore étrange...
Ce que cache cette affaire politico-médiatique
Rappelons que Villepin est mis en accusation et poursuivie par N.Sarkozy.
Et que celui-ci a tout fait pour que l'on retienne une seule chose: Que c'est la principale victime de l'affaire. Faisant oublier dans le même temps le scandale ELF, l'affaire des frégates de TaÎwan.
Enfin et c’est sans doute le plus grave, Nicolas Sarkozy a peu à peu, pris conscience de l’intérêt qu’il pouvait tirer de cette affaire.
Après son élection à la présidence de la République, il a prolongé le juge Henri Pons (qui s’occupe désormais de l’affaire) dans ses fonctions au pôle financier de Paris; Dominique de Villepin avait alors saisi le conseil d’Etat afin de dénoncer cet « intérêt à agir » de Nicolas Sarkozy.
Sarkozy juge et partie
Dans ce procès, rappelons-le, Nicolas Sarkozy est partie civile, allant à l’encontre de la prévision de l’article 67 de la Constitution qui affirme que le Président de la République « ne peut, durant son mandat et devant aucune juridiction ou autorité administrative française, être requis de témoigner non plus que faire l’objet d’une action, d’un acte d’information, d’instruction ou de poursuite ». Dans l’affaire concernant le piratage de ses comptes bancaires, le tribunal de Nanterre a d’ailleurs rappelé cet article et a déclaré que « l’immunité pénale dont bénéficie Nicolas Sarkozy dans la Constitution introduisait une atteinte au principe d’égalité des armes avec les prévenus ». Par ailleurs, les juges rappellent que le président de la République est toujours à la tête du Conseil supérieur de la magistrature, qui règle les carrières des magistrats. Du fait de ce lien avec les magistrats, il est possible que les justiciables considèrent qu’ils n’ont pas affaire à des juges impartiaux lorsqu’ils ont le chef de l’Etat comme plaignant dans un dossier.
Pour conclure
Le procès est aussi complexe qu’incertain.
Complexe, parce qu’il concerne de grandes figures, nombreuses et disparates et que les conflits d’intérêts sont multiples. Incertain, parce que l’issue du procès ne sera surement pas la vérité et que le doute planera longtemps sur les intentions des protagonistes que sont surtout Sarkozy et de Villepin.
D.Perrotin
Dossier Acturevue
Ce procès, le plus célèbre de l’année 2009, se tiendra du 21 septembre au 21 octobre et représente une bataille juridique, médiatique et politique.
Rappel des faits officiels
Nicolas Sarkozy porte plainte le 1er décembre 2006 car son nom figure sur une liste de personnalités censées détenir des comptes bancaires secrets à l’étranger. A priori, son nom aurait été porté sur les listings par Imad Lahoud à la demande de Jean-Louis Gergorin lui-même sous la pression de Dominique de Villepin.
L’enjeu
Nuire à Nicolas Sarkozy qui se place alors comme le principal rival de Dominique de Villepin pour les présidentielles.
J-B.R
Accusés... levez-vous!
À qui profite le crime?
Villepin est-il vraiment l’instigateur de cette manipulation?
Les exécutants de cette affaire ont-ils agi de leur propre initiative ou sur instructions?
Une dernière remarque vient semer le doute
Les listings truqués ne comportent aucun nom de chiraquien: manipulation évidente des chiraquiens ?
Ou manipulation tellement grossière qu’elle serait destinée à leur faire porter le chapeau?
Serait-il envisageable que Nicolas Sarkozy ait une part de responsabilité dans cette affaire afin de déstabiliser Dominique de Villepin et de se placer en victime?
J-B.R
Personnages clefs
Partie civile